‹ Histoire de Jean RacineChapitre 17 sur 60 · AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT

« Je désire qu'après ma mort mon corps soit « porté à Port-Royal-des-Ghamps, et qu'il y soit « inhumé dans le cimetière, au pied de la fosse de « M. Hamon. Je supplie très humblement la mère « abbesse et les religieuses de vouloir bien m'ac- « corder cet honneur, quoique je m'en reconnaisse « très indigne, et par les scandales de ma vie « passée, et par le peu d'usage que j'ai fait de « l'excellente éducation que j'ai reçue autrefois « dans cette maison , et des grands exemples de « piété et de pénitence que j'y ai vus, et dont je « n'ai été qu'un stérile admirateur. Mais plus j'ai « offensé Dieu, plus j'ai besoin des prières d'une « si sainte communauté, pour attirer sa miséri- « corde sur moi. Je prie la mère abbesse et les re- « ligieuses de vouloir accepter une somme de huit « cents livres que j'ai ordonné qu'on leur donne « après ma mort.

« Fait à Paris, dans mon cabinet, le 10 occ( tobre 1698.

« Racine. »

M. Hamon, après la mort de M. Lemaître, avait

pris soin des études de Racine. Son élève avait conservé le plus grand respect pour sa mémoire : voilà pourquoi il demandait d'être enterré à ses pieds. Ses dernières volontés furent exécutées. Son corps fut d'abord déposé dans le chœur de Téglise Saint-Sulpice, sa paroisse, où il passa la nuit : le lendemain, deux prêtres de cette paroisse l'accompagnèrent jusqu'à Port-Royal, et le présentèrent avec les cérémonies d'usaere.

Douze ans après, en 1711, Fabbaye de Port-Royal fut détruite, et la famille de Racine obtint la permission de faire exhumer son corps. Il fut transporté à Paris, dans l'église Saint-Étienne-du-Mont, dans l'arrondissement de laquelle se trouvait alors cette famille, et placé derrière le maîlreaiitel, en face de la chapelle de la Vierge, auprès de la tombe de Pascal. La pierre tumulaire sur laquelle était gravée l'inscription composée par Boileau, et que nous rapportons plus loin, resta longtemps déposée dans l'église d'un village (Magné-Lessart), et on la croyait perdue, lorsqu'on la découvrit en 1811 ; elle fut transportée à Paris et placée à Saint-Étienne-du-Mont, le 21 avril 1818, sur le tombeau de Racine. On ne peut sans attendrissement contempler ce précieux débris, et lire cette inscription à demi effacée qui rappelle à la fois l'amitié des deux poètes, la reconnaissance de Racine pour ses anciens maîtres , son sacrifice , ses

vertus, sa sainte mort, tous les souvenirs qui font admirer en lui le grand poète et Thomme de bien. Voici cette épitaphe, avec là traduction française, faite aussi par Boileau :

Hic jacet vir nobilis Joannes Racine, Francise ihesauris prsefectus y Régis a secretis atque a cubiculOy nec non unus e quadraginta Gallicanœ Academiœ vir, qui, postquam profana tragœdiarum argumenta diu cum ingenii hominum admiratione tractassef , musas tandem suas uni Deo consecravit, omnemque ingenii vim in eo laudando contulit, qui solus laude dignus est. Cum eum vitœ negotiorumque rationes multis nominibus aulse tenerent addictum, tamen in frequenti hominum commercio omnia pietatis ac i^eligionis officia coluit. A Christiano rege Ludovico Magno selectus una cum familiari ipsius amico fuerat, qui res eo régnante prseclare ac mirabiliter gestas prsescriberet. Huic intentus operi, repente in gravem ac diuturnum morbuni implicitus est, tandemque ab hac sede miseriarum in melius domicilium translatus anno œtatis suœ LIX. Qui mortem longe adhuc intervallo remotamvalde horruerat, ejusdem prœsentis aspectum placida fronte sustinuit: obiitque spe multo magis et pia in Deum fiducia expletus, quam fractus metu. Ea jactura omnes illius ami-

iU HISTOIRE

coSy quorum nonnulli inter primores regni eminehant, acerbissimo dolore perculit. Manavit etiam ipsum regern tanti viri desiderium. Fecit modestia ejus singularis, et prœcipua in hanc Portus Regii domum benevolentia^ ut in ea sepeliri voluerit, ideoque testamento cavit ^ ut corpus suum, juxta piorum hominum qui hic sunt corpora, humaretur. Tuvero quicumque es, quem in hanc domum pietas adducity tuse ipse mortalitaiis ad hune aspectum recordarCj et clarissimam tanti viri memoriam precibus potius quam elogiis prosequere.

