CHAPITRE VI
IM
« 3° Un conseil de guerre, composé d'un délégué de chacun des Etats prénommés, avec des pouvoirs généraux, et autant que possible étendus de la part du gouvernement, est chargé de la direction supérieure de la guerre. En cas de menaces ou d’existence d’une attaque, il se réunit.
« 4° Le conseil de guerre avec les pouvoirs qui lui sont conférés doit, en cas de besoin, prendre toutes les mesures nécessaires pour la défense des cantons respectifs.
« Si le danger n’est pas pressant, il en conférera avec les gouvernements de ces cantons.
« 5° Pour ce qui est du paiement des frais occasionnés par de semblables levées de troupes, il est admis comme règle que le canton requérant doit acquitter les frais de la levée des troupes qu’il a demandées.
« Sont toutefois réservés les cas où il y a des raisons particulières d’admettre une répartition spéciale. Les autres frais qui dans l’intérêt commun sont résultés pour l'un ou l’autre des cantons, sont supportés par tous les cantons prénommés d’après l’échelle d’argent fédérale. »
De quelque prétexte que se couvrit cette coalition religieuse et politique, il est certain qu’elle était en opposition directe avec toutes les idées d’ordre et d'autorité dans un gouvernement. C’était un État constitué dans l’État, une fraction de la communauté en révolte ouverte contre l’ensemble; sous le nom d’alliance, une insurrection, et, sous le voile de la liberté, un acheminement au despotisme.
Les cantons radicaux, et surtout Berne, Argovie, Soleure et Bâle-Campagne firent entendre d’énergiques réclamations, appelant les populations à des mesures énergiques pour dissoudre une ligue menaçante qui séparait violemment la Suisse en deux États. Mais sur les vingt -deux
cantons, onze seulement s’étaient ouvertement prononcés contre le Sunderbund. Parmi ceux qui restaient, les uns, comme Neufchâtel et Bâle-Ville, se montraient disposés à l’appuyer, les autres, comme Genève etSaint-Gall, n’avaient pris parti ni pour les radicaux, ni pour les catholiques. La majorité dans la diète était donc incertaine.
Le gouvernement de Genève se trouvait alors dans la main de l’aristocratie bourgeoise, qui, malgré la différence de religion, ne cachait pas ses sympathies pour le Sunderbund. Aussi les députés à la diète avaient-ils reçu pour instructions de n’émettre aucun vote sur la question du Sunderbund. Mais la population génevoise , exclusivement protestante, travaillée d’ailleurs par les clubs et les sociétés secrètes, était entièrement en désaccord avec la politique de son gouvernement. Les esprits s’aigrissaient, les mécontentements ne se dissimulaient plus, lorsque le 3 octobre 1846, sur un vote du grand-conseil favorable au Sunderbund, une émeute, commencée à la voix de James Fazy, ancien rédacteur de la Révolution et correspondant du National, se propage dans les différents quartiers de la ville. Les sociétés secrètes et les corps francs prennent les armes; la population les seconde ; le conseil exécutif, vaincu, se disperse le 7, et Fazy s’empare de la dictature. Dans les premiers jours de novembre, un arrêté du gouvernement provisoire déclare : « Que le canton de Genève adhère à la proposition faite par le haut Etat de Zurich, dans la séance du 4 septembre 1846. » Cette proposition consistait à citer devant la diète les sept cantons coalisés. Ainsi Genève assurait aux radicaux la majorité.
Ce qui devenait encore menaçant pour le Sunderbund, c’est que le 1" janvier 1847, Berne devenait vorort et de-