CHAPITRE VII
le sacriGce de ses pierres prét ienses. Ce pieux empressement, ces élans soudains de gén( rosité, ctaienl de bon augyrepour rexéculion du vaste dessein depuis longtemps médité ; David eut le cœur joyeux ; il en bénît Dieu en présence de la multitude asseinblée.
f Soyez béni , Seigneur Dieu d'Israël , s'écria le vieux I roi; c'est à vous qu'appartiennent la gloire et la gran- • deur, la victoire et la puissance; à vous la louange; le I ciel et la terre sont à vous ; vous èle? au-dessus de tous t les dominateurs. Qui suis-je? et mon peuple, qu'est-il , f pour que nous puissions vous promettre ces choses? c Tout vous appartient , et nous ne faisons que vous ren- € drece que nous avons reçu de vos raaius. Nous sommes € devant vous des voyageurs et des étrangers comme Tout ff été nos pères ; nos jours sont comme Tombre 8ur la t terre et nous ne faisons que passer. Ces biens, que nous c résenrons pour votre demeure, ont découlé de vos % mains. Je sais, ô mon Dieu! que vous sondez les cœurs, t que vous aimez la droiture, et c*estdaos la droiture de c mon cœur que je vous olTre joyeusement tous ces tréc sors* et j*ai vu avec une joie vive mon peuple, qui est I lè« vous offrir ses dons. Seigneur Dieu d'Abraham, f dlsaac et de nos pères d*lsraël, maintenez toujours « mon peuple dans ^es pensées; faites qu*il conserve f éternellement cette vénération pour voire nom; donnez 4 à mon fils, Salomon , un cœur parfait, pour qu'il garde € vos commandemqiQts , vos lois , vos cérémonies i etqu*il f bitisae le temple dont j*ai amassé les matériaux (i)! »
Quel noliie et touchant spectacle que celui du vieux roi David au bord du sépulcre , remettant à son fils Salomon le plan du temple du Seigneur, Idi retraçant tout ce qu*ii a ûiif tout ce qu'il a préparé , médité pour Tœuvre sainte dont Taccomplissement ne doit pas lui appartenir , s'assarant^e Taide des anciens et des principaux du royaume» et contemplant le trépas sans murmure, heureux de la
(i) Paralipomènes, lîv. I. ch. 2t>.
84 HISTÛiRB DE lÉRUSALEU.
pensée que la main de son jeune fils élèvera au Seigneur un nioiuuijt'ul digne de sa majesté éternelle!
L'assemblée bénit le Seigneur, le Dieu de ses pères; tous s'inclinèrent, adorèrent Dieu , et se prosternèrent aux pieds du roi. Le iendcaiain , des sacrifices' furent oÛerls, dans le Inii de consacrer , par une sanction religieuse, les serments cl les promesses de la veille; on immola mille taureaux , mille béliers , mille agnennv , on fil les libations accoutumées; les grands et le peuple mangèrent de ces hosties dans un grand banquet. A la lin du jour , Salomon reçut une seconde fois l'onclion royale, ei Sadoc ronction pontificale, pour imprimer à celle double royauté politique et religieuse un caractère plus légitime, plus inattaquable.
David, sentant qu'il allait eolrer dans la voie de la mort qui attend toute créature , fil venir Salomon et lui donna • ses inslruclions dernières. Après de pieuses et salutaires exhortations, après d'utiles conseils pour bien gouverner, David, que la sûreté et le repos du royaume occupaient toujours , signala à son fils deux personnages dont il l'engageait à se débarrasser : Joab, le meurtrier d'Abner et d'Âmasa , récemment complice d'Âdonias, et Séméi , cet homme de la famille de Saiil^qui avait insulté et maudit David sur le chemin de Baharim, quand le roi fuyait devant Àhsalon. On peut s'étonner d*abord de trouva de semblables avis dans la bouche de David, à rapproche de la tombe qui d*ordinaire n'inspire que des pensées de paix ; mais Tâme» naturellement bonne , dn vieux roî se roîdissait et 6*armait d*éoergie à la vue des difficultés qui menaçaient la stabilité de son œuvre monarchique. Dans ses adieux » son fils et à la vie, il ne manqua pas de recommander au jeune roi les enfants du vieux Berzella! de Galaad, cet homme d*au delà le Jourdain , dont Thospitalité avait été si précieuse au monarque fugitif.
Le roi mourut dans une bonne vieillesse plein de
(J) In scncclule bond, l'aralipomèiies, liv. 1, ch. 20, vei'S. 28.
CliAPlTUE VII.
Ho
jours, de richesse et de gloire; il éiail âge de soixante et dix ans tel quelques mois; son règne avait duré quarante ans;se|>iansàHébron, et trcnle-trois à Jérusalem. I/époque de sa mortes! placée dans Tannée 1014 avant Jésus-Christ. David fut enseveli à Jérusalem , in civitate. Ce sépulcre était magnifique, s'il faut en croire l'historien Josèphe ; le tombeau de David avoisinait son palais sur le mont Sion ; anjourd'hui le Toyageur ne Iroave plus ni la demeure de ee grand homme pendant sa vie, ni sa demeure après sa mort; Tétroile et funèhre grotte qn*on montre*, sur remplacement de l'ancien cénacle* u*a point satisfait notre curiosité historique. Hais on ne foule pas cette mon. tagii e de Sion sans respect et sans émotion pieuse , car la terre où Ton marche a pu se mêler à la poussière du roi à qui Dieu avait donné le génie , et dont il avait faille confident prophétique de la Rédemption 1