‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 93 sur 260 · OUVRAGES DE BOSSUET, CONCERNANT LA DÉCLARATION · texte numérisé non relu

OUVRAGES DE BOSSUET, CONCERNANT LA DÉCLARATION

Du livre de la Défense de la Déclaration du clergé de France. — Ce livre est-il l'œurre de Bossuet? — Les éditeurs ont-ils reproduit Gdèlement^ intégralement^ le texte de l'auteur?

Nous répondrons affirmativement aux deux questions, car les faits nous paraissent aujourd'hui suffisamment établis. Le livre de la défense est conçu dans un si déplorable esprit que les hommes, même les moins favorablement disposés envers Tévêque de Meaux, ont voulu y soupçonner des interpolations. Le manuscrit ayant disparu, un vaste champ restait ouvert aux hypothèses. M. de Maistre , le cardinal Villecourt et autres graves écrivains, n'admetteni point que les éditeurs jansénistes aient publié l'œuvre de Bossuet, sans l'altérer, sans y mêler frauduleusement leurs propres pensées, disons le mot, leurs propres erreurs. Quand on lit les détails circonstanciés, fournis par M. de Bausset, on se sent porté à tirer la conclusion dont nous parlons. Nous-mêmes, en Tabsence de documents certains, avions raisonné comme nos prédécesseurs. Après avoir lu, plusieurs fois et aussi attentivement que possible, les longues notes de M. de Bausset, nous n'avions su par quel côté les rattacher , pour en faire jaillir une

lumière tant soit peu satisfaisante. Nous en dirons autant de l'histoire assez fabuleuse de la remise du manuscrit de la Défense aux mains de Louis XIY , par Tabbé Bossuet. Enfin nous fûmes averti que les manuscrits, longtemps égarés dans des mains jansénistes^ avaient été légués à la Bibliothèque nationale. Nous nous sommes empressé de compulser ce volumineux recueil et de le confronter avec les éditions aujourd'hui existantes. Nous donnons ici le résultat de nos investigations, et en même temps les conclusions que nous avons cru devoir tirer de cet examen ^ Pour ne pas allonger outre mesure le récit, nous renverrons à la fin du volume des détails qui ne manquent point d'ailleurs d'intérêt ^

Le manuscrit de VAppendix fait défaut dans la collection^ mais il est imprimé dans les éditions ^ sous le titre fort singulier qu'il porte et que nous allons expliquer ^ Cet appendice n'est autre chose que le premier travail de Bossuet^ qui formait, en trois livres^ la première partie du Defensio declarationis. Les éditeurs s'étant persuadé jque le dernier ouvrage, Gallia orthodoxay était destiné par son auteur à remplacer le travail primitif, ont relégué celui-ci à la fin du volume, pour en conserver, disent-ils, la mémoire. Cette partie offre tout ce qu'elle devait comprendre, dans^ le plan de l'auteur. Bossuet y expose sommairement les attaques dirigées contre la déclaration et les condamnations dont elle a été l'objet. Ensuite il prouve que ses adversaires raisonnent faussement; que la déclaration n'est pas une définition dogmatique, mais l'expression d'une opinion libre , probable , qui a toujours été enseignée par les théologiens français, qui prend sa racine dans l'antiquité et n'a jamais été censurée par le Saint-Siège.... Le troisième livre se termine par ces mots significatifs : Explidt prima pars , etc. , fin de la première partie. Ensuite vient la défense des articles dont l'orthodoxie est prouvée par l'Ecriture, par l'histoire, par la théologie, par la tradition, etc.

1 Afin de procéder plus sûrement, nous nous sommes adjoint un de nos intelligents collègues, M. le chanoine Vallet, parfaitement versé dans les écritures de Bossuet, de Ledieu et autres copistes.

^ Voyez la note V.

8 II figure dans le manuscrit de Fleur y , en toutes lettres , et comme première partie de la Défense,

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