LETTRE VII
Fontainebleau, 14 octobre 1693.
Je ne saurais m'empêcher de vous dire, mon cher fils, que je suis très content de tout ce que votre mère m'écrit de vous. Je vois par ces lettres que vous êtes fort attaché à bien faire . mais surtout que vous craignez Dieu, et que vous prenez du plaisir à le servir. C'est la plus grande satisfaction que je puisse recevoir, et en même temps la meilleure fortune que je vous puisse souhaiter. J'espère que plus vous irez en avant, plus vous trouverez qu'il n'y a de véritable bonheur que celui-là. J'approuve la manière dont vous distribuez votre temps et vos études; je voudrais seulement qu'aux jours que vous n'allez point au collège, vous pussiez relire de votre Cicéron , et vous rafraîchir la mémoire des plus beaux endroits ou d'Horace ou de Virgile, ces auteurs étant fort propres à vous accoutumer à penser et à écrire avec justesse et avec netteté
Il me semble que, dans une de vos lettres, vous
me demandiez la permission de faire présent d'une Aihalie à un chartreux. Vous le pouvez faire sans difficulté. Je suis seulement fâché de ne m'êtrepas souvenu plus tôt de vous en parler.
Le roi partira de demain en huit jours pour aller à Choisy, où il doit coucher deux nuits. Pour moi, j'irai ce jour-là tout droit à Paris, et j'espère que ce sera avec M. de Cavoie, qui commence à se mieux porter, et à qui M. Félix promet une prochaine guérison...