CHAPITRE VUI. M
c N'êtes-voiis pas louLe mon ospcrance? Délivrez-moi de I toutes mes fautes; ne me rendez pas le jouet de linsensé. c Jemcsuistu , je n'ai point ouvert la bouche, car rien ne c se fait sans votre ordre. Dét ournez de moi ces fléaux, t Seignear, j'ai défailli sous le poids de vos bras.. . 0 mon f Dieu! vous nous rqirenez, vous nous châtiez pour nos ( ptévaricatioDS ; vous desséchez notre âme comme Taraifgnéosnr sa toile. Donc , trouble et vanité, voilà tout I rfaomme. Seigneur, exaucea-nous, entendez mes cris, ne I soyez pas sourd à la voix de mes sanglots ; daignes mW « courager, car je suis ici-bas un étranger et un voyageur
< ainsi que tous nos pères. Pardonnei-moi, hisseï-inoirest pirer un peu avant que je m'enaîlle. Hélasî bientôt je ne
« serai plus (i) ! »
Voyez quelle peinture du ciel et de la terre, dans ce cantique de louange el d'adoration :
€ Bénis le Seigneur, o mon âme ! Seigneur, o mon Dieu!
< que VOUS êtes miraculeux dans votre magnificence ! Vous . « VOUS éles revèm de gloire et de beauté ; vous vous èles
t enveloppé d'un manteau de lumière. Vous ave7. déroulé « le ciel comme une tente d'aïur ; ks déluges demeurent « suspendus à vos pieds ; les nuées sont votre char; vous t voie» sur Faile des venU. Vos ftnges sont agiles comme i l'aquilon; VOS messagers Sont ardents comme la flamme, c Vous avez affermi la terre sur ses fondements , et les sièt des des siècles ne l'ébranleront pas ; l'abîme l'enserre « comme un vêtement. Au-dessus des monts planenlles I eaux; Seigneur, voire menace les disperse; à la voix de € votre tonnerre, elles frissonnent d'épouvante ; les somf mets s'élèvent , les vallées s'abaissent , el les eaux se rec tirent dans lelit que vous leur avez creusé. Vous leur « avez fixé des bornes qu'elles nepasseront point ; elles ne € reviendront plus submerger le monde. Vous conduisez • les sources dans les vallons, vous les dirigez eniro les € montagnes ; les bôtes sauvages viennent s*y désaltérer, et
(I) Psaume 38.
0i HISTOIRE DE JÉRUSALEM.
c Tonagrc y ctanche sa soif ; sur les bords habilenl c les oiseaux du ciel, Us chaulent les hymnes sous leur
< toit de ramée. Seigneur, de vos réservoirs intarissables t vous arrosez les hauts lieux; de voire main vous prodi- € guczles fruits; vous faites croître l'herbe pour les trou- € peaux, et les moissons pour l homuic; vous tirez de la € terre le pain qui le nourrit et le vin qui réjouit son cœur;
< vous lui dounez Thuile de parfum qui embellit ses traits, I et le pur froment qui le soutient ; tous arrosez les arbres
< des forêts et les cèdres du Liban que voas ayez plantés ; f là sont les nids des oiseaux ; Taire de la cigogne se bac lance au faite des sapins ; les pins des montagnes sont la f demeure du chamois , et la mousse des rochers, la ref traitedu hérisson. Seigneur, vous avez créé la lune pour c mesurer les temps ; le soleil connaît le moment de son f coucher. Vous répandez les ténèbres, et voilà la nuit; f alors les Lètes faiivcs se glissciil dans Tombre; leslionc ccaux rugissent a|)iès kur proie, eidemaudentàDieu leur c pâture. Le soleil se lève , et les animaux se retirent ; ils « s'enfoncent dnns leurs repaires. L'Iionmio sort i)our le € travail, et sa tâche dure jusqu'au soir. Seigneur, ^uc vos c oeuvres sont sublimes! etc. (i). »
Les chants de David auront toujours un grand charme pour les esprits élevés et religieux, pour lésâmes tendres; on y sent , on y prie , on y espère , on y contemple la subli* mité de Thomme erié unpeu aa-d^êitm des angeê, de Thomme pour qui Tunivers a été fait ; on y contemple aussi sa misérable destinée , qui le ,fait comparer aux choses les plus viles et les plus fugitives d*ici-bas. La majesté, la bonté du Créateur éclatent dans les cantiques d'Israël; nous y trouvons Dieu, Dieu parlouL comme dans le monde: « Où me « cacher à votre esprit ? où fuir vos regards? s'écrie le barde € inspiré; si je m'élance vers \c6 cieux, vous voilà î vous t voilà si je m'enferme dans l'abtme ! si je prends les ailes
(i) Psaume 102. Nous avons adopté pour ces deas morceaux la traduction de M. Dargaud.