‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 100 sur 260 · LIVRE VII. — CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE XV

général, sed gêner atim a Papa recurri ad concilium fatebantur^.n

3* 11 soit de là que TEgUse^ dans les plus graves questions de foi et de discipline^ restera en suspens, du moment où il y aura un appel et que cet appel ne sera pas vidé. Les gallicans croient parer à Fénorme difficulté qui sur^t, en professant que Tinfaillibilité ne réside pas exclusivement dans le concile uni au Pape, mais dans l'assentiment que les évêques dispersés donnent aux constitutions du Pape. Cette profession ne saurait couper court aux subterfuges ; elle n'a point réduit les jansénistes ; elle n'est pas de foi ; elle n'a pas été définie comme dogme par les conciles généraux. Entre une assemblée délibérante et des membres dispersés, sans cohésion, décidant sans discussion, il sera toujours facile de mettre une différence que l'erreur ne manquera jamais d'exploiter....

Combien il est pénible de constater que ni l'âge ni l'expérience n'ont pu ramener Tévêque de Meaux à des idées plus justes, à des doctrines plus saines 1 Le môme esprit qui se fait autoritaire, jusqu'à l'absolutisme , dans le gouvernement civil, rêve obstinément l'oligarchie pour l'Eglise et le régime constitutionnel. Supposons que Dieu ait retiré son bras de dessus l'Europe; que le clergé des autres nations ait prêté une oreille trop facile aux pernicieuses doctrines qui viennent de passer sous nos regards ; quelle sera l'issue dernière? L'épiscopalisme d'abord, et, comme conséquence forcée , l'absorption complète de l'Eglise par l'Etat.

L'archevêque de Westminster rappelait éloquemment, il y a quelques mois, le mal que le gallicanisme avait produit en Angleterre, et nous le comprenons facilement*. A mesure qu'il s'est infiltré chez les peuples voisins , en Autriche , dans les Duchés italiens, l'histoire nous apprend quels ravages il y a causés.

Notre intention n'est pas d'entreprendre une thèse pour réfuter celte partie du Gallia orthodoxa. Un savant canoniste vient de traiter la matière ex professo, et nous n'avons autre chose à faire que de renvoyer à son ouvrage '.

* Livre de la Défense, partie II, liv. V, ch. lo.

* Voir la note IV.

* Bouix. De Papd et de concilio.

Pour terminer ces longs et douloureux chapitres^ nous nous ferons un devoFr de rappeler les dernières paroles de Bossuet, qui terminent ses corollaires :

« Après avoir mis fiu à mon entreprise^ il ne me reste plus qu'à dire un mot de moi-même.

D Je commence donc par déclarer^ et je prends Dieu à témoin ^ que personne dans le fond de son cœur ne respecte plus que moi l'autorité et, la majesté du Saint-Siège et des souverains Pontifes : et je suis assuré que ceux qui examineront cet ouvrage sans prévention , me feront la justice d'en être persuadés. En effets je n'ai d'autre dessein que de rendre au Saint-Siège, avec un esprit d'équité et de paix , toute l'autorité qui lui appartient de droit, que l'antiquité a unanimement reconnue, et qui ne lui peut être contestée. J'ôte en même temps aux ennemis de TEglise les vains et faux prétextes dont ils se servent pour rendre cette même autorité odieuse à tous les chrétiens.

» Je propose à tous les catholiques ce qu'il y a de plus certain^ de plus vrai, de plus conforme à toute raison, afin qu'ils s'arrêtent dans un juste milieu , et qu'ils ne se montrent point outrés de part et d'autre. Je mets | à couvert les théologiens, et surtout les évêques de France, qu'on tâche . de rendre suspects du reproche injuste qu'on leur fait de vouloir diminuer ' l'autorité du Saint-Siège ; et je démontre , au contraire , par les autorités et les exemples les plus authentiques de l'antiquité ecclésiastique, que ' ces évêques mettent tout en sûreté par leur doctrine. J'uvertis avec res- j pect, et j'exhorte en même temps l'Eglise de Rome à suivre l'exemple de Pierre marchant sur les eaux avec confiance, quoique avec tremhlement. Je cache mon nom qui ne rendrait pas ma cause meilleure, non par honte ni par crainte (Dieu le sait), prêt à le déclarer toutes les fois que j'aurai lieu d'espérer un examen légitime et canonique; mais ayant lieu de craindre qu'on n'agisse en cette occasion par un esprit de prévention et de haine, je me dérobe, pour ainsi dire, à la fureur de mes adversaires, de peur | que les traits dont ils s'efforcent de me percer ne retombent sur eux-méoies. Enfin, quoi qu'il arrive, je porte sans crainte et avec confiance cette cause devant le tribunal de Jésus-Christ; que si le Saint-Siège, comme juge équitable et non partial, en attendant la décision de l'Eglise, impose silence aux deux partis, je promets d'obéir avec joie.

)) Enfin je déclare à toute la terre que je veux vivre et mourir dans le sein de l'Eglise catholique, soumis à l'autorité de l'Eglise romaine, du Saint-Siège et de notre saint père le pape Innocent XI, à présent régnant. Que Dieu nous reçoive dans cette foi; que Pierre, qu'Innocent XI reconnaisse en moi la plus humble de ses brebis, soupirant pour la paix de

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