‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 65 sur 113 · CHAPITRE IX. â · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. â

cette direction , et là devait c^ser l'armistice. M urat,fatigiié par cette paix d'une demi-journée, ordonne de la rompre à coups de c«')rabine , et de mettre en fuite ces mêmes cosat^ues que , quel-* ques instans avant ,^ il avait comblés de ses donsw

Durant l'affreux incendie de Moscou , Murat habita l'hôtel du comte Razomowskî , où il accueillit avec humanité un grand nombre de malheureux que l'incendie et le pillage avaient réduits à la dernière extrémité : ils y trouvèrent non-seulement un asile assuré, mais encore des soins et des subsistances. La cavalerie sous ses ordresi était campée près de Winkowno , et le reste de l'armée formait un cercle autour de la ville. Bientôt il accourut lui-même à l'avantgarde, afin de suivre la marche tortueuse du général en chef russe, qui avait réussi à lui faire perdre ses traces ; mais ce ne fut qu'au bout de trois jours qu'il put s'assurer que Kutusow s'était jeté sur la route de Kalouga. Il s'en approcha alors pour observer ses mouvemens , et écrivit plus d'une fois à Napoléon qu'une nouvelle bataille devenait nécessaire. Dans les derniers jours de septembre , Murât eut un engagcïnent avec la cavalerie de Kutusow; mais il fut l>ien moins important que celui du 4 octobre ,

vers Czerikowo. Là , le général russe Miloradowitch, serré ae trop près, se retourna avec fureur, et revint avec douze mille chevaux sur la division du g'énéral Sébastian! ; il la mit dans .un grand danger : heureusement l'arrivée des troupes sous les ordres de Poniatowski rendit la supériorité aux Français ; la cavalerie de Murat repoussa le général russe.

Ce fut le lendemain de celte affaire que Napoléon se décida à envoyer le général Luuriston auprès de l'empereur Alexandre. La guerre ("ut aussitôt suspendue, mais l'entrevue que Lauriston demandait n'eut lieu entre lui et Kutusow qu'après des retards que les généraux russesmirent à profit pour tromper Murât. Il signa avec eux un armistice qui devait lui être fatal , puisqu'il suffisait de se prévenir réciproquement trois heures d'avance pour le rompre, ot qu'il n'existait que pour le front des deux armées.

On s'est plu à écrire que dans les premiers-! jours de l'armistice, Murât, flatté .des égard) que les officiers russes lui témoignaient , et plus Ciîcore de l'admiration que sa pré.sence excitail chez les cosaques, avait eu l'idée de devenir un nouveau Maz-zepa , le roi d'une nation nouvelle, belliqueuse et infatigable comme lui. Murat, roi des cosaques, eût sans doute été un

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