CONSTANCE EST INCONSOLABLE
Cependant le gros vent faisait aller si vite le vais-
seau dans lequel était Constance et Don Juan qu’on
avait déjà bien fait du chemin sans qu’on s’apercût que Jean de Calais y manquait. Mais la Prin-
cesse toujour8 attentive à son sort, alarmée de ne
point le voir, le demanda, le fit chercher et chacun s’empressa à la satisfaire. On n’entendit plus que des cris malheureux qui annoncèrent à cette malheureuse épouse qu’on ne le trouvait pas.
Je n’ai point de termes assez forts pour vous expri-
mer son désespoir : la tempête ne l’intimide plus, une
plus forte crainte lui donne du courage, elle vient sur le pont, elle appelle son époux, et les profonds abî-
mes du fnneste élément retentissent du nom de sa
voix. Le perfide Don Juan s’approche et paraît le
plus empressé à chercher Jean de Calais ; mais trop
sûr de son dessein, il lui fait entendre qu’il faut qu’un coup de vent l’ait jeté dans la mer.
Quelle affreuse nouvelle peur une femme 8i passionnée ! elle s’arrache les cheveux, ses mains meurtiissent son beau visage, la vie lui fait horreur, et, pour la terminer, elle cherche à s’élancer dans la mer. Don Juan se met au-devant d’elle. Isabelle embrasse ses genoux ; il n’est pas jusqu’au moindre matelot qui ne quitte tout pour s’opposer à son dessein. Mais leurs soins sont inutiles, et sa douleur lui prêtant des forces, elle est prête à franchir les obstacles qu’on y met ; lorsqu’Isabelie lui présente son fils, qui lui tendant les bras semble la supplier de vivre encore pour lui. Cet objet la saisit, l’étonne, l’arrête, et sans calmer son désespoir, il lui ôte le courage d’en suivre los monveomante Na nonyant nluc aunnnrtarl Maire
nee Le Visiviiige IC PUU VGiic Fius SUPPVUIIUVI AUD LUZ
ADR RER DPI ANNE LAN JC PNA 2 ES A TEE PE EN DL ESRI SSP OS PET VTC NP HER POSE PARTIR EN RENN
qu’elle ressent, elle tombe évanouie dans les bras: d’Isabelle.
On profita de cette faiblesse pour l’arracher de cet endroit. Isabelleet Don Juan mirent tous leurs soins à la faire revenir ; ils réussirent, mais rien ne put calmer sa douleur. Le nom de Calais était sans cesse dans sa bouche. Don Juan voulut la consoler; mais la perte de son époux ayant redoublé sa haine pour ce Prince, elle ne voulut plus l’écouter, et lui ordonna de ne plus se présenter à elle le reste du voyage.
La tempête cessa ; la mer devint calme et ces tris-. tes vaisseaux arrivèrent à Lisbonne sans autres acoidents. La présence de la Princesse répandit une joie universelle dans cette cour, mais lorsque le Roi la reçut dans ses bras, et que sés pleurs et ses sanglots lui eurent appris la nerte qu’elle avait faite, il ne put lui refuser des larmes. Ce tendre père partagea sa
douleur. Le bruit de ce malheur ne fut pas plutôt ré-
pandu que les grands et le peuple firent voir de leur part un deuil universel.