SON PERE DESAPPROUVE SON MARIAGE
Mais quelle fut la douleur de ce jeune héros de voir son père désapprouver son mariage avec sa chère Constance ! L’histoire qu’il fit comme il l’avait trouvée irrita son courroux, et quelque vive que fût la peinture que Jean de Calais lui fit de son amour pour elle et de ses vertus, ce père sévère ne lui put pardonner d’avoir pris un engagement qui paraissait fort au-dessous de lui; il n’épargna rien pour l’obliger à l’abandonner : mais Jean lui protesta qu’on lui arracherait plutôt la vie, qu’il avait donné sa foi à la personne du monde qui en était la plus digne, et qu’il la lui garderait jusqu’au tombeau. Le vieillard plus irrité que jamais par cette résistance, le bannit de sa maison malgré les sollicitations des principaux de la ville qui s’intéressaient pour lui, et lui ordonna de ne plus paraître à ses yeux.
Jean de Calais sensiblement touché de l’outrage
ue son père faisait à sa chère Constance, se retira dns une maison qui était près du port, avec elle et sa fidèle compagne. Ces altercations, entre le père et le fils, ne purent lui être cachées, ; et elle fut sensible au mépris que le père de son époux parut avoir pour elle. Cependant elle ne se démentit pas ; toujours tendre, toujours fidèle, elle consola son cher époux ; et l’aniée de son mariage à peine finie, elle accoucha d’un fils qui fit toute l’attention de ce cher époux. Plusieurs années se passèrent sans qu’il put attendrir son père ; mais enfin étant pressé par des amis communs, celui-ci consentit à fournir à Jean de Calais de quoi équiper un second vaisseau, pour porter et établir un négoce éclatant avec les nations qu’il
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avaient découvertes, espérant que l’abgence et les
hasards lui feraient oublier et Constance et son fils. L’armement fut. bientôt prêt, et quoiqu’il flattât les désirs de Jean de Calais par l’espoir d'acquérir une
nouvelle gloire, il ne put voir arriver le jour de son
départ sans ressentir une douleur amère d’être obligé de se séparer d’une épouse et d’un fils qu’il aimait si tendrement.
Constance de son côté n’était pas plus tranquille ; les périls où s’allait exposer Jean de Calais, etla crainte qu’un fatal oubli ne la chassât de son cœur, troublèrent aussi son repos.
Elle répandait ses pleurs dans le sein de sa chère Isabelle, qui les partageait avec un zèle digne de l’une et de l’autre ; mais enfin l’amour offrit à Constance un moyen de retenir son époux dans ses chaines, et d’obliger son père à rougir du cruel traitement qu’il lui avait fait.