‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 94 sur 260 · LIVRE VIL — CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE VIL — CHAPITRE XIV

Le manuscrit de la Défense commence donc par la IP partie, livre IV, et se continue intégralement jusqu'à la fin.

L'autographe de fiossuet n'existe pas ; mais la copie qui le remplace peut passer pour authentique^ attendu qu'elle a été revue, corrigée et annotée par Tauteur.

Cette copie est faite de trois ou quatre mains ^ ce qui ne surprendra aucun de ceux qui connaissent les habitudes de Tillustre écrivain. Outre Ledieu, son secrétaire ordinaire, Bossuet employait plusieurs copistes pour mettre au net ses laborieux manuscrits. Lorsqu'il s'agissait de livrer son travail à l'impression^ le scrupule de l'auteur était extrême^ et il n'acceptait guère qu'un texte exempt de surcharges, aussi net que le pouvait fournir son copiste.

Par suite de notre examen , nous n'hésitons pas à décharger réditeur Leroy des accusations portées indûment contre lui.

Nous n'avons pas eu le loisir de coUationner de verbo ad verburriy mais nous avons assez feuilleté le manuscrit pour pouvoir assurer d'abord , que le livre de la Défense émane bien de Bossuet, en second lieu , que les éditeurs de Versailles et de Paris (L. Vives] ont reproduit le texte dans sa générale intégrité ^

£n analysant le contenu du livre de la Défense, on voit que les éditeurs jansénistes n'avaient aucun intérêt à changer le texte. La doctrine du livre comblait leurs désirs , et ils sentaient fort bien qu'en intercalant des pensées étrangères au milieu de l'ouvrage, ils lui enlevaient tout crédit.

Les corollaires sont contenus dans un carton spécial, n"* 2. C'est une copie revue et annotée par Bossuet. Le pagination en est exactement suivie, depuis la page 1 jusqu'à la page 193 inclasivement.

On a répété que Bossuet se proposait d'exclure de son ouvrage ce qui concerne saint Grégoire VII , comme allant au delà de son but; ce qui regarde le pape Liberius, comme ne prouvant pas suffisamment. Les seules preuves qu'on apporte à l'appui de ces

* L'édition Vives nous parait offrir plus d'un défaut , dans son exécution générale. M. Lé.CHAT a omis des préfaces qui offrent des détails importants, ensuite il indique à la table, des matières qui ne se trouvent pas dans le livre.

ne HISTOIRE DE BOSSDET.

assertions reposent sur quelques mots plus ou moins contradictoires de Tabbé Ledieu et de Tabbé Lequeux. Nous passerons outre^ en attendant des témoignages plus sérieux et plus concluants. Rien, dans nos manuscrits^ ne nous a paru révéler ce dessein^ et nous persistons à croire que Tauteur n'a jamais changé de sentiment, au moins pour le fond des idées, consignées dans le Livre de la Défense. Comme le champ des suppositions ne connaît pas de limites, nous nous garderons d'y entrer et d'y égarer le lecteur.

Gollia orthodoxa : la France orthodoxe '.

Le manuscrit de cet ouvrage remplit deux volumes : le- premier renferme Tautographe de Bossuet et compte 210 pages; le second contient une belle copie qu'on pourrait croire de l'abbé Ledieu , au moins pour une bonne partie, revue et corrigée par Bossuet. Nous y avons remarqué une particularité assez singulière : dans l'autographe, les titres des chapitres sont écrits par l'abbé Ledieu ; dans la copie, ils le sont de la main de Bossuet.

L'ouvrage forme un tout complet, et nous parait avoir été fidèlement reproduit par les éditeurs.

Ici se présente trois graves questions :

1** Le Gallia orthodoxa renferme-t-il le dernier travail de Bossuet?

2® Devait-il, dans le plan de l'auteur, servir de préliminaire au livre de la Défense ?

3* Est-ce, au contraire, un ouvrage à part et destiné à remplacer le livre de la Défense ?

Sur la première question, nous n'hésitons pas à répondre affirmativement. Tout le contexte appuie notre sentiment d'une manière presque indubitable.

< Il a paru dernièrement , en Belgique^ ud livre donnant, sous le titre de Gallia orthodoxa une partie^ arbitrairement tronquée, du livre de la Défense. Nous ne dirons rien de cette entreprise , sinon qu'elle nous semble être une pure mystification.

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