‹ Histoire de Joachim MuratChapitre 90 sur 113 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Ealrée à Afaccio de l'ex-roi de NajJes. — Accueil qa*îl y reçpîL-' Ses préparatifs de descente en Calabre. — Arrivée à Af^ccio ^ M, Maceroni. •

L'entrée de Tex-roi de Naples à Ajaccio fut presque triomphale; la population entière se pressait sur ses pas , et le suivit jusqu'à soo logement , qui n'était qu'une auberge d'ane médiocre apparence. Les autorités civiles et militaires ne se montrèrent pas , mais elles n'opposèrent aucun obstacle à l'élan généreux de la population. On voyait les soldats de la garnison , commandés par le chef de bataillon Cauro , se promener sans arm A et mêler quelquefois leurs acclamations à celles des citoyens. Celte réception acheva de troubler le jugement de Murât. Emu jusqu'aux larmes, les scntimens qui agitaient son ame se peignirent sur sa figure dès qu'il fut dans sa chambre, et on l'entendit s'écrier d'une voix animée : « Combien je suis « sensible à l'accueil que j'ai reçu des habitans

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<« d'Ajaccio ! grand Dieu! quels souvenirs ifs « éveillent dans mon ame! Naples et mon peu*- « pie me sonjt encore présens. J'ai vu la multi- « tude et sa joie ;' j'ai entendu f^es cris d'allé- « gresse.,,.. C'était ainsf que l'on me recevait « dans maca^pitale toutes les fois que j'étais de « retour de la ^ande armée!. ..C'en est fait, je « ne veux plus vivre ou mourir que parmi mon « peuple. Nous verrons Naples ; hâtons- nAus « de partir. »

C'est ainisi que Murât jugeait les, choses et qu'il alimentait son ardent désir de se montrer au milieu des Napolitains : vainement ceux dç ses officiers qpi osaient lui parler franchement tentèrent-ils de le détourner, par tousles moyens possibles , de. ce funeste projet ; ils ne purent riiçn obtenir de cet homme déterminé à mourir ou à régner. Il ne voulut pas même consentir à attendre le retour de la personne de confiance qu'il avait envoyée à Naples ; et dès le jour même de son arrivée ^ Ajaccio ^ il doiipa des ordres pou¥ qu'on fît les préparatifs de son départ.

Toutefois , ses moyens pécuniaires pour uoe pareille e^tr^prise étaient presque nuls : il ne lui restait plus de l'or qu'il avait avec lui en quittant Toulon , que huit à dix mille francs; mais il possédait une contre-épaulette en brillions évaluée cinquante mille francs, et la gaiise

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de son chapeau qui était aussi en brillans.

Gomme il ne voulait pas perdre de temps , et que la ville d'Ajaccio ne lui offrait pas de grandes ressources, il tira une lettre de cbange de quatre-vingt-dix mille francs sur M. Joseph Grcgory, négociant à Bastia , avec un besoin sur b reine de Naples , en Autriche , et remit cette traite à M. Bernard Poli , chef de bataillon, qui lui en avait fait espérer la négociatioD. Mais cette opération ayant éprouvé des difficultés , Murât impatienté donna en gage du paiement de sa traite vingt-un brillans recoupés, pesant environ quatre carats chacun ; une étoile d'un gros brillant recoupé , pesant environ douze carats, et trente brillans formant des angles, plus un lien de neuf petits brillans; le tout estimé , d'après le reçu que lui en fit M. Poli, cent mille francs environ» Malgré ce gage précieux , M. Poli ne put réunir que trente-cinq à quarante mille francs, et c'est cet aident qui servit à fréter les ||àtimens qui devaient composer l'expédition maritime de Texroi , et transporter les volontaires corses.

Tout ce qui se passait en ce pays ne pouvait être ignoré des puissances du continent, et plus particulièrement encore dé la cour de Naples.

Depuis son arrivée en Corse, Joachim avait, dans ses momens prospères, laissé connaître ses

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7n»Lvcaul projé:t$ et ses vues sur le royaume de NapleSf et Ton ne doutait pins dand xsette île qu'il n'eût Tiatention de s'approcher du confiiientv lie Cgapitauie Bastard s^étaitdécîjde à placer ses canonnières devant Ajaccio, «t à croiser lui-même avec sa frégate dans le détroit dé Bon^f^ce^ mais son départ fut Fétardé par Tarrivce a 3âstia de M. IMUacérôni.

Le gouvernement napolitain était Tivëftient alarmé. Malgré les tièdes applaudîssemeijs de ceux qui se disaient- $es ^hms^ il était facile de ren^ajrquer le mécontentement d'un très-grand iM>mÏKre de personnel. La prospéiité de l'Etat^ toujours vantée par tm journal: vendu au pouvoir^ ^tak toin d^étre aperçue par lai nation. La modération enversf ceuic qu'on appetaitmurutistes Bi^était pas «d'iin assez grand prix pour faire ovâDliei* les défautsi du nouveau gouverne^- »eot,; chaeiio! avait àpptîa que. Tinlolâràneeipo-^ lîti<iue est «n Aial , et. que la «ddération fsne â^éipiftô pas 1ta«iA de cccoQnaissancev^ puîsqu'eUe ^t 1â giairantie des sociétés civiles ,i et 'qa'oA: ne dctit pas plus de reconnaissance au pouvoir de ce. qà\il épargne qUelquesruns des maux' qui dérivât' de l'abus de la force , qu'on- n'en doit à un hômmè armé qui pourrait nous tuer, mais ^ui ut nous tue pas. Le ministère connaissait

W positîMk : il donna secrètement quelques in$-

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Iriictioiis vagues aux commandans de Gaële , des îles et des Calabres, qu'ils devaient extcuter. dans le cas d'une attaque imprévue. Use tut aussitôt , dans^ la crainte d'eu trop apprendre auxpartisans de Murât. Le ministère avait mis saj* confiance dans les ti-oupes autrichiennes qui se: trouvaient à Naples, et dans l'inimitié qui exis-. lait cotre le général qui les commandait et l'exroi 9oac)iim.

Mais comme il était nécessaire d'avoir des affidés en Corse pour épier les actions de Murat et pour découvrir même ses plus secrètes, pensées, -les généraux Coletta et Franceschetti, dans leurs écrÏLs sur la dernière époijuc de la vie de Murât, ont dit que ces viles fonctions avaient été acceptées par un corse nommé Carabe Ui , qui avait été employé à Naples par' .toachim , puis privé de son emploi de secrétaire-général d'une intendance. Depuis lors ce" même Carabelli a public sous le titre de ; / Ca-< binniatori smascheraiti , del cacaliere Ignam Carabelli^ un écrit violent qn'il appelle justificatif, et dans lequel, après avoir adressé toutes les injures possibles à ces généraux , ainsi qu'à la personne qui a traduit en français l'opuscule' de Coletta , il cherche à établir qu'il n'a jamais clé chargé d'aucune mission par la police de ISaples , et que , loin d'avoir poussé Murât à si

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