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Histoire de J. Mc N. Whistler et de son oeuvre

Whistler est né le lo juillet 1834, à Lowell (Massachussets) et y fut baptisé dans l'église Sainte- Anne, sous les prénoms de James Abbott, le 9 novembre 1834. H avait pour père George Washington Whistler, qui, après les études faites à l'école militaire de West-Point, entré comme officier dans l'armée des États-Unis, s'y était élevé au rang de major. Le major Whistler sorti de l'armée s'était consacré comme ingénieur à l'établissement de chemins de fer aux Etats-Unis. Il se fit tme grande réputation dans cette carrière et lorsque le gouvernement russe, désireux de construire à son tour des chemins de fer, se résolut à prendre pour auxiUaire im ingénieur américain, ce fut sur lui que son choix se fixa. Il se rendit amsi en 1842 avec sa famille en Russie et

devint le grand conseil pour le premier chemin de fer entrepris, celui de Moscou à Saint-Pétersbourg. A sa mort, en 1849, sa veuve revint en Amérique ramenant avec elle ses enfants. Une partie de la jeunesse de James Whistler s'est donc passée à Saint-Pétersbourg.

Le major Whistler s'était marié deux fois; de son premier mariage il avait eu trois enfants, deux fils dont le dernier, ingénieur, mourut en Angleterre en 1869 et une fille mariée à M. Seymour Haden, médecin, connu depuis comme aquafortiste. De son second mariage avec Mathilda Mac Neill, de Wilmington, il avait eu cinq fils dont l'aîné James Abbott, celui qui nous occupe, devait survivre à tous les autres. Whistler pendant sa jeunesse n'employa d'abord que le prénom de James — Jim ou Jimmy pour les familiers — mais ensuite, il devait adopter le nom de sa mère et l'ajoutant à ses prénoms de baptême, s'appeler définitivement James Abbott Mac Neill Whistler.

Il entra, en 185 1, sur les traces de son père, à l'école militaire de West-Point, pour y faire ces études qui devaient le mener lui aussi au rang d'ofiSicier dans l'armée des États-Unis. Mais à l'épreuve une tout autre vocation que celle des armes se déclara. Il se trouva une extraordinaire aptitude pour le dessin et bientôt le maniement du crayon l'absorba et prit le dessus sur toutes les autres études. Il avait commencé à dessiner tout enfant. On a de ses dessins à Saint-Pétersbourg, à l'âge de dix ans. Les dessins qui suivent faits à, West-Point, sont déjà très libres et très persoimels,

Whistler dominé par ses goûts artistiques, et qui, toute sa vie devait être l'indépendance même, ne pouvait

s'adapter au régime d'une école militaire. Lorsqu'il eut passé trois ans à West-Point, il était clair qu'il manquait des aptitudes requises pour les études qui s'y poursuivaient et qu'il ne pouvait se plier à la discipline sévère et minutieuse qu'on y imposait. On lui signifia donc son renvoi, motivé sur son indiscipline et sur son insufiSsance en chimie. L'examinateur lui aurait demandé ce qu'il savait de la silice. « La silice ! aurait répondu Whistler, c'est lui gaz. » L'examinateur, sur cela, aurait mis fin aux interrogations et Whistler aurait dit plus tard : « Si la silice eût été un gaz, j'eusse pu devenir général, dans l'armée des Etats-Unis. » Il faut avouer que si on ne se représente que difficilement Whistler, avec sa manière d'être, amenable à l'obéissance militaire, on ne se le représente nullement propre à étudier la chimie. Sa vocation artistique et sa nature impulsive le tenaient hors des règles et lui interdisaient une école formaliste.

A la fin de 1854, il fut pris comme dessinateur au bureau des plans et cartes marines du gouvernement à Washington et il sembla occuper là un poste auquel ses facultés le destinaient. Mais il était comme étranglé dans le dessin des cartes, et les restrictions de la topographie devaient lui paraître aussi insupportables que la discipline militaire. On lui avait donné ime gravure à exécuter, représentant la vue, prise en mer, des falaises d'une côte. Il s'était fort bien acquitté de la tâche. Après, sa fantaisie l'emportant, il avait ajouté, de son cru, en haut, aux angles de la plaque, des têtes et groupes de personnages, des manières de caricatures. La plaque avec les additions introduites ne pouvait servir

à l'impression sur cartes à laquelle elle était destinée. Il eut à subir les reproches de ses chefs et il devint évident qu'il n'était pas fait pour le travail rigide de la topographie. Il dut donc abandonner le bureau de Washington, comme il avait dû abandonner l'école de West-Pomt.

Sa vocation artistique prenant définitivement le dessus, il quitta alors les États-Unis, où il ne devait jamais plus retourner et, venu à Paris à la fin de 1855, entra dans l'atelier de Gleyre.

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