‹ Histoire de JouvenetChapitre 21 sur 141 · PRÉSENTATION AU TEMPLE · texte numérisé non relu

PRÉSENTATION AU TEMPLE

Premier exemplaire. Hauteur : 3m. 31. — Largeur: lm. 98. N 69 du Catalogue de 1855 du musée de Rouen.

Sur les degrés du Temple, la Yierge, agenouillée aux pieds de Siméon, présente le Dieu enfant, sur lequel le saint vieillard impose les mains , en entonnant le cantique : « Y une dimittis , etc. » Sainte Anne est prosternée en avant de Jésus; sur la gauche , saiut Joseph tient une cage qui renferme les deux pigeons, offrande ordonnée par la loi juive.

Ce tableau est signé : « J. Jouvenet pinxit , 1692. »

Il provient du dépôt central des Jacobins.

Le Catalogue de Le Carpentier accuse , au musée de Rouen , sous le n°. 58 , ce même sujet, sous le titre de la Purification. Ce tableau, de forme cintrée, est sur toile ; il diffère, pour sa composition, de celui qu’on connaît du même artiste, gravé par Desplaces, et qui était autrefois dans l’église du collège des Jésuites de Rouen , lequel a été vendu pour l’Angleterre il y a quelques années.

Ce n°. 58 appartenait à la paroisse de la Londe. Celui-ci serait-il le tableau dont Le Carpentier annonçait la découverte en ces termes dans une lettre du 28 frimaire an II de la République : « Je me hâte d’annoncer cà Lemonnier que le voyage que je viens de faire à la Londe a été des plus fructueux, puisque j’en rapporte un superbe et magnifique tableau de notre compatriote Jouvenet, lequel s’y est peint lui-même et sa fille en 1692. Ce tableau a 10 pieds de hauteur sur 6 pieds de largeur. