CHAPITRE VIII
Discours de Bossuet prononcé à l'ouverture de l'assemblée^ le 9 novembre 1681.
Réflexions jsur cette œuvre.
Quelque long que soit le discours d'ouverture , il nous est impossible de ne le pas reproduire en entier.
La première partie est certainement fort belle et établit victorieusement la primauté du Pontife romain, successeur de Pierre. L'Eglise romaine est bien le foyer central , le fondement des autres Eglises, la mère et la maîtresse que chaque branche doit reconnaître , aimer , écouter en tout respect et obéissance. Malheureusement, la deuxième et la troisième partie détruisent presque toute la brillante argumentation du début. Si nous ne nous trompons, ce discours peut se résumer ainsi :
L'Eglise romaine est la mère et la maîtresse des Eglises particulières. Les titres de sa suprême autorité sont éclatants comme le soleil. Cependant elle n'est pas infaillible , mais indéfectible^ elle n'est point entièrement à l'abri de l'erreur , seulement l'erreur ne doit pas y prévaloir, y être de longue durée. L'Eglise romaine est faillible dans la conduite^ c'est-à-dire, dans son gouvernement extérieur , dans sa discipline. Elle est portée à l'empiétement sur l'autorité des princes et des évêques. Donc il y a nécessité de la rappeler aux canons , de se protéger contre
elle par des maximes et libertés , par Tautorité royale , par des assemblées d'évêques^ et finalement il faut la soumettre aux conciles généraux et Tempècher de ravager l'Eglise par l'excès de ses prétentions.