‹ Histoire de Jean de Calais [microforme]Chapitre 7 sur 19 · DEPART DE JEAN DE CALAIS · texte numérisé non relu

DEPART DE JEAN DE CALAIS

Elle cacha son dessein à sa fidèle Isabelle, craignant qu’elle ne Pen détournât. Mais lorsqu’elle vit qu’il n’y avait plus que peu de temps à s’écouler jusqu’au départ de son époux, elle se jeta à ses genoux en pleurant, en le priant de ne pas lui reïiuser deux grâces qu’elle avait à lui demander. Ce tendre époux la releva et l’embrassant avec les marques de l’amour le plus vif, lui jura qu’il était prêt à tout lui accorder. Je vous corjure done, lui répondit-elle, de me faire peindre sur la poupé de

votre vaisseau avec mon fils et ma chère Isabelle ; lorsque cela sera exécuté, et que vous serez au jour

de votre embarquement, je vous dirai la seconde grâce que j’exige de votre tandresse.

Jean de Calais ne trouvant rien dans cette demande qui ne flattât sa passion, en lui donnant occasion d’avoir sans cesse devant les yeux ce qu’il avait de plus cher, y consentit avec plaisir. Il employa à cet ouvrage les plus habiles peintres qu’il put trouver. Ils travaillèrent si promptement, qu’ils ne tardèrent pas son départ, et voyant le temps favorable, il en voulut profiter pour s’embarquer.

Alors la généreuse Constance l’accompagnant jusqu’à son vaisseau : Voici le jour, lui dit-elle les yeux baignés de larmes, où tu dcis accorder la dernière grâce que j’ai à te demander ; ainsi ne me refuse pas puisque tu me l’as promis. Tourne la poupe de ton vaisseau du côté de Lisbonne, et ÿa mouiller le plus a que tu pourras du château de cette ville ; c’est

à que tu verras à quel point je t’aime et quel sacrifice t’a fait mon amour.

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