‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 187 sur 260 · LIVRE VIII. — CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — CHAPITRE XIII

gné de supposer que tous les peuples doivent être gouvernés par des monarques plus ou moins absolus. Il se borne à combattre le principe général de Jurieu^ qui soutenait que dans toutes les monarchies quelconques, la souveraineté réside dans le peuple comme dans sa source, et qu'il est le maître d'en conférer ou d'en ôter l'exercice au gré de sa volonté. C'est ce principe subversif de tous les gouvernements, que Bossuet a voulu combattre. Car d'ailleurs il déclare qu'il ne prétend pas disputer a qu'il ne puisse y avoir d'autre forme de gouvernement, ni même examiner si le gouvernement monarchique est le meilleur. » Bossuet^ sans s'égarer dans de vaines spéculations^ respecte dans chaque peuple le gouvernement que l'usage y a consacré, et que l'expérience a fait trouver le plus favorable à son bonheur. Il ne conteste point a que plusieurs peuples n'aient excepté et n'aient pu excepter contre le droit. commun de la royauté, ou si l'on veut, imaginer la royauté d'une autre sorte, et la tempérer plus ou moins, suivant le génie des nations et les diverses constitutions des Etats. Il a voulu seulement démontrer que ces exceptions ou limitations, loin d'être universelles, n'étaient seulement pas connues des monarchies les plus anciennes dont l'histoire ait conservé les monuments. B

Telle est la doctrine de Bossuet sur un des points les plus importants du droit public des nations. Il était d'autant plus nécessaire de l'exposer avec une certaine étendue, que nous avons vu un grand peuple expier bien cruellement le fatal oubli de tous les principes qui assurent l'ordre, la paix et le bonheur des rois et des sujets. (Bausset.)

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