« Ici repose le corps de messire Jean Racine,

« trésorier de France, secrétaire du roi, gentil-

« homme ordinaire de sa chambre, et l'un des

« quarante de l'Académie française, qui, après

« avoir longtemps charmé la France par ses excel-

« lentes poésies profanes, consacra ses muses à

« Dieu , et les employa uniquement à louer le seul

« objet digne de louange. Les raisons indispen-

« sables qui rattachaient à la cour l'empêchèrent

« de quitter le monde ; mais elles ne l'empêchèrent

« pas de s'acquitter, au milieu du monde, de tous

« les devoirs de la piété et de la religion. Il fut

« choisi avec un de ses amis par le roi Louis le

« Grand , pour rassembler en un corps d'histoire

« les merveilles de son règne , et il était occupé à

DE JEAN RACINE l*îo

( ce grand ouvrage, lorsque tout à coup il lut at- ( taqué d'une longue éternelle maladie, qui à la :( fin Tenleva à ce séjour de misère, en sa cinc( quante-neuvième année. Bien qu'il eût extrême- K ment redouté la mort lorsqu'elle était encore (( loin de lui, il la vit de près sans s'en étonner, et « mourut, beaucoup plus rempli d'espérance que (( de crainte, dans une entière résignation à la voce lonté de Dieu. Sa perte toucha sensiblement ses « amis, entre lesquels il pouvait compter les pre- <( mières personnes du royaume, et il fut regretté « du roi même. Son humilité et l'affection partice cuiière qu'il eut toujours pour cette maison de « Port-Royal- des-Champs, lui firent souhaiter a d'être enterré sans aucune pompe dans ce cimece tière avec les humbles serviteurs de Dieu qui y ce reposent, et auprès desquels il a été mis, selon (a qu'il l'avait ordonné par son testament. 0 toi ! a qui que tu sois! que la piété attire en ce saint ce lieu, plains dans un si excellent homme la desce tinée de tous les mortels; et, quelque grande ce idée que puisse te donner de lui sa réputation, ce souviens-toi que ce sont des prières, et non pas ce de vains éloges qu'il te demande. »

Louis XIV, informé que Racine ne laissait qu'une fortune médiocre, à peine suffisante pour soutenir une famille nombreuse composée de sept enfants, accorda à sa veuve une pension de deux mille

livres, réversible jusqu'au dernier enfant vivant. « Ma mère, dit Louis Racine, après avoir été faire les remerciements de cette grâce, résolue de vivre en veuve vraiment veuve, ne fut point obligée, pour exécuter le précepte de saint Paul , de rien changer à sa façon de vivre. » Renfermée dans son ménage pendant les trente -trois ans qu'elle vécut encore après la mort de son mari, occupée de l'éducation de ses enfants et des œuvres chrétiennes, elle perdit, par l'efF-t du système de Law, le fruit des épargnes qu'elle avait faites pour sa famille, sans perdre sa tranquillité et sa résignation ordinaire, et s'éteignit paisiblement en 1732, sans douleur et sans infirmité. La tante de Racine, la mère Sainte-Thècle, qui n'avait cessé de demander au Ciel le salut de son cher neveu, ne lui survécut que peu de mois. Cette sainte religieuse, entrée à neuf ans à Port-Royal , avant de connaître le monde, y avait passé soixante-cinq ans dans l'exercice des plus héroïques vertus et des premiers emplois de la communauté.

Le fils aîné de l'illustre Racine, que l'on croyait destiné à briller dans le corps diplomatique, sous la protection spéciale de M. de Torcy, ne profita d'aucun de ces avantages. Quelque temps après la mort de son père^ il donna sa démission de toutes ses charges et emplois, et renonça au monde et aux honneurs. Sans aller s'enfermer dans la solitude

du cloître, il se fit un cloître de sa maison, où il vécut solitaire et indépendant. Occupé des lettres et des sciences, mais pour son propre amusement et son instruction particulière, il ne songea point à étaler aux yeux du public les fruits de ses études et les vastes connaissances qu'il avait amassées par une lecture prodigieuse et de continuelles réflexions. Les manuscrits qu'il a laissés, et qui n'ont jamais été publiés, annoncent un caractère très prononcé, une morale sévère, un ton très ferme et une rigoureuse logique. Il mourut célibataire, le 31 janvier 1747.

