‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 78 sur 113 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Traité entre le roi de Naples et l'empereur d'Autriche. — Trahison de Murât. — Défection des troupes napolitaines et leur coopération avec les ennemis de la France, ( i8i3.)

Si Murât eût trouvé une mort glorieuse à Wachau ou bien en défendant les hauteurs de Probstheyda , toute la gloire qu'il avait acquise pendant vingt ans sur les champs de bataille de l'Italie, de l'Egypte, de T Autriche, de la Prusse, de la Pologne, de la Russie et de la Saxe, n'eût point cessé de former une auréole autour de son nom. On aurait oublié aisément les fautes qu'il commit par faiblesse de caractère , pour se rap-

^peler constamment ses grands services , sa bravoure chevaleresque et ses beaux faits d'armes; et celui qui s'est chargé d'écrire l'histoire de ce guerrier ne reculerait pas en ce moment devant la période pénible qu'il doit encore parcourir. Mais il semble que la révolution française , en

' faisant sortir de toutes les classes des hommes que Plutarque n'eût pas dédaignés d'abord, leur

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t Vous ne serez grands qu'aussi long- « temps que vous servirez Ia.libertd et la patrie. ■ « Dès que vous cesserez de vous ddvouer à votre « pays, dès l'instant où vous oublierez les prin- « cipes auxquels vous devez volrc véritable « gloire, le feu sacré que j'ai allumé dans vos " cœurs s'éteindra; vous ne serez plus que des « hommes vulgaires, et vos noms n'arriveront « à la postérité qu'à travers des nuages qui en " obscurciront l'éclat primitif. » Murât eut cela de commun avec un grand nombre de ses contemporains; et si son repentir tardif et sa mort tragique ne l'eussent rendu digne de quchpie intérêt à ses derniers jours, peut être fût-i! tombé dans le ridicule avant la fin d'une carrière longtemps brillante.

Lorsque Murât arriva dans sa capitale . il s'y trouva entouré de gens ouvertement déclarés contre Napoléon ; ils ne cessaient de lui dit qu'il avait assez fait pour l'empereur, et qu'il était temps d'agir dans l'intérêt de sa couronna La position du roi de Naples était sans doute périlleuse; les revers de Napoléon avaient ébranlé le trône sur lequel il était placé, et ce trône éphémère pouvait être ravi à Joachim par les alliés, s'il ne prenait pas les mesures convenables pour conjurer l'orage.

Deux partis s'offraient à la politique de Mu-

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rat vers la fin de iSilî. L'un , noble , généraux mais chanceux, consistait à s'unir au prince Eu gène et à concourir de tous les moyens au succès de la cause de Napoléon. Par cette union, non seulement l'Italie pouvait être sauvée , mais encore les troupes d'Eugène et de Murât pouvaient faire une diversion imposante, et descendre du sommet des Alpes juliennes jusqu'à la capitale de l'Autriche. L'autre parti, honteux, lâche, était une trahison devant laquelle Murât n'a pas reculé : il fallait céder aux intrigues et aux .séductions de l'Autriche, et faire avec elle , ainsi qu'avec l'Anglelcrre, un traité d'alliance contre Napoléon. Par ce moyen , Murât pourra conserver sa couronne et les états qu'il tient de son beau-frère , et n'aura plus rien à craindre de chute de l'empire frani;;ais.

Pendant que Murât, encouragé par rexempi& que lui donne le roi de Suède , adopte le parti de traiter avec l'Autriche, et qu'il attend myslc- ^icusement le résultat de ses négociations avec les ennemis de la France et de Napoléon, les troupes qu'ostensiblement il e,st censé envoyer pour renforcer l'armée du vice-roi d'Italie se mettent en marche , et personne ne pense alors quec'est un nouvel ennemi qui s'avance contre NapcUcon. Murât demande pour ses soldats la libre disposition des magasins de vivres et de muni-

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