‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 32 sur 260 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Hésitations de Bossuet par rapport à l'assemblée. — Nombre des députés, nr Physionomie générale de rassemblée. — Portraits des meneurs. -^ Ordre du discours d'ouverture.

Bossuet y nous Tavons dit plus d'une fois, avait peu de sympathies pour le Saint-Siège, qu'il appelle ud peu dédaigneusement la cour romaine y la cour de Rome y et ce mot est passé fort avant dans la langue gallicane. Ses liaisons avec les jansénistes et les prélats intrigants qui fréquentaient Paris et la cour, n'étaient pas de nature à effacer les préjugés parlementaires dans lesquels il avait été nourri. Toutefois, il savait mieux que personne de quel côté soufflait le vent du schisme; et la perspeclive d'une assemblée, choisie dans le sens que nous connaissons , lui inspirait de vives inquiétudes. Il écrit en septembre 1681, à Tabbé de Rancé : (( Vous savez ce que c'est que les assemblées du clergé , et quel esprit y domine ordinairement. Je vois certaines dispositions qui me font un peu espérer de celle-ci; mais jô n'ose me fier à mes espérances^ et en vérité elles ne sont pas sans beaucoup de craintes.... » 11 observait, dit M. defiausset^ que.les esprits agités par la chaleur des discussions qui s'étaient élevées sur des matières d'un bien plus grand intérêt que l'affaire de la régale, pouvaient s'égarer sans le vouloir et peut-être sans le savoir, par un excès de zèle pour l'Eglise ou pour l'Etat. Il voyait dans le ministère des dispositions capables de conduire à des mesures extrêmes qui prépareraient peut-être dans la suite des regrets au gouvernement lui-même. Il voyait dans le clergé des évêques très-recommandables par leurs lumières et leur piété, et dont l'estime et l'amitié lui étaient chères, s'abandonner inconsidérément à des opinons qui pouvaient les conduire bien au delà du but où ils se proposaient eux-mêmes de s'arrêter. Il ne se dissimulait pas que parmi ce grand nombre d'évêques, il en était quelques-uns que des ressentiments personnels avaient aigris

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