‹ Histoire de Joseph II, empereur d'Allemagne (volume 2)Chapitre 15 sur 19 · DÉCLABATION A LA COUR DETIENNE FAR LA RUSSIE · texte numérisé non relu

DÉCLABATION A LA COUR DETIENNE FAR LA RUSSIE

• L'Allemagne , par sa poùtion comme par sa puissance, est le centre de toutes les affaires et de tous les intérêts de l'Eun^te. L'int^rrîté de sa forme de gourerneinent ou les altérations qui y seraient feites, la tranquillité dont elle jouit ou la guerre qui la déchire, intéressent au plus haut d^é tous les autres Etus, surtout ceux qui, comme l'Empire de la Russie, joignent aux intérêts et aux connexions naturelles d'État i État, et à des liaisons d'amitié avec la plupart des ftinces de l'Empire, des considérations d'une alliance étroite arec la puissance qui s'est armée pour s'opposer à des voies de fait de la part de la Cour Impériale et Royale.

■ Il n'est donc pas au pouvoir de l'Impératrice de rester dans les termes de l'extrême ménagement qu'elle a eu d'abord, et de se refusCT à tout examen des

PIÈCBS JUSTIFICATIVBS. iil

droits à la succession de Bavière. Sa Majesté se voit obligée, au contraire, d'y entrer malgré elle , et puisqu'elle est forcée de dire son sentiment, elle le fait avec la franchise propre à son caractère.

• Sans discuter les droits du Corps germanique, et ne prenant d'autre règle que l'équité naturelle et les principes de toutes les sociétés, tout ce qui s'offre à Sa Majesté Impériale dans l'importante question qui agite tout r£mpire, c'est que, de la part de la Cour de Vienne, d'anciennes prétentions négligées pendant plusieurs siècles, et oubliées dans le Traité de Westphalie, sont aujourd'hui mises en avant contre ce même traité qui fait la base et le boulevard de la Constitution du Corps germanique ; c'est que la manière dont elles ont été exercées est plus opposée encore à cette paix sacrée , la plus solennelle qui ait jamais existé dans le monde chréUenj c'est, euân, que la guerre qui va soutenir ses premières démarches, met en un danger éminent la Constitution de l'Empire, et que de son renversement s'ensuivrait une secousse violente pour tous les États qui l'avoisinent, un dérangement d'ordre et d'équilibre pour toute l'Europe, et de là un danger possible pour l'Empire de Rusûe, fût-ce dans les temps les plus éloignés, qu'il est de la sagesse d'un bon souverain de prévoir, et sur lequel la Cour impériale de Russie ne peut qu'adopter les propres principes et les maximes de la Cour Impériale et Royale.

■ En pareil cas, Sa Majesté Impériale n'a pu peser des considérations aussi graves, sans se pennettre de faire un nouvel effort auprès de Leurs Majestés Impériales

HItTOIHB DB JOBBta I

et Royales, en les invitant, par tous les principes d'iquit^ et les sentiments d'humanité qui leur sont si naturels, à faire cesser les troubles présents de l'Empire germanique, en conTCnant définitiTement avec Sa Majesté le Roi de Prusse et les autres parties intéressées, d'un arrangement l^al et à l'amiable, de toute la succession de Bavière, conformément aux lob et aux constitutions. Cest ainsi que Sa Majesté Impériale ose encore exprimer ses vœux pour le maintien de la paix.

<• Elle se flatte que sa démarche ne sera reçue que comme une nouvelle preuve de la confiance sans bornes qu'elle met en la modération et l'humanité de la Cour Impériale et Royale, et dans les sentiments personne, pour elle, de Sa Majesté l'Impératrice-Reine ; et elle souhaite d'autant plus qu'elle produise un heureux e^et, qu'il en coftte infiniment à son amitié pour Leurs Majestés Impériales et Royales, d'être obligée de déclarer qu'elle ne saurait voir indifféremment la guerre allumée en Allemagne, tant pour son objet que pour ses circonstances et ses effets possibles, et qu'elle devra prendre en une juste et sérieuse conàdération ce qui convient aux intérêts de son Empire, A ceux des Princes ses amis, qui ont réclamé son appui, et surtout à ses obligations envers son allié. »

Flassan, Histoire de la Diplomatie française, tome VII.

flkatiS ftlSTtFlCATITES.

