CHAPITRE XXXI
Le royaume français fonde tu lene >>aiuie. (108^1187.)
I>anB le titra que nous Tenons d^écrlra , nous appelons français le royaume fondé au paya de Jérifôalem par les armées chrétiennes. Que les aulres nations de TEurope qui ont pris part à Timmense mouvement de la eroîsade
, nous pardonnent ce patriotique orgueil. Le royaume élabli à la lin du xi" siècle dans l'ancienne contrée de David et de Salomon lui un royaume français, parce que la France eut la gloire d'entraîner sur la roule du saint tombeau le reste du moiido ruropcen, parce que c'est ia . France qui fournil ie plus d'honinies et de gucrriei's illustres à la cause de la croix, et surlout parce que tous les rois de Jérusalem rodovenue chrétienne appartenaient à notre nation. Le nom de Franc qui, dans les lauf^ues de rOrienI, désigne les peuples de l'Europe, est un souvenif glorieux de ces époques où, pour les nations asiatiques, l'Occident, c'était la France. Notre pays, en se plaçant il y a sept siècles à la tête de la révolution des croisades, s'était constitué le défenseur de la civilisation moderne
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* et avait saibi cet empire inlcllecluel qu'il n a point pcrJu. Le règne de Godcfi-oiil, qui avait refusé do poi icr uae couronne d'or en face du Calvaire, et s'était conlciilé du titre de baron du Saint-Sépulcre» dura un an à peine; mais coHibien il fut rempli! Kuslacho de lioulogne, les deti\ l'ioljcri el les chevaliers de leur suite élaienl rclonrnés à la contrée natale; Raymond de Toulouse occu[)ail la principauté de Laodicée, dont l empereur Alexis lui avait fait présent; Godefroid n'avait pour Taider à défendre son royaume , que Tancrède et trois cents chevaliers. Mais ce qui protégeait ce laiblc royaume, c'était l'épouvante qu'avaient jetée au loin les exploits des guerriers chrétiens. Ascalon, Césarée, Plolémaïs étaient mieux. fortiQécs que Jérusalem , et les émirs de ces trois villes envoyaient des députés supplier le due irès-glorieux H magnifique di laisser sortir les habitants pour leurs affaires en paix et séctirité; les députés des trois émirs lui oflVaient de bons chevaux et de bons mulets, et annonçaient qu'un tribut mensuel de cinq mille besants lui serait payé. La conquête de la Galilée par Tancrède , érigée à son profit en principauté, avait reculé les limites du royaume; les Arabes des rives du Jourdain avaient admiré la bravoure de Godefroid et la force de son bras qui abattait d'un coup d*épée la tète des plus grands chameaux.
L*éjtablissement et la dotation des chanoines dans la basilique du Saint-Sépulcre et dans la mosquée d'Omar convertie en église, la fondation dans la vallée de Josaphat en faveur des moines qui avaient célébré les offices au milieu des travaux et des périls de la croisade , furent les premiers actes du pieux Godefroid; et cependant les prétentions ecclésiastiques tracassèrent le roi de Jérusalem déjà suffisamment préoccupé au milieu d*un pays en* i)emi. Un chapelain du duc de Normandie, Àraould de Rohes, homme lettré, fort habile, fort rusé, ei chansonné durant le pèlerinage pour ses mœurs équivoques (i), était
(!) Gaillaume de Tjr, livre IX.