M. DE KAUNITZ
« Il m'est impossible de le prévoir. Cela dépend
» d'événements qu'on ne saurait encore calculer.
)) Mon Prince, votre mémoire vous trompe; je n'ai f> jamais approuvé la Confédération; je n'en ai jamais » fait le moindre cas; jamais elle n'a eu ni consistance , n ni ressource; je n'ai jamais espéré qu'elle pût pro- » duire le moindre effet : c'est sur ce ton que j'en ai » toujours parlé à M. Durand. Pour ce qui regarde la » Pologne, ainsi que le roi de Prusse et l'impératrice de » Russie , nous sommes décidés à ne point souffrir que » nos voisins s'y procurent un agrandissement qui » puisse altérer l'équilibre ou diminuer l'égalité de la » balance politique du Nord. C'est en conséquence de » ce principe , dont nous ne nous départirons jamais , » que nous sommes résolus de faire entrer incessam- » ment une armée en Pologne, assez considérable pour » imposer aux forces combinées qui s'y trouvent réu- » nies, et pour pouvoir, en cas de nécessité, mettre » obstacle à des projets d'invasion^ D'ailleurs , avant
j> ce temps, et très-incessamment, il y aura nn Con- D grès. Les Turcs probablement ne feront pas beau- D coup de difficultés sur le lieu ; la Russie n'y mettra » pas d'entêtement. Ainsi , ce premier obstacle sera » bientôt levé. Mais il y en a un autre qui offre de » grandes difficultés , c'est l'indépendance de la Cri- » mée. Catherine II l'exige absolument, et paraît d'aulx tant moins vouloir s'en détacher, qu'elle fait , par » pure générosité et par amour pour la paix , le sa- » crifice de la Yalachie et de la Moldavie , que sa posi- » tion actuelle la mettrait à portée de conserver à titre » de conquête. »
M. DE rohàn.
a Prince , dans un tel arrangement , n'y aurait-il pas » quelque inconvénient, non-seulement pour Tindé- » pendance ottomane , mais encore pour les frontières n de l'Autriche? »
M. DE KÀimiTZ.
« Que faire? Il y a des occasions où il vaut mieux n laisser un torrent s'écouler que de lui opposer une » digue. La stupidité , la faiblesse des Turcs ont » trompé nos espérances ; nous n'en pouvons plus » rien attendre. »