CHAPITRE III
Tournées de confirmation^ visites des églises et des paroisses.
Après avoir mis tout en œuvre pour affermir le clergé de son diocèse dans la science, le zèle et la perfection qui lui conviennent, le pasteur n'oubliait pas le peuple confié à sa pieuse sollicitude. Dès la première année de sa prise de possession , nous le voyons se mettre en cours de visites pour administrer le sacrement de confirmation.
a II avait l'attention , pour ne pas arracher le peuple à ses f ravaux, de placer toujours ses visites aux époques de Tannée où il est le moins occupé , à Noël, à Pâques, à la Pentecôte. Il y trouvait d'ailleurs l'avantage de le voir mieux disposé par les instructions religieuses , qui accompagnent ces grandes solennités de l'Eglise.
2) Bossuet ne se refusait à aucun genre de fatigue et de travail
dans le cours de ses visites pastorales. 11 recevait à la confirmation tous ceux qui lui étaient présentés par les curés, et qu'ils jugeaient suffisamment instruits pour recevoir ce saci'ement.
x> Au milieu de ce travail et de ce mouvement d'esprit et de corps, son extérieur n'annonçait que le calme et le recueillement de la religion; il était appliqué tout entier aux actes de son minis* tère ; aucune circonstance extérieure ne venait le distraire de son attention. Jamais il ne parlait, jamais.il ne portait ses regards errants autour de lui. Il abandonnait aux ecclésiastiques qui raccompagnaient, le soin de régler toutes les dispositions nécesssdres pour établir l'ordre et la décence au milieu de ce concours nombreux. Pour lui, il demeurait, pour ainsi dire, renfermé dans le sanctuaire de ses pensées. Sa gravité, sa patience et sa modestie imprimaient le respect à tous les assistants. On pouvait observer facilement combien il était pénétré de la sainteté des fonctions qu'il allait remplir.
» Bossuet n'était pas naturellement porté à entrer dans la discussion des comptes des fabriques. Il avait toujours eu une espèce d'aversion singulière pour ces sortes de détails. Mais comme cette partie était cependant un des devoirs de son ministère, il confiait l'examen et la vérification des comptes^ des fabriques à l'un des grands vicaires, ou des archidiacres qui l'accompagnaient, et lorsqu'il s'élevait quelque difficulté, on venait lui en faire le rapport : il écoutait les parties , et tranchait ensuite d'autorité toutes ces discussions, b (Bausset).
En arrivant dans une paroisse, Bossuet s'informait de la situation du curé, de ses revenus, de la manière dont il les percevait, et laissait des instructions pour la réforme de ce qu'il trouvait abusif. Avant d'administrer la confirmation, il faisait l'exacte visite de l'Eglise, du tabernacle, des fonts baptismaux , du mobilier de la sacristie ; demandait compte des fondations et de la manière dont elles étaient acquittées , de la gestion des marguilliers, etc., etc. Il prévenait le public que si quelqu'un avait des plaintes ou des réclamations à lui adresser, il se tenait prêt à les entendre. Son afiabilité et sa bonne grâce réjouissaient tout le monde, bourgeois et gens du menu peuple. Presque toujours il