Le second fils du grand Racine, Louis Racine, auteur des poèmes de la Religion et de la Grâce, a contribué par ses talents à Tillustration de sa famille : c'est lui qui a recueilli la succession poétique de son père. S'il est resté bien loin d'un si parfait modèle, il occupe un rang parmi les bons poètes, et il a laissé des morceaux qui ne sont pas indignes d'un fils de Racine. La gloire du théâtre le tenta dans sa jeunesse, mais il fut arrêté par l'impossibilité d'approcher de la perfection de VŒdipe de Sophocle et de VAihalie de son père. Cependant, vaincu par son goût pour la poésie, il s'engagea dans d'autres genres qui lui semblèrent plus faciles, et composa sur la grâce et sur la religion des poèmes didactiques. Prêt à publier le second de ses ouvrages, il consulta son frère aîné,

et en reçut une lettre foudroyante, dont nous allons donner un fragment fort curieux, où l'on verra comment le fils de Racine traite le métier de poète :

« J'avais renoncé à vous faire des critiques, « parce que cela me menait trop loin, et j'aurais « voulu seulement finir par une critique générale « du métier que vous embrassez. Je vous ai mandé « là-dessus non seulement ce que j'en pensais, « mais ce que j'en avais entendu dire toute ma « vie à gens plus éclairés que moi. Est-il ju-te de « vous laisser ignorer ce que pensaient des hommes « aussi sages et aussi sensés que l'étaient votre « père et M. Despréaux? et ne devriez-vous pas « même être ravi de trouver encore en moi le seul (( homme qui puisse peut-être vous en instruire? (.(. Ilsconnaissaientcertainementmieuxqued'autres « les dangers du métier, et votre père y avait, pour (c ainsi dire, déjà renoncé avant l'âge où vous « songez à l'embrasser. Mais je n'ai point du tout (( songé à vous faire entendre que je regardasse « votre ouvrage comme une chose qui pût jamais « vous déshonorer : tant s'en faut que je l'aie « pensé, que je suis persuadé, au contraire, qu'il « ferait la fortune de tout autre nom que le vôtre. « Votre projet vous fera toujours honneur, quelque « succès qu'il puisse avoir. Mais songez que vous « portez un nom dont la fortune est faite, qui ne

c( peut guère croître, et peut plutôt diminuer. « Parlons à cœur ouvert et comme des frères « doivent parler. Croyez-vous surpasser ou du « moins égaler votre père? Vous avez raison de « faire ce que vous faites; mais si vous vous défiez (( d'y pouvoir réussir, j'ai raison de vous donner « les conseils que je vous donne; et quand je vous « les donne, je ne le fais uniquement que pour <( vous épargner toutes les amertumes attachées « au métier que vous embrassez : et c'est pour cela « que je vous ai mandé qu'à votre place je me con- <c tenterais de cultiver pour moi et mes amis les « talents que le Ciel m'aurait donnés, et d'en faire « mes amusements innocents... »

Louis Racine ne crut pas devoir suivre les conseils de son frère, et il publia son poème, où, comme nous l'avons dit, on trouve des morceaux remarquables et dignes du nom qu'il portait. Il ne s'est pas moins distingué par son érudition littéraire que par son talent poétique. C'est un de nos écrivains les plus judicieux et les plus instruits. Imitateur de la piété encore plus que des talents du plus grand poète de France, il a surtout droit à l'estime des honnêtes gens pour avoir rappelé la poésie à sa première origine, en l'appliquant à la rehgion et à la morale. Il eut un fils digne de son père et de son illustre aïeul. Déjà son talent poétique s'était annoncé par des essais brillants : plein

d'esprit, d'imagination et de goût, le petit-fils de l'Euripide français promettait à la famille un poète de plus ; car les conseils du vertueux auteur d'Athalie avaient eu moins de pouvoir que ses exemples. Malgré tous ses efforts pour bannir la poésie de sa maison, elle y était restée comme dans son domaine; elle se transmettait, avec le sang, aux descendants de Racine; c'était une partie de leur patrimoine. A l'âge de vingt-deux ans , son petit-fîls joignait à la connaissance des langues grecque et latine celle de l'anglais, de l'italien et de l'espagnol; ses talents recevaient un nouveau lustre des grâces de la figure, de la solidité de son caractère, et d'une sagesse de conduite d'autant plus admirable qu'elle était prématurée.

Ce fut sans doute par une inspiration de cette sagesse qu'il résolut de se faire un état dans le monde. Persuadé qu'un négociant était plus utile à la société qu'un poète médiocre, et ne comptant pas assez sur les plus heureuses dispositions pour espérer d'atteindre un jour au premier rang, il eut le courage de sacrifier ses goûts les plus vifs à des occupations graves et raisonnables; il s'arracha des bras de ses parents en 17oo, et se rendit à Cadix. C'est dans cette ville fameuse par son commerce qu'il voulait se faire initier à tous les mystères du nouvel état qu'il avait dessein d'embrasser. Son père nous apprend lui-même qu'un de ses princi-

