‹ Histoire de Jos. Montferrand, l'athlète canadien [microforme]Chapitre 2 sur 8 · DIN NS · texte numérisé non relu

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Cette insolence ne plut pas à Montferrand, qui, poussé comme par un ressort, sortit de terre et alla tomber au milieu des trois hommes. Duranleau, qui n'avait pas ncore “ rencontré son maître,” fut rossé, avec ses compagnons. Tous trois étaient de la campagne. Les gens du quartier Saint-Laurent considérèrent

cette victoire comme un item à leur

crédit.

Ce qui étonnait le plus dans cet adolescent, c'était la vivacité et la sou-

plesse de ses allures. Il ne portait pas

sur le sol. On la vu plus d’une fois

s'enlever et marquer du talon de sa botte le plafond des salles (basses

comme celles de toutes les demeures de

Marquer du talon de sa botte le plafond des salles... cette époque) où il s’'amusait avec ses camarades. Bondir à pieds joints par-

dessus une table ou une barrière était

Son caractère était très doux. Ayant conscience de sa force surhumaine et du milieu dans lequel il vivait, il était

toujours sur ses gardes et réglait son

pour lui un jeu quotidien.

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humeur d’après la justice et le droit.

Loyal et honnête, il s'était acquis la réputation d’un gentleman. La famille Montferrand, très rangée, économe et bien notée dans le faubourg Saint-Laurent, élevait ses fils avec tout le soin désirable. Notre héros se ressentit toujours de la sollicitude de ses parents envers lui.

L'art de la boxe est une institution anglaise. L'armée et la marine britanniques ont transporté ce goût sur tous les points du globe. A la fin du siècle dernier et jusque vers 1845, aucun pays

ne fut plus anglais que le Canada à cet

égard. Notre peuple est l’un des plus

vigoureux qui se puissent voir. Lorsque les soldats ou les matelots cherchaient querelle aux habitants — ce qui arrivait continuellement — ils trouvaient à qui parler. On se montrait fier, de part et d'autre, des victoires ainsi remportées.

Les élections se faisaient alors par la violence. Durant des semaines et des mois, les rencontres étaient journalières.

Un défi n'attendait pas l’autre. Notre génération n'a pas connu ces temps de troubles, aussi pouvons-nous difficilement nous en faire une idée. Le règne pacifique de la loi nous a habitués au mépris des actes disgracieux qui ne

choquaient personne il y a soixante ans.

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