CHAPITRE II. ^ * l6î
il augmenta la garde royale de deux ré^mens , et la reorganisa complètement; il fit aussi de nouvelles levées qu'il réunit en plusieurs camps autour de la capitale. En peu de temps, ces jeunes troupes reçurent l'organisation et la discipline, qui entrent pour beaucoup dans le succès des armes; çt comme les bons officiers font' les ^ bons soldats , Joachim plaça dans les cadres de ses troupes un grand nombre d'officiers français, auxquels il arccorda l'avancement d'un grade. La plus grande activité régnait dans les arsenaux, ainsi que dans tous les établissemens militaires. Aux troupes de ligne composant sa garde, Joachim ajouta encore une garde d'honneur, composée des fils des plus riches seigneurs,, propriétflires et négocians de son royaume. Ami du faste et de la représentation, il passait de fréquentes revues , ^touré de cette garde magnificjuement habillée, 'et cherchait à exciter,, par l'appât des titres et des récompenses, l'ardeur des ôfïiciers et des^ soldats. La capitale , devenue le centre de tous les prépanpfs de défense, res-
semblait 9^ une ville de guérite : jamais les Napolitains n*avaient vu tant d'activité dans leur ville ; tout lé monde y était en mouvement. Il paraissait difficile ^e les Anglais pussent surprendre un ennemi qui se tenait aussi bien sur ses gardes.
Toutefois, l'expédition anglaise mit à la voile
l6a . DEUXIÈME PARTIE.
des ports de la Sicile , et les vigies napolitaines la signalèrent le 12 juin. Elle se composait de deux cents voiles, dont deux vaisseaux de ligne, cinq frégates, plusieurs bricks et cuttejrs^ et un graad nombre de chaloupes canonnières; les transports formaient le surplus. Ils avaient à .j|l bord quinze mille hommes de troupes de débarquement j moitié Anglais , moitié Siciliens* ILy avait en outre un grand nombre d' officiera à la suite, brevetés par le roi Ferdinlnd, dont la { mission était d'insurger les points où ils débarqueraient , et d'enrégimenter les habitans , que l'on supposait, prêts à se lever en masse dès l'apparition de la flotte.
Cette apparition causa d'autant plus d'inquiétude à Naples, qu'elle coïncidait avec la retraite du ministre de la guerre, en qui les Napolitains avaient mis leur confiaiu:e. Salicetti venait de quitter les affaires publiques , parce que Napoléon avait exigé que le portefeuille de la ^erre lui fût retiré, en lui disant à lui-même : «r Quand un roi réflk dans des mains telles que « les vôtres deux ministères aussi impbrtaos <pie «'Celui .de la police et celui de la guerre, ii^ab- « diqjue. » Malgré ces paroles flatteuses, Salicetti n'en, fut pas moins fâché .de se iipir enlever le département de la guerre , et il s'éloigna 4ie la capitale. Mais dès qu'il apprit que le danger