paux motifs pour s'adonner au commerce maritime était que les richesses amassées par cette voie n'étaient point celles de V iniquité : car la piété et la probité étaient encore plus héréditaires que les talents dans la famille de Racine. Un dessein formé dans des vues aussi louables devait avoir un succès plus heureux. Six semaines après l'arrivée du jeune Racine à Cadix, le 1^^ novembre 17oo, la ville éprouva une violente secousse de tremblement de terre, suite de celui qui, le même jour, et presque à la même heure, renversa Lisbonne. Cette secousse, n'ayant causé que très peu de dommage, n'empêcha point le jeune Racine de partir une heure après pour aller à un village éloigné de la ville de douze kilomètres. Le chemin par où il devait passer est une chaussée. Pendant qu'il était en route, la mer s'enfla prodigieusement, les vagues couvrirent la chaussée , et l'infortuné jeune homme fut submergé. En lui s'éteignait le nom de Racine! Quel coup affreux pour le plus tendre des pères et pour une famille dont il était l'espoir ! Il fut vivement regretté de tous ceux qui le connaissaient; et les poètes du temps (entre autres Lefranc de Pompignan et Lebrun) s'empressèrent de jeter des fleurs sur sa tombe. Personne n'a déploré ce fatal événement avec une éloquence plus pathétique que Louis Racine. On ne peut lire sans admiration et sans attendrissement ses réflexions douloureuses et

ses sentiments religieux sur la mort de son fils ; c'est le père le plus sensible qui parle , mais c'est aussi le chrétien le plus courageux :

« Un fils m'était cher, non parce qu'il était « unique, mais parce qu'il promettait beaucoup. « Obligé de travailler à sa fortune, il s'était déter- « miné, par un choix sagement médité , au com- « merce maritime, où les richesses qu'on peut « gagner ne sont point, comme il me le disait, « celles de Viniquité. L'espérance qu'il ferait une <( fortune honnête et en honnête homme m'avait « adouci la douleur de la séparation lorsqu'il partit « pour Cadix, où, à peine arrivé, il vient de m'être « enlevé par cet affreux tremblement de terre, « dont on parlera longtemps... Dieu me l'avait « donné. Dieu me l'a ôté. Oui, Dieu me l'a ôté, et « même par un de ces coups imprévus qui rendent « la mort terrible à tout âge, et surtout dans l'âge « des passions. Cependant la vertu de mon fils, « la bonté de son cœur, la droiture de ses senti- « ments, la sagesse de ses mœurs, tout me fait « espérer que Dieu l'a pris dans sa miséricorde, « et que c'est moi qu'il a frappé par ce grand a coup, afin que, me trouvant seul, je ne sois « plus qu'à lui, et que je passe le reste de mes « jours à implorer pour moi cette miséricorde, « que ne mérite point une vie si peu conforme aux « grandes vérités que dès ma jeunesse j'ai eu la

« hardiesse d'annoncer dans ma poésie. Puisse « raffliction dans laquelle je passerai le reste de « cette vie m'être utile pour l'autre ! Puisse cette « religion que j'ai chantée arrêter les larmes que « la nature veut à tout moment me faire verser « sur mon fils, et me faire verser les siennes « sur moi-même! » {Œuvres de Louis Racine,

En effet, après ce coup terrible, Louis Racine abandonna complètement le monde pour ne s'occuper que de sa fin dernière. Il vendit sa bibliothèque et une collection d'estampes qu'il avait pris plaisir à former; renonçant pour jamais à l'étude, il ne conserva que des livres qui pouvaient entretenir en lui le goût de l'autre vie , après laquelle il soupirait. La seule distraction qu'il se permît fut la culture des fleurs dans un petit jardin qujl avait loué au faubourg Saint-Denis. Il y recevait quelquefois ses anciens amis, dont la conversation avait le pouvoir de suspendre ses douleurs. Ce fut dans cette humble retraite qu'il accueillit Delille, qui désirait lui soumettre sa traduction des Géorgiques : (( Je le trouvai, dit Delille, dans un cabinet, au « fond du jardin, seul avec son chien qu'il pa- « raissait aimer beaucoup. Il me répéta plusieurs « fois combien mon entreprise lui paraissait auda- « cieuse. Je lis avec une grande timidité une tren- « taine de vers; il m'arrête et me dit : « Non seu-

« lement je ne vous détourne pas de votre projet, « mais je vous exhorte à le poursuivre. » J'ai (( senti peu de plaisirs aussi vifs dans ma vie. « Cette entrevue , cette retraite modeste , ce cabi- « net où ma jeune imagination croyait voir ras- « semblées la piété tendre, la poésie chaste et re- « ligieuse, la philosophie sans faste, la paternité « malheureuse mais résignée, enfin le reste véné- « rable d'une illustre famille prête à s'éteindre « faute d'héritiers, mais dont le nom ne mourra « jamais, m'ont laissé une impression forte et duce rable. »

Quelques atteintes d'apoplexie l'avertirent de sa fin prochaine, à laquelle il se préparait depuis longtemps en chrétien : la mort le frappa, sans le surprendre, le 29 janvier 1763.

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