‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 79 sur 113 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

lions : le ministre de la guerre de l'empire français obtempère à cette demande pour les départemens romains et toscans , et le prince vice-roi y accède pourles places dépendantes du royaume d'ltalie« Murât fait plus encore ;. il a , dit- il , besoin de douze mille fusils pour armer ses recrues, et ces armes, dont les Français avaient besoin , lui sont envoyées àt l'arsenal d'Alexandrie.

La marche des troupes napolitaines s'effectue, mais avec une lenteur combinée : elle dura tout le mois de déceihbre, parce qu'on avait mis, avec intention , de longs intervalles entre les différentes colonnes, et que les généraux avaient Tordre de prolonger autant que possible leur séjour dans chaque ville. Les quatre divisions napolitaines formaient un total de trente bataillons et de seize escadrons au grand complet, ayant à leur suite cinquante bouches k feu. Le nombre des. soldats français qui se trouvaient alors dans la trentième division militaire ( les États romains), ne s'élevait qu'à quatre millet hommes , répartis à Civitta-Vecchia , sur la c6te de la Méditerranée et dans le château Saint- Ange.

Pendant cette marche des Napolitains , le prince Eugène, dont rien n'avait pu' ébranler la fidélité, livrait aux Autrichiens les combat»

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de Rovigo et de Boara, à la suite desquels le. genciral Nugent occupa les cotes de l'Adriatique jusqu'à Rimini, et se rapprocha des troupe», napolitaines qui étaient à Rimini et à Iraola, Ainsi les Autrichiens n'étaient point contrarié» par les généraux napolitains : ceux-ci n'avaient point encore cesse de proclamer leur souverain^ l'allié de la France et de l'Italie ; mais sous pi-é-» texte d'un armistice, ils refusèrent de concourir à une expédition sur Ravenne. Alors seulement: le vice-roi conçut les premiers doutes sur lai fidélité de Murât ; et la crainte de voir se réaliser une défection si lâche , jointe à un débar-^ quement que les Anglais venaient d'opérer sura les côtes de la Toscane , déterminèrent le princoi Eugène à se retirer sur l'Adige, où il réorganisai son aimée en six divisions, formant ensembla une masse de quarante mille comhattans et de quatre-vingts bouches à feu. i

Murât était pourtant toujours à Naples avecs sa garde à pied ; il achevait l'organisation dea troisièmes bataillons de ses rcgimens , et terrai-!nait ses préparatifs de guerre, lorsqu'il apprit! que le traité d'alliance qu'il faisait négociera Vienne, avait été sigué le ii janvier i8i4; en même temps le cabinet de Vienne lui annonçait que l'Angleterre désirait entrer en relation d'am*tié avec lui. En effet , vers la fin de janvier,

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lord Castlereagh envoya à lord Bcniinck les instructions nécessaires pour se rendre à lïaples et y signer un armistice indéfini. Lord Bentinck et le marquis de Gallo conclurent bientôt un arrangement comprenant d'abord une suspension d'armes, avec la stipulation qu'on s'avertirait trois mois à l'avance avant de rompre l'armistice , et ensuite un commerce libre entre les deux nations. Le traité avec l'Autriche portait que le roi de Naples fournirait un contingent de trente mille hommes aux armées alliées. Quoique ces arrangemens fussent encore secrets y les Français y qui se trouvaient en grand nombre dans l'armée de Murât ^ furent indignés d'une pareille conduite , et quittèrent presque tous les corps où ils servaient. Quelques instances que fit Joachim, il ne put les retenir sous les drapeaux de la félonie. « Croyez-vous ^ leur «c dit-il , que j'aie moins que vous le cœur fran- « çais F Pensez , au contraire , que je suis très à « plaindre. J'ai été contraint de faire un traité « avec les Autrichiens et un arrangement avec # (f les Anglais , et , par suite , à me déclarer en « état de guerre afin de sauver mon royaume (f menacé d'un débarquement par les Anglais et « les Siciliens. Cela aurait immanquablement w cécité un soulèvement intérieur. Peut-être les « événemens deviendront -ils plus favorables.

iya DEUXIEME PARTIE.

« Restez donc avec moi : j'ai fait votre avance- II ment, d'autres avantages vous attendent en- 't corc. C'est me payer d'ingratitude que d'a- << bandonner mon service lorsque mes bonnes « dispositions vous sont ainsi connues, » Mais ce langage ne pouvait pas être entendu par des hommes qui ne voulaient pas renoncer aii noble titre de citoyen français. Ils demandèrent des feuilles de route et se rendirent à l'an-, mée du vice-roi.

Le comte de Mosbourg fut un des ministrefl de Joachini qui s'opposèrent avec persévérance au traité entre Naples et l'Autriche ; et lorsque, malgré tous ses efforts, ce fatal traité fut conclu, il envoya sa démission au roi de Naples , qui l'autorisa à remettre son portefeuille au baron de Nolli.

Toutefois Joachim voyait avec peine qw), l'empereur d'Autriche ne ratifiait pas le traité ; il saisit ce prétexte pour retarder son offensive, et déclara qu'il n'avancerait pas à moins que le traité ne fût ratifié le 4 février. L'empereur d'Autriche le promit par écrit, et le H Murât s'avança sur Reggio , qu'il prit. Il porta ensuite son quartier-général à Modènc. Ne pouvant plus dissimuler alors les engagemens qu'il avait contractés. Murât signifia sa déclaration de guerre au vice-roi d'Italie.

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