A LA SŒUR CORNUAU, RELIGIEUSE A TORCI
A Paris, ce 29 décembre 1700.
Voilà, ma fille, ce qui m'est venu sur l'épitaphe de feu M™« d'Albert : il en faudrait dire davantage, si dans cette matière il n'était nécessaire de trancher court. Présentez-la de ma part à M™e de Luynes, dont je voudrais bien contenter l'cLmour par quelque chose de plus étendu.
Ci-gît
MARIE-HEMRIETTE-THÉRÈSE d'aLBERT DE LUYNES.
Elle préféra aux honneurs
D'une naissance si illustre et si distinguée
Le titre d'épouse de Jésus-Christ
En mortification et en piété.
Humble, intérieure, spirituelle
En toute simplicité et vérité,
Elle joignit la paix de l'innocence
Aux saintes frayeurs d'une conscience timorée.
Fidèle à celui qui, presque dès sa naissance.
Lui avait mis dans le cœur le mépris du monde,
Elle fut longtemps l'exemple
Du saint et célèbre monastère de Jouarre :
D'où étant venue en cette maison
Pour accompagner une sœur chérie,
Elle y mourut de la mort des justes.
Le 4 février 1699,
Subitement en apparence ,
En effet avec les mêmes préparations
Que si elle avait été avertie de sa fin.
Pour vous, ma fille, comme je vous l'ai dit tant de fois, vivez et mourez comme sous les yeux d'une si sainte amie.Notre-Seigneur soit avec vous.
428 HISTOIRE DE BOSSCET.