‹ Histoire de Jean de Calais [microforme]Chapitre 4 sur 19 · A GRANDEUR D’AME · texte numérisé non relu

A GRANDEUR D’AME

Lorsque Jean de Calais fut assuré de son bonheur, il pria cette jeune beauté de lui déclarer qui elle était, et kr quel accident elle et sa compägne avaient été enlevées par le pirate. Ne croyez pas, madame, ajouta-t-il, que ma curiosité ait nul motif désobligeant; qui que vous soyez, il n’est rien que je ne trouve au-dessous de vous, et pour vous prouver ce:

que je dis, je vous donne ma fo' dès ce moment, sans en savoir davantage, si voulez bien m’accepter pour époux.

Je reçois avec plaisir, lui répondit la belle esclave, la foi que vous m’offrez, je vous donne la mienne, et fais tout mon bonheur d’être unie à vous pour jamais. Mais, pour ma naissance, souffrez que je vous en fasse un mystére que je trouve nécessaire au repos de ma vie. Qu’il vous suffise de savoir que le Ciel ne m’a pas fait naître indigne de vous, et d’apprendre que je me nomme Constance, et ma compagne Isabelle. Je n’ai point soupçonné votre curiosité d’avoir rien d’offensant pour moi; ne vous offensez pas non plus du silence que je m’impose ; notre amour l’exige de moi. Je dois me taire pour être à vous: et Je veux éloigner de mon esprit tout ce qui pourrait m’empécher de snivre un penchant plus fort que ma raison.

Jean de Calais était trop amoureux pour presser la belle Constance après un tel aveu ; il lui promit de ne lui en plus parler, et, sans consulter davantage, ils s’unirent pour jamais.

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