‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 76 sur 113 · CHAPITRE XII. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. a

des cris de joie ; toutes leurs colonnes se sont mises en marche : c'est à qui arrivera lé premier aux portes, à qui entrera le premier dans Leipzig. C'est en vain que Napoléon a voulu épargner à cette ville les desordres qui la menacent; tout arrangement préliminaire a été refusé. Cependant, malgré les vives attaques des alliés, nous conservons intacts derrière nous les boulevards circulaires et la vieille ville, et nous pouvons tenir long-temps encore dans cette position. Napoléon , en passant sur le grand pont de l'Elster par lequel le* boulevards débouchent sur le faubourg de Lindenau, appelle encore une fois l'attention des officiers du génie et de l'artillerie sur ce point essentiel dont il faut s'assurer. On ne devra le faire sauter que quand notre dernier peloton se retirera de la ville et qu'il ne restera plus que cet obstacle à opposer à l'ennemi. Les sapeurs se placent aussitôt sous le pont pour commencer les travaux de la mine. Après avoir donné ces derniers ordres , Napo^ léon traverse avec peine la foule et arrive au premier étage du moulin de Lindenau , où , accablé de fatigue , il s'endort profondément au milieu du bruit des soldats et des voitures qui défilent sur la route.

Soudain une forte explosion se fait entendre ; le tumulte redouble ; Mujrat et Augereau mon-

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tent à la chambre de l'empereur : il apprend de leur bouche que le grand pont sur l'Elster vient de sauter , tandis que les troupes du duc de Tareiite, dugcncral Lauriston, dugcnéral Jleynier et du prince Poniatowsky sont encore dans la ville. Tout moyen de retraite leur est enlevé : le désastre est complet. 11 faut se laisser entraîner par la foule en désordre qui a pu s'échapper de Leipzig, et suivre machinalement la route d'Erfurlh. Le roi de Naples est à côLé de Napoléon : il se répand eu invectives contre Bernadotle ; mais, séduit et entraîné par les succès que son . ancien camarade obtient, Murât pense déjà à sauver son trône en imitant le coupable exemple que lui donne le roi de Suède. Deux jours après, le comte de Micr achève la défeclion du roi de Naples au bivouac d'Ollcndorff" : l'Autriche a besoin de Murât, elle se rend l'intermédiaire entre l'Angleterre et Naples. Murât se laisse tromper, et s'engage avec le comte de Mier de manière à ne plus pouvoir se réconcilier avec ^on frère. Ingrat et parjure , il se hâte de quitter Napoléon : il prétend que des lettres qu'il vient de recevoir lui annoncent que sa présence est indispensable à Naples; il lui tarde d'y être pour maîtriser la crise qui se prépare; il promet la prompte levée de nouveaux bataillons qui doivent entrer dan.s la formation de l'armée du

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