~Maiiifeste du Roi de Pruss<

(JutIUl 17?8).

I) dît, dans sa Réplique ; ■ Quand on voudra faire un juste parallèle des propositions faites de part et d'autre, on trouvera que celles du Roi sont claires, déterminées, justes, conformes à la dignité ainsi qu'au grand intérêt de LL. MM. II, et que d'un autre c6té, celles de la Cour de Vienne sont vagues et'obscures, qu'elles tendent à achever et à autoriser le démembrement illégal de la fiavière*, à priver la Maison Palatine de la plus grande partie de son patrimoine , et le» héritiers aHodiaux de la pessibUité d'obtenir une ji|ste satisfaetioB .

• La Cour de Vienne ayant donc déclaré, dfins |a r^ ponse verbale dn 24 jo") , que, si le Roi ne voehtit pas adopMr ces propoùtions, tout arrangemmt amiable devenait impossible , et tout éctaircissement u|t^iflur serait superHu , S. M. ne s^^it regarda- cette déclara-^ tion que comme une rupture de la négociation faite <lé la part de la Coiir impériale, et elle se voit obligée de Tompre aussi celte négociation de son cAlé , et de 'se dédire des propositions avanta^uses que le seul désir de maintenir la tranquillité générale lui a fait faire.

•> Après avoir épuisé inutilement toutes les voies de

MO aiSTOIBE DB JOSEPH II.

I9 modératioa possibles, S. M. se voit forcée de recourir à la seule voie qui lui reste , pour s'opposer au démetnbremeat de la Bavière; et, en prenant malgré elle ce parti extrême , elle croit n'avoir rien à se reprocher, et pouvoir même compter sur l'approbation générale de ses co>États de l'Empire et de l'Europe entière. >•

Œuvres de Frédéric, tome V : Mémoires de 1 776 à

Le Baron de Breteuil écrivait au Comte de Vergennes , le 26 mai 1779 :

■ L'Empereur m'a reçu plus froidement que llmpératrice. Il paraissait plus peiné que satisfait , en me fiiisant ses remerciments pour le Roi , et en mte disant quelques paroles de bonté pour moi, plus b^ayées que prononcées. Afwès lui avoir répondu à cet égard comme je le devais, j'ai dit : ■ J'espère que Votre Majesté voit • avec plaisir que la paix qu'EUe vient de faire doit être

■ de longue durée. • L'Empereur a répondu ■ Oui. » — J'ai ajouté : ■ Il est bien simple que Votre Majesté ait

■ un peu de peine à céder au repos public une occasion

■ de conbmier à montrer avec éclat ses grands talents

■ militaires ; mais Elle peut être contente de la repu-

■ tation que lui laisse sa première cainpagne -, et je puis

■ dire que ses ennemis lui rendent grande justice. ■ Ce

PIECSS JUSTIPICAIIVES.

petit compliitient a dissipé le sombre de l'abord impérial. L'Empereur, en le recevant avec cette modestie qui ne laisse rien perdre à l'orgueil , m'a conté toute sft campagne- Ces détails l'ont conduit à m'étaler l'état, la volonté, et le nombre prodigieux de son armée, si la campagne avait eu lieu cette année. L'Empereur m'a répété, ce qu'il m'avait annoncé au mois de janvier, qu'il aurait eu trois cent trente mille hommes sous la tente. « Avec de pareilles forces, • dit-il, » et mon âjne , « on ne peut s'empèdoer de voir avec quelque regret la " paixj mais il faut bien savoir se conformer aux vo-

• lontés de l'Impératrice et aux circonstances. >

"L'Empereur a porté son discours suj' ses prétentions sur la Bavière. Je me suis permis les réflexions que ce sujet entraînait par rapport à nous. J'ai été aussi franc t|ue fort sur cet objet, quand l'Empereur m'a fait entendre clairement qu'il aurait cru que le Roi l'aurait aidé dans ses vues ; et la Su de ce discours, trop long à vous rendre, a été que l'Empereur m'a dit : <■ Je ne ■ dis pas , au reste, que si j'avais été à Ja place du Eoi , « j'aurab donné sur-le-champ les vingt-quatre mille

