INTRIGUES DE DON JUAN
Lui seul, Don Juan, jouissait d’une secrète joie, espérant que le temps ferait finir les pieurs et l’amour ae Constance ; mais pour y parvenir plus vite, il fit tant par des voies souterraines et qui ne pouvaient le trahir, qu’il engagea les peuples du royaume des Algraves à se révolter, sentant bien qu’il aurait le commandement de l’armée pour les remettre dans leur devoir. à
Cela ne manqua pas: le Roi lui remit le soin de châtier ces rébelles. Alors charmé de voir réussir son
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dessein il marcha contre les révoltés qui s’étaient re-
tranchés au bord d’une rivière. Il les attaqua, pénétra dans leurs retranchements, et après un combat de six heures, il remporta une victoire complète; et poussant plus loin ses conquêtes, il prit toutes les villes, et fit punir les auteurs d’une rébellion qu’ii avait fomentée lui-même. Il soumit de nouveau Îles Algraves au Roi de Portugal, et revint à Lisbonne où les états assemblés lui décernèrent les honneurs du triomphe.
Ce n’était pas assez pour lui; il les engagea par ses intrigues à demander la Princesse en mariage, consentant que son fils régnât après lui. Cette demande était si juste que les états l’approuvèrent, et la demandèrent au Roi qui ne pouvant s’opposer à ce qui lui paraissait juste, le proposa à la Princesse, qui ne put l’entendre sans désespoir. Elle renouvela sa douleur et elle protesta au Roi qu’elle se donnerait
lutôt la mort que d’épouser un Prince qui était l’ob- Jet de sa haîne. Mais l’intérêt de l’Etat l’emporta sur ses raisons ; il fallut obéir et le jour fut fixé pour Ja célébration de ce funeste hymen que le peuple souhaitait avec ardeur. Le même moment fut destiné au triomphe de Don Juan, pour lequel le Roi avait ordonné au-dessous du château un feu superbe, composé par p'usieurs compartiments qui devaient offrir aux yeux un spectacle magnifique.