LIVRE Vm. — CHAPITRE IV
plus de satisfaction encore et de goût^ de la part de tout le inonde> que Tannée précédente.
» Le siget de l'entretien de Monseigneur fat tiré de saint Matthieu^ c. yi^ Y. 6: Tu autem cum oraveris intra in cuMculum tuumj et clattso ostio^ ora patrem iuum in abscondito, etc. Il prit donc pour sou sujet la prière. Après avoir fait la distinction des deux fonctions essentiellement attachées au sacerdoce et marquées aux Actes des apôtres, c. vi, v. 4 : Nos vero orationi et ministerîo ver M in^ siantes erimus^ la prière et la prédication, il dit : a Parler à Dieu eu faveur des peuples, cela se fait dans la prière; parier aux peuples de la part de Dieu , cela se fait dans la prédication ; prier et prêcher, voilà donc les deux fonctions des prêtres, d Pour le présent, il s'arrêta donc à la prière, réservant à Tannée prochaine à parler de la prédication. Son avant^propos ne fut qu'âne paraphrase sur ces paroles : Nos vero oratio7iiy etc. Sa division fut : l"* de la nécessité de la prière en général, 2° de Tobligation qu'ont les prêtres en particulier de prier, 3"* de la manière dont il faut prier.
i*" Cette nécessité de prier en général , se prouva par Texplication de la définition de la prière, selon saint Augustin et saint Thomas ; saint Augustin, qui dit que la prière est conversio mentis ad Deum , et saint Thomas, qui dit que c'est ascenstis ou elevatio mentis ad Deum. Il se proposa le même doute que saint Augustin, tome lY, De sermone Domini in monte, lib. n, fondé sur ces paroles suivantes de TEvangile , t. 7 : Orantes nolite rrttiUum loqui sicut ethnici. Putant enim quod in multiloquio sua exaudiantur ; nolite ergo assimilari eiSj scit enimpater vester quidopus sit vobis antequam petatis eum. Sur quoi saint Augustin dit : Quœri potest quod opus sit ipsa oratio si Deus jam novit quod nobis necessarium sit^ nisi quod ipsa orationis intentio cor nostrum serenat et purgat , capaciusque efficit ad excipienda divina munera quœ spintaliter nobis infunduntur. Il rapporta les paroles de saint Augustin tout du long : Non enim ambitione . precum nos exaudit Deus qui semper paratus est dare suam lucem nobis y et visibilem, aut intelligibilem et spiritalem; sed nos non semper parati sumus accipere cum inclinamur in alia.
SS"" L'obligation aux prêtres de prier, en particulier, parce qu'il
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faut qu'ils prient non-seulement pour eux-mêmes^ mais pour le peuple ; ils sont les intercesseurs du peuple^ c*est la raison de saint Grégoire dans son pastoral , et sur laquelle seule il appuya toute sa seconde partie, en faisant voir l'importance de cet emploi par les exemples de Moïse qui avait, par la force de sa prière ; arrêté la colère de Dieu, opposé la prière comme une digue au torrent de sa justice ; d'Âaron^ qui avait pris Tencensoir et prié entre les vivants et les morts, et entre les justes et les pécheurs; des prophètes qui parlent de la prière des prêtres avec des termes qui marquent assez la douleur de leur cœur^ ululare {Isaie, 25 ; Joël , i); et enfin par l'exemple de Notre- Seigneur qui ne fiBdsalt aucune action que la prière n'eût précédée , quoiqu'il y eût cette différence entre lui et nous, qu'il n'était pas obligé de prier pour ses propres défauts^ comme nous ; et enfin par les réflexions de tous les saints qui rejettent tous les malheurs du peuple sur le défaut des prêtres, qui ne savent pas^ ou ne méritent pas d'arrêter la colère de Dieu par leurs prières*
3*" Enfin de la manière de prier, qui est portée dans le même endroit de l'Evangile : Tu autem cum oraveris, intra in cubiculum tuum. La retraite intérieure, l'esprit recueilli, grande morale qui fut bien poussée^ sur la nécessité de chercher Dieu, et de l'avoir toujours présent dans toutes ses affaires , qui est même le grand moyen d'éviter les distractions ou du moins de ne rien perdre par les distractions, car un esprit accoutumé à chercher Dieu dans tout ce qu'il fait^ s'il a quelque distraction dans niie action , ce ne sera pas pour aller par quelque autre voie à Dieu, comme un esprit rempli de vanité ne fait que passer d'une vanité dans une autre.
» La conclusion de ce synode se fit d'une façon aussi pathétique que singulière, car Monseigneur s'accusant tout le premier d'être la cause de tous les péchés de son diocèse, par son mauvais . exemple et son scandale, vu que comme il répéta plusieurs fois, tout ce qui manque à la sainteté des prêtres est un scandale, n'être pas saint c'est être scandaleux. Il fit sa confession publique, dit son confiteor tout haut, et ensuite tous les curés le dirent à leur tour. Cette action fut touchante.