• hommes que le traité stipule ^ j 'aurais vraieemblan blenient fait comme le Roi, j'aurais écouté mes inté- « rets. » J'ai reprb' vivement : » Je ne saurais rien der

• mander de phis à Votre Majesté , que cette réflexion » desajustioe. <> — ■ Mais je crois aussi, • a i^uté l'Empereur , • que le Boi , dans ma place , se serait conduit « comme j'ai fait pour l'exercice de. mes droit»sur la Ba- - vière. ■ — Je n'ai pas été aussi pressé., Monsieur , «i'aë^uiescer à cette réflexion , saat toutefois la coni-

HtSTOtBE DE JOSEPH II.

battre. — L'Empereur a continué : " Toute la pru-

• dence humahie n'avertit point qu'on peut trouver tout

■ contre soi dans une entreprise juste à laquelle on

■ prend soin de joindre le consentement le plus formel

• et le plus volontaire du seul homme en droit d'y •< mettre opposition , ou d'y donner un. consentement

■ La conTention du 3 janvier (eatre l'Autriche et l'Électeur PalaUn) est venue se placer à la suite de ce diseours. Je n'ai pas été plus complaisant qu'il le fallait sur ïes conséquences que l'Empereur a prétendu tirer «n sa faveur de cette convention.

• L'Empereur éunt revenu sur les efforts qu'il avait Faits dans sa dernière campagne, efforts d'après lesquels Son armée de ceïit quarante mille hommes avait été portée , en moins de six mob, à trois cent quatre-vingt mille hommes, le Baron de Breteuil, en vantant cet effort , et en en renutfquant le poids , ramena l'Empereur aux calculs que cette prodigieuse ressource de sa puissance et de l'activité de son génie devait produire dans tous les cabinets.

■ Je lui ai répété , • écrivait encore le Baron de Breteuil, >-la nécessité de calmer les inquiétudes qui devaient s'ensuivre, en faisant preuve d'une grande modération. L'Empereur m'a fait voir qu'il sentait cette vérité, et m'a dit : > Maiscomment pnïs-je faire preuve,

• pendant la paix, de cette modérationP »' — J'ai repondu • que l'attention générale étant fixée aujour-

■ d'hui sur sa personne , il lui serait aisé de savoir dire

■ et faire tout ce qu'il jugerait convennble aux effets

PIÈCES JUSTIFICATIVES. ^fii

• successifs qu'il votidi'iiit produire dans l'opinion |)u-

- blique; que les affaires d'Allemagne seules lui en " fourniraient assez d'occasions, qu'il connaissait mieux « que moi le travail de ses enneuiis dans l'Empire. •

" L'Empereur m'a répondu - qu'il ne pouvait dire

- qu'à moi combien il méprisait les espèces d'affaires

- que lui donnait sa qualité d'Empereur; que je devais « savoir combien peu il était attaché A cette dégoù- " tante besogne ; que je devais le connaître assez pour

- ne pas douter qu'il voyait, de l'œil de la raison, ■■ les tracasseries toujours renaissantes entre les diffé-

• rentes religions de l'Empire; que cependant, ces an i- " mositi's produisant sans cesse des disputes qni reve-

• naient à son tribunal, il éprouvait le niallieur que,

- lorsqu'îlprononçait cnfaveurdesCapucins, dont il ni' < se souciait en aucune manière, maïs qtii lui parais-

« saient avoir raison, les ProtestTnts criaient que l'Empe- <■ reur ne songeait qu'à les écraser ; qu'au contraire, .. quand il trouvait les réclamations des Protestants fou-

• dées contre les entreprises des Catholiques, alors Ici " prêtres et les moines criaient partout que le elief df ■ l'Empire abandonnait la religion, et serait volontiers " prêt à en changer, -

" J'ai dit à l'Empereur - que <k malheur de l'injustice " publique était souvent un malheur de la toutc-puis-

• sance; mais qu'elle avait aussi ses dédoiiimagemenls " dans les applaudissements universels que lui assurait

- l'éclat de son impartialité dans tous ces prononcés. - - Au milieu <te tout cet entretien , je ne sais , Monsieur, cumment, ou du moins il serait trop long de

