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Histoire de Jos. Montferrand, l'athlète canadien [microforme]

Canada, en l’année 1899, par C. O. BEAUCHEMIN & Firs, au Ministère de l'Agriculture, à Ottawa.

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Après la signature de la capitulation de Montréal, le 8 septembre 1760, les troupes françaises furent embarquées pour retourner dans leur patrie, mais les soldats qui optèrent en faveur de la

colonie eurent la permission d’y demeu-

rer (1). L’un des ces derniers, Joseph Montferrand, se fixa à Montréal et ouvrit une salle d’escrime qui fut bientôt très fréquentée. La taille imposante, la force herculéenne, l'adresse de ce maître

(1) Jean Sulte, mon bisaïeul, était de ce nombre,

d'armes le mirent en réputation. La légende rapporte que, célébrant le premier jour de l’année, en nombreuse compagnie, à l'hôtel des Trois-Roïs, il s’éleva une querelle entre lui et plusieurs convives. Les épées sortirent du fourreau. On était encore si près de la guerre de Sept Ans que Ka rapière et le fleuret étaient bien portés. Les militaires anglais voulurent contraindre Montferrand à se tenir tranquille. Il les chargea avec fureur et fit maison

nette.

Son fils se nommaïit aussi Joseph et paraît être né en 1754. En 1783, il s'en-

gagea à la compagnie du Nord-Ouest

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pour ces rudes voyages dont les historiens ont si souvent parlé. Très fort et très brave, il se fit remarquer dans maints combats—et l’on sait si la lutte était chaude entre les compagnies qui se disputaient la traite des fourrures de l'Ouest ! Conducteur des flottilles chargées de marchandises pour les pays d'en haut, ensuite guide ou traiteur de pelleteries, il sut amasser une petite fortune qui lui permit de finir ses jours dans l’aisance. Il avait la renommée de ne reculer devant aucune provocation et de n'avoir jamais été vaincu. Les Français et les Canadiens de Montréal

se montraient fiers de lui comme de son

père. Dans ces temps agités, la valeur musculaire jointe à la bravoure était généralement prisée. Montferrand mourut à Montréal au commencement de notre siècle. Sa femme se nommait Marie-Louise Couvrette. Elle descendait d’une famille des plus vigoureuses et trés connue, les Ethier, de l’Assomption. Un fier-à-bras qui venait un jour de maeltraiter un enfant, tomba aux mains de Marie-Louise et reçut une dégelée dont il porta longtemps les marques, notamment à la tête et au cou. Il avait bel et bien perdu connaissance sous les claques de cette femme robuste

et pas commode du tout !

De ce couple de géants naquit, à Montréal, le 26 octobre 1802 (1), un fils qui reçut au baptême le nom de Joseph.

C’est notre héros. Son parrain s’appelait Fabre: de là le nom de Montferrand dit Fabre qu'on lui donne dans certains actes officiels.

Une grande douceur de caractère le fit d'abord remarquer parmi les autres enfants. Eloigné des dissipations de son âge, il manifestait de la piété, une profonde modestie, et personne n’eût

deviné en lui l’homme de combat qui

(1) Rue des Allemands, dans une maison qui a été brûlée au grand feu de 1852, et remplacée par celle qui porte actuellement le n° 167.

devait répandre son nom sur tous les points de l'Amérique du Nord,

Le révérend M. Sauvage, du séminaire Saint-Sulpice, qui lui fit faire sa première communion, le citait comme exemple à ses condisciples. Sa sœur Hélène lui enseigna le catéchisme ; elle sut lui inspirer une foi vive, une grande confiance en Dieu et une profonde vénération pour la sainte Vierge.

Dès l’enfance il connut la force dont il était doué, et, comme il avait en tout uu grand sens de la justice et de l’équité, on ne le vit jamais maltraiter ses

camarades. D'instinct, il protégeait les

petits écoliers contre les grands et se

faisait leur tuteur. Il pouvait prendre pour devise, comme les Salaberry :

« Force à superbe ; merci à faible.”

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Un jour qu'il transportait à lui seul une pièce de bois énorme, sa mère lui dit :

“ Tues fort, mais n’en sois point glorieux, ton père était plus fort que toi.”

À seize ans, une circonstance fortuite le rendit tout à coup célèbre dans le quartier. Il travaillait à une excavation, devant la maison de son père. Un

nommé Michel Duranleau, fameux bully,

traversant la rue en compagnie de deux

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Il transpoptait une pièce de bois énorme, autres fier-à-bras très connus dans les élections, mit le pied sur la tête de l’en-

fant, qui se trouvait au niveau du sol.

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