‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 34 sur 113 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

en danger, ne soient tranchés par le.

dernier hussard, ou par la lance de qw sérable cositaque. Continuons donc la tâche ingrate que nous nous sommes imposée.

Après la capitulation du général prussien Blucher,,un armistice avait été signé à Gharlottembourg, et le grand*duc de Berg, avec une partie de la cavalerie de réserve , s'était mis en marche pour se rendre à Berlin. Mais Tarmisr tice n'ayant pas été ratifié par le roi de Prusse fugitif^ et Tarmée russe s'étant approchée des frontières . de la Pru^e, Napoléon ne put se idissûniiler qu'une nouvelle guerre était inévitable : il résolut d'en porter le théâtre en Pologne, où les habitans, fatigués de la domination des puissances qui s'étaient partagé leur patrie, recevraient les Français avec enthousiasmé. Le Polonais, comprimé, mais non soumis , n'attendait que l'occasion de ressaisir ses droits. En peu de temps une armée nationale se trouva sur pied ; et. comme il fallait aider le moaTément des Polonais, Murât fut chargé de cbasser les Russes qui. occupaient Varsovie » et d'entrer dans ^ cette capitale. A l'approdhe de la cavalerie française, les Russes, brûlèrent le pont sur la Vistule qui sépare Varsovie du faubourg de Praga , et se retirèrent. Murât entra ,

le 28 novembre au soir, dans cette grande ville,

u avec les plus grandes démonstra*

Aussitôt après, les troupes sous ses ordres se précîpitcreot en avant pour suivre le mouvement rétrograde des Russes. La rupture du pont ne put les arrêter; elles passèrent laViiStlulèi la nage> çt s-emparèrent de Praga.

Les combats de Pultusk et de Grolymin fiirent les plus rudes engagemens que les Français en^ rent à soutenir à leur entrée en Pologne. Murât se trouvait à celui de Golymin , où , de concerÉ avec les maréchaux Dàvoust et Augereatf , il attaqua le corps russe du général Bu:shoerwd€!n: les Husses ^e défendirent avec opiniâtreté , et le combat dura jusqu'à onze heures dû soir; il fut décidé par les charges de cavalerie que Mùrat conduisit avec sa bravoure accoutumée.

La rigueur du frqid c?ontraignit ensuite- )c« deux armées à prendre des quartiers d^hiver-, et ce ne fut que le f" février 1807 , tJuc'Tfâ^ poléon ordonna un mouveitîètit eik avati%*'dë la: ligne qu'il avait prise. Ce thème jour Mtiriit rencontra une avant-garde russe à quelqiiîé âi^

taocttde^YMl^^^l^^ï'gî îlï*^ chai-ger cette froUj^ par plusieurs colonnes de sa Cavalerie, ïà tutbuta et entra dans Passenheim.

Quelques autres combats de cavalerie^ où Murât eut toujours l'avantage , précédèrent là

bataille d'Ëylau, qui eut lieu le 8 fcdu|h)è§ la veille, Tavant-garde française en'étan^enuc aux mains avec Farrière-garde russe : le combat avait été aussi opiniâtre que meurtrier; etMes Français ne parvinrent à s'établir dans Eylau qu'à dix heures du soir«

A la pointe du* jour du 8 février, Tarnlée russe , forte de quatre -vingt mille hommes, parut en colonnes serrées , à demi r- poirtce de canon d'Ëylau , ayant sur son front une artill^urie formidable. Les Français soutiennent le choc-, et opposent aux Russes rartillerie de la garde impériale. La mort vole dan^ tous les ramgs, et le carnage ne cesse un instant que lorsqu'une neige épaisse vient obscurcir le ciel , et couvrir les deux armées. Alors la tête de colonne du maréchal Augereau perdit sa direction. Au bout d'une demi -heure Napoléon put s'apercevoir de la déviation du corps d' Augereau , et pour y remédier , il ordonna à Murât de se mettre à la tête de quatre divisions de cavalerie, soutenues par celle de la garde , sous les ordres du maréchal Bessières, et de tomber sur le flanc droit de l'armée ennemie. Cette manœuvre fut exécutée avec autant d'audace que de précision, li'infanterie russe , chargée impétueusement , fut jCulbutée , et perdit une partie de l'artillerie qu'elle aVait sur son front; la victoire fut dé-

Il8 l-REniËHE PAHTIE.

cid«. I* lendemain, Mnrat poursuivit l'enfiënii' pendant près de dix lieues , et ne s'arrêta qu'à une demi-lieue de Kœnigsberg.

Napoléon attribua à Murât le gain de la bataille ; mais Augereau et Lannes lui disputèrent cet honneur, sî chèrement acheté par les troupes sous leurs ordres. Le mécontentement que ces deux maréchaux témoignèrent hautement à l'em-j pereur , fut , dit-on , cause de la disgrâce qu'ils encoururent alors, et qui les fit éloigner da' théâtre de la guerre. Il serait plus juste et plusraisonnable d'attribuer leur absence de l'armée à la maladie dont Lannes était attaqué , et à 1^ i blessure qu'Augereau reçut dans cette sanglant^ , journée. .j

Après la bataille d'Eylau , i'armée français*; reprit sesquartiersd'hiver ; mais Murât ne resta pas oisif. Il fut chargé de nettoyer la rive droite de l'Aile des cosaques qui l'infestaient ; ce qu'il exécuta, en faisant quelques centaines de pri^r sonniers.

Pendant que l'arme'e française était daos cantonnenirens , de nouvelles négociations aveÉ' la Prusse et la Russie avaient été entamées; mais elles n'eurent aucun résultat définitif ; et dès les premiers jours de mai, les Russes attaquèrentles lignes françaises dans les retranchémens dé

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