‹ Histoire de Jeanne d'Arc dite La Pucelle d'OrléansChapitre 22 sur 29 · CÉRÉMONIE COMMÉMORATIVE · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIE COMMÉMORATIVE

Mais j'entends retentir le canon : c'est que le cortège est arrivé sur le théâtre de la victoire de Jeanne. Je cherche les Tournelles, d'où rhéroïue chassa les Anglais ; je voudrais voir quelque chose du couvent des Augustins, converti en fort par les assiégeants. Quoi ! pas un vestige de ces monuments historiques ! Le niveau impitoyable a passé sur tous ces lieux mémorables. Pas une arca^ie, pas un créneau, pas ime pinrre n'a été conservée pour redire à la posiérité : ici, le Lis renversa le Léopard avec la main d'ime bergère.

Une croix ! le symbole est bien choisi pour perpétuer le souvenir de la jeune inspirée. Mais comme cette croix est mesquine ! rien de monumental ! pas un bas-relief qui parle de Jeanne !

Une croix! voilà seulement ce qui marque la place où la France ressaisit sa nationalité, alors que, presque réduite à l'impuissance p;ir les légions ennemies et victorieuses, elle semblait devoir toujours obéir à l'Angleterre, si Orléans n'eût pas été fidèle, et Jeanne envoyée par le Ciel.

Devant la croix, le pontife élève la voix; il remercie Dieu, « qui ne met jamais la confiance de « l'homme à de trop longues épreuves, et prête « toujours une oreille attentive à la prière, d'avoir « délivré Orléans de ses ennemis, et le conjure de « préserver à l'avenir la cité fidèle de nouveaux « malheurs (I). »

(1) Traduction de VOremus chanti' par l'oflldant devant la croix de Jeaniii! d'Arc.

DE LA DÉLIVRANCE o'ORLÉANS. 279

Autrefois, le Puceau^ monté sur une estrade dressée près de là, recevait pour Jeanne les hommages à la réconnaissance, et rendait le salut qui lui était donné par les autorités.

Cependant le cortège a repris sa marche vers la ville. C'est un tableau mouvant, diapré des couleurs les plus riches et les plus variées. La pourpre de la toge magistrale, le violet de la robe épiscopale, l'or et l'argent des broderies semées sur les uuiformes, le brillant des armes, se dessinent avec éclat sur le fond noir des habits de la vile.

Là se retrouvent le premier magistrat de la cour, le chef du département et celui de la cité, les juges criminels, civils et de commerce , les membres de l'académie universitaire et de l'école de médecine (1), l'état-major de la troupe et de la garde civile, les fonctionnaires des nombreuses administrations, le corps de ville, les juges de paix, les écoles, le collège. Donnez pour cadre à ce tableau vivant notre belle Loire, le panorama d'Orléans, se dessinant en amphithéâtre le long des quais, avec ses tours et ses clochers, le coté si poétique du Loiret traçant une ligne charmante à l'horizon, placez-le entre la somptueuse rue Royale, la poétique rue Ddupbine, et vous aurez le brillant de la procession du 8 mai.

Mais le retour est presque déjà effectué. La procession se déploie sur la place principale de la ville,

(1) Supprimés depuis \SitS.

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