‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 64 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

coutures étaient également brodées en or^ et des bottines de peau jaune cofl^raient ses jambes. Sa tête était ombragée d'un grand chapeau ayant une large bordure en or ^%t garni de plumet blanches d'autruche flottantes , au milieu desquelles ^'élevait une magnifique aigrette de héron. Son cheval était couvert d'une hbusse tr^unante bleu de ciel , brodée en or ; la bride était fort riche : la libelle et les étriers doré» étaient de forme hongroise ou turque. Aip9i habillé et équipé^ Murât fixait tous les regards: sa taille , sa figure , ses beaux yeux bleus , se& grands favoris y ses cheveux noirs , dont les boucles toipbaient sur son collet » contribuaient 1 beaucoup ^ le r^adre bien remarquable

C'est ainsi qu'il se présenta dans les faubourgs de Moscou : là^ un armistice ayant été conclu entre l'avant^^arde française et les chefs des cosaques , pour l'entière évacuation de la ville , Murât se trouva , pendant deux heures , au milieu des cosaques qui l'entourèrent avec respect, et ne cessèrent de témoigner leur admiration pour un. gueraîer aussi intrépide; et Tun d'eux l'appela mon Heitman. Murât jouissait de cet hommage, et ne voulant pas perdre une occasion aussi favorable pour faire parler de lui dans les bivouacs de ces barbares , il leur distribua d'abord tout l'cur qu'il avait sur lui , puis celui qu'il

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puisa dans la bourse des officiers de son état^ major ^ et enfin fflars montres et la tienne itléme. Sa générosité excita de grands transports parmi ces cosaques a^des , et elle ne resta pas onéreuse aux officiers qu'il avait mis à contribution : il rendit plus qu'il n'avait emprunté.

Au bout du temps convenu , Murât et la longue colonne serrée de sa cavalerie envahirent Moscou, qui n'était p^us qu'unegrande solitude. Il arriva au Kremlin, gardé par quelques misérables armés qu'il fallut rejeter de côté pour entrer. Ciaq cents recrues moscovites, oubliées sur la place du Kremlin , se dispersèrent aussi à la première sommation. Un peu plus loin, il Ihteignit un convoi de vivres^ dont l'escorte jeta aussitôt ses armes. Plusieurs milliers de traînards et de déserteurs ennemis restèrent volontairement au pouvoir de Favantrgarde.

Murât, que le Kremlin n'avait arrêté que quelques instans , disperse cette foule qu'il méprise. Ardent , infatigable comme en Italie et en Egypte , après neuf cents lieues faites , et soixante combats livrés pour atteindre Moscou, il traverse cette cité superbe sans daigner s'y arrêter ; ets'acharnant sur Farrière-garde rosse, il s'engage sans hésiter sur le chemin de Voladimir , en Asie. Plusieurs milliers de cosaques , avec quatre pièces de canon , se retiraient dans

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