VOUS expliquer comment je me suis trouvé forcé de dire à l'Empereur • qu'il nous avait su bien mauvais

■ gré, et peut-être à moi en particulier, de tout ce qui « n'avait pasrépondu à ses projets depuis un an. «Alors, ce prince j en me prenant le bras avec bonté, m'a dit :

• 11 en est de nos liens comme de ceux d'un bon mé- ' nage; on se boude pourtant parfois , et on va jus-

• qu'à se quereller dans ces sortes de moments. Le plus

■ vif voudrait même quelquefois battre son meilleur > ami; mais les esprits rassis, les cboses passées et

■ mieux vues, on se rapproche, et on doit s'en aimer

■ davantage. ■

■ Je n'ai répondu à cette comparaison assez douce , mais non sans reproche, que par ces grands mots insignifiants, mais cependant satisfaisants dans le cours ordinaire des conversations; je crois, Monsieur, que l'Empereur en a été content. La manière toute pleine de bonté dont il a continué et fini l'audience dont il m'a honoré, doit me faire croire que ma façon de lui parler lui a été agréable , etc. »

Flassan, Histoire généraie et rataonnèe de la Diplomatie fra

Instructions de M. de Ver^ennes à M. de. Ségur.

Quand M. le Comte de Ségur était parti pour Saiut-

Petersboui^, entre autres iu&tructious , M. de Vergennes s'était exprimé ainsi :

" En travaillant à rédiger cette instruction, et en relisant celles qui avaient été données à vos deux derniers prédécesseurs , j'ai vu avec peine qu'aucune de leurs dispositions ne peut s'appliquer au moment présent. Notre opposition aux projets de l'Impératrice contre l'Empire Ottoman , a changé totalement les relations du Roi de France avec cette Princesse.

• Tant que le Comte de Panin avait conservé quelque influence sur l'esprit de Catherine II, ce ministre sage et conciliant était pa u a c e la pugnance que l'Impératrice éprou pou la F a e; aussi, pen-

dant son ministè e 1 1 a ou approcher de

la Russie , nous av o on bu a ablir la paix entre elle et les Tur s Ca he ne nou a a t vus encourager l'établissement de son système de neutralité armée,titrede gloirepour elle. Déjà les Anglais perdaient à Pétersbourg de leur influence , et craignaient de ne pas y conserver longtemps leurs privilèges exclusifs de

« Mais, depuis la disgrâce et la mort du Comte de Panin , la direction des grandes affaires a été confiée au prince Potemkin. Ce prince , ardent et ambitieux , s'est entièrement dévoué aux partis anglais et autrichien , dans l'espoir de triompher, avec leur appui , des obstacles que rencontraient les vues de l'Impératrice contre l'Empire Ottoman :.

■' Nous sommes, il est vrai aussi , " continuait M. de

âSfî HISTOIBE DE JOSEPH If.

Vergenites, " allit-s de l'Autriche; mais vingt-huit uns d'expérience nous prouvent (pie notre alliance avec la Cour de Vienne n'a jamais pu détourner le& ministres autrichiens de l'ancienne habitude (le nous contrecarrer partout.

« Le Comte de Cobentwl a suivi cet exemple Jusqu'à l'indécence, favorisant en tout l'Angleterre, et dissimulant ses torts les plus évidents. Enfin , quoitjue Catiierine ait abandonné le Roi de Prusse pour se lier à l'Empereur notre allié, ce qui semblait devoir la rapprocher de nous, on voit les cabinets de Vienne et de Pétersbourg nous traiter aussi hostilement que si nous avions formé contre eux une alliance avec les Prussiens.

■ Cependant, te Roi avait poussé la condescendance jusqu'au point de reconnaître peut-être trop facilement l'envahissement de la Crimée, enlevée aux Musulmans, et sa réunion à l'Empire de Russie; mais cette complaisance ne nous a valu que quelq^ues froids remerclments , et nous n'avons pas pu même obtenir du cabinet russe une satisfaction longtemps réclamée pour des griefs assez importants dont nous demaodous. vainement une juste réparation

■ C'est dans ces dispositions, > disait le minbtre, •■ que vous trouverez Catherine II. On craint que , dans la querelle qui vient de s'élever entre la Hollande et Joseph II , elle ne prenne parti pour l'Empereur. Sou but probable est d'agir de sorte qu'en se concertant; avec l'Angleterre, les Hollandais se voient réduits à niplorer sa protection, tandis <pie rEnipeceur croira

PIÈCES JUSTIFICiïIVES. 567

lui devoir les sacriBceg qu'elle dictera à cette République.

' Enfin, je suis persuadé que toute démarche pour nous concilier l'amitié de l'Impératrice serait inutile ,et que, tant qu'elle existera, la conduite du Roi vis-àvis d'elle doit se borner à de simples égards. Cependant je vous invite à chercher les moyens de vous rendre personnellement agréable à cette Princesse et A ceux qui ont te plus d'influence sur elle. Nous n'entrevoyons aucun espoir de faire un traité de commerce avec la Russie ^ mais si, contre toute probabilité, quelques circonstances imprévues plus favorables se présentaient, profitez de l'occasion qu'elles pourraient faire naître, et attachez-vous surtout à prouver aux ministres russes combien le privilège accordé aux Anglais est onéreux à la Russie, tandis que nous, plus modéri's dans nos désirs, nous ne demandons que l'égalité de traitement avec toutes les centres puissances commerçantes. "

« Joseph II, jugé sévèrement, comme les priuces que la fortune abandonne, et puni plus rigoureusement dit bien qu'il avait fait que de ses fautes, laissait à son successeur uu trône chancelant environné d'écueils. On ne doutait pas que Lébpold, effrayé de sa position, et plus habitué au travail du cabinet qu'à l'exercice des armes, n'abandonnât tous les plans de son prédécesseur, et l'on

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iToyait qu'il se résignerait aux plus grands sacrifices {luiir conserver la paix.

- Il lu voulait, en effet, mais il la demanda avec dignité, et la négocia avec adresse. Il prêta l'oreille à toutes les propositions de la Prusse, de la Pologne et de ta Porte j mais, profitant habilement de la vanité de Frédéric^aillaume pour écarter des dangers réels par une déférence illusoire j tirant parti de la crainte que la révolution de France commençait à inspirer j rasseioblam, avec promptitude, une armée formidable, il trouva le moyen , par sa modération et sa fermeté, de cooclure une paix honorable qui lui garantit la possession tranquille de ses Etats, lui assura l'Empire, et fit rentrer dans le devoir ses provinces rebelles. -

• Hertzbei^, fidèle au plan du grand Frédéric, voulait profiter de cette circonstance pour abaisser la Maison d'Autriche. La fortune semblait avoir tout préparé pour réaliser ses espérances, lorsque tout à coup le système et le crédit de ce ministre, ardent lorsqu'il projetait, mais trembleur au moment d'exécuter, furent anéantis par les intrigues de ses rivaux , la faiblesse de son maître et l'habile prudence de Léopold. "

Ségur , Histoire des principaux événements du règne de Frédéric II, roi de Prusse, et Tableau politique de l'Europe, depuis 1786 jusqu'en 1796, ou tan iv de la Bépublique.

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 5Gi)

" Le XVI° article du testament de Joseph II est ainsi conçu : » J ordonne que le présent écrit, contenant mes • dernières volontés, soit rendu public après ma tnort ; « et je prie ceux à qui , contre mon intention , je n'au- « rais pas rendu une pleine justice , de me pardonner, > soit comme chrétiens , soit par humanité. Je les prie - de réfléchir qu'un monarque sur son trône, ainsi que " le pauvre dans sa chaumière, est homme, et que tous ■ deux sont sujets aux mêmes erreurs. "

William Cose, Histoire de la Maison d'Autriche, tome V.

« Je ne regrette point le trûne, • dit-il à ses derniers moments; « un seul souvenir pèse sur mon cœur ; c'est " qu'après toutes les peines que je mes^is données, j'ai ' fait peu d'heureux, et beaucoup d'ingrats. "

Lui-même avait dicté son épitaphe : Ci-gît Joseph II, qui fut malheureux dans toutes ses entreprises.

L'Empereur François II a fait ériger, en l'honneuide son oncle, une statue équestre en brome. L'auteur de ce beau travail est le baron de Zauner.

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