‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 110 sur 113 · FAITS · texte numérisé non relu

FAITS

Il Vers les dix heures du matin du dimanche 8 du courant mois d'octobre , deux bâtimcns s'approchèrent du rivage de cette commune du Eizzo , desquels débarquèrent avec la rapidité oe l'éclair, et avec une évidente infraction des . lois sanitaires, trente personnes presque toutes armées de fusils et de pistolets. Des cris de vice le roi Joachim ! partaient de leurs rangs, et l'une de ces personnes, qui fut ensuite reconnue pour être Joachim Murât, prof^ait le même cri , se proclamant ainsi lui-même , et excitant les autres, 11 se montrait partout , sur la plage , sur la route et sur la place du Piazo , afin d'être reconnu. Lorsqu'ils furent tous arrivés au Pizzo , sans avoir discontinué leurs cris , Murât s'adressa à quelques légionnaires pour qu'ils fissent Lattre la générale , et que tout le monde se réunît à lui pour aller arracher le a6.

drapeau royal qui flottait sur le fort et y subs^ tihier celui qu'il avait avec lui. Il annonç|it à lout le monde qu'il venait rcoccuper soq royaume , et que ce n'était plus à S. M. Ferdînaiid IV, mais bien à lui, que l'on devail obéissance.

" Les efforts de Murât et de ses compagnons ne purent séduire personne , et les habitansi s'arraèrcnl et se réunirent aux légionnaires pour s'emparer des hauteurs , et s'opposer ainsi par la i"ort;«|aux démarches ultérieures que Murât aurait pli tenter. Lorqu'il s'aperçut des dispositions du peuple, il s'empressa de se diriger avec sa troupe sur la route supérieure ; niais à peiw ■ eut-il dépassé les habitations , que des coups de ' fusil tirés de la partie qui dominait cette roule l'obligèrent à changer d'avis et à se rendre en , triuLe hâte au bord dé la mer, dans l'intention de se rembarquer avec ceux de sa suite qui purent le suivre , les autres s' étant cachés dans les vallons. Quoique attaqué de tous les côtés, ^ il parvint au rivage ; mais il n'y trouva plus les moyens de salut qu'il y avait laissés , parce que ses bâtimens s'étaient éloignes. Ayant aperçu un bateau sur le sable , il essaya vainement de le lancer à la mer pour se soustraire à ceux qui le poursuivaient ; mais des marins l'en empêchèrent et l'arrêtèrent. I! fut emprisonne aus-

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^tôt avec ses compagnons • dont le nombre * était de vingt-huit , tous Corses de naiissance , elflpiis pris les armes à la main : un d'eux avait ' perdu la vie par un coup de fusil.

« Murât a déclare que ,* la nuit du 28 septembre dernier , il ëtait parti d* Ajaccio avec ceux de sa suite pour se rendre à Trieste , et aller rejoindre sa famille; qu'assailli et ballotté par une tempête , et son bâtiment ayant beaucoup souf * fert , il se trouvait dans la nécessité d'en changer et de se munir de vivres , ce qui lui fit prendre la détermination de débarquer sur cetljLCôte.

« Parmi les papiers qui ont été tFwv^és sur les prisonniers , on a renmrqué deux soi-disant jjÉlécrets de Joachim Murât , par lesquels , sous les dates des 25 et 27 septembre dernier , s'investissant du titre de roi des Deux-Siciles , il conférait des grades et des honneurs à Jean Moltedo et à Pierre Pemice , tous les deux de sa suite.

« Dans une lettre écrite en date d'merpar M. l'intendant de Cosente au général Nunziante , on remarque que y le 7 octobre , Murât avait tenté de débarquer sur les côtes de Saîifte- Lucie , et que , poursuivi par la force publique, il avait Jaissé deux de ses compagnons sur la place.

« Considérant que Joachim Murât , apcès

4o8 DEUXIÈME PARTIE.

OU presque en flagrant délit, pour des provocations ou diîs actions commises dans des lieux publics, ayant pour objet d'exciter le peunjpà se révolter contre le gouvernement; '

« Considérant que les attentats dont Joachîm Murât a été déclaré coupable sont prévus par les articles 87 et gi du Code pénal, ainsi conçus:

«Art. 87. L'attentat ou complot qui aurait pour but de détruire ou de changer le gouvernement, ou l'ordre de successibilité au trône, ou qui tendrait à exciter les citoyens et les habitans à s'armer contre l'autorité royale , sera puni de ^ peine de mort, avec la confiscation des biens.

" Art. 91. L'attentat ou complot qui aurait pour but d'exciter à la guerre civile , en armant ou induisant les citoyens et les habitans à s'armer les uns contre les autres, ou de porter la de'vastation et la guerre dans une ou plusieurs communes , sera puni de mort, avec la confiscation des biens de ceux qui s'en seront rendus coupables.

«i La commission a décidé et décide que les dispositions de ces articles sont applicables à Joachim Murât.

« Par ces motifs , à la même unanimité , l'a condamné et condamne à la peine de mort , avec la confiscation de ses biens.

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