‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 98 sur 260 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Examen sommaire de la FfoncB orthodoxe.

On peut rapporter à trois chefs principaux les matières conte-* nues dans la France orthodoxe.

r La doctrine exprimée par la déclaration est la doctrine de récole de Paris, doctrine professée ab antiquo par le clergé français

* Le livre de la Défense a rencontré de nombreux et savante contradicteurs, en dehors des écrivains qui ont attaqué la Déclaration, Soardi , De Maistre, le cardinal Villecourt, Rohrbacher,... lui ont porté de rudes coups. En histoire ecclésiastique, Bossuet ne se sépare jamais de Fleury, dont il accepte les juge • ments avec une imperturbable assurance. Les critiques dirigées par les Mazzerelli, les Marchetti... contre l'histoire de Fleury, retombent directement sur le livre de la Défense. En politique, l'auteur de la Défense se trouve en contradiction fréquente avec l'auteur de la Politique sacrée. Son ardeur à poursuivre les théologiens jésuites le jette dans des propositions insoutenables. Un auteur récent, Monseigneur Tizzani, vient de réduire à peu près à néant la fameuse dispute entre saint Cyprien et le pape saint Etienne. Il ne voit là qu'une invention des donatistes et une interpolation glissée par eux dans le texte de saint Cyprien. (Voyez Darras, Histoire ecclés,, tome Vllï, chapitre iv.) La prétendue chute du Pape Libérius est parfaitement démentie par M. Edouard Dumont. {Annales de philosophie,) Dernièrement le savant recueil italien, la Civilta cattolica, a démontré combien Bossuet s'était mépris, en s'emparant du texte de saint Antonin pour établir la suprématie du concile sur le Pape. (Voir encore MM. Gérin et Thomassi, sur la question de la Pragmatique , dite de saint Louis.) Nous le répéterons, il faudrait de nombreux volumes pour réfuter toutes les propositions, ou fausses, ou douteuses, ou susceptibles de double entente, que renferme le livre de la Défense, Il demeure aujourd'hui sans autorité, dans le monde un peu sérieusement instruit.

Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser d'une proposition aussi hardiment énoncée.

2* Cette doctrine antique, vénérable, probable et inoffensive , insontem, a été injustement condamnée par ses adversaires... Cette condamnation est d'autant plus répréhensible que le Saint- Siège ne l'a pas même improuvée y non improbet... L'injure qu'on lui fait remonte directement vers le Saint-Siège, que l'on taxe d'imprévoyance pour avoir toléré ce qui serait en soi condamnable... C'est donc l'honneur du Siège apostolique que Ton venge, en vengeant la doctrine de l'école de Paris...

Cette doctrine n'a rien de commun avec le jansénisme, comme on affecte de le croire, puisque les auteurs de la déclaration ont combattu les erreurs de Jansénius avec le zèle le plus actif. Les notes odieuses de schismatique, d'hérétique, d'erronée, sont autant de calomnieuses imputations que la raison et la justice repoussent... (Chap. X.)

Arrêtons-nous un instant et supposons que le travail de Bossuet a été publié ; par* un léger efibrt d'imagination , flgurons-nous que des èvêques étrangers se sont réunis et concertés pour y répondre ; nous ne croyons pas nous écarter de la vraisemblance en leur prêtant le langage suivant : Ce zèle à défendre le Saint- Siège paraît un peu suspect de la part d'évêques qui l'ont profondément blessé par leur déclaration. Votre doctrine n'a pas été censurée, il est vrai, par le Saint-Siège; mais quelle en peut être la raison? Est-ce, comme vous le prétendez, parce que votre doctrine est saine et orthodoxe? Cette supposition vous appartient exclusivement. Ne serait-ce pas plutôt à cause de la dureté de vos cœurs, de vos dispositions à accepter le schisme, et même aie provoquer dans votre patrie? N'avez- vous pas pris soin de déserter la houlette du Pasteur suprême, pour vous réfugier sous le sceptre royal? N'est-ce pas en mettant le roi entre vous et le pape, que vous avez osé braver la puissance apostolique ? Le pape, dans cette situation douloureuse et cruelle , avait-il la liberté nécessaire pour exprimer le fond de sa pensée et formuler son jugement selon que sa conscience l'inspirait ? Pour nous, théologiens autant que vous, èvêques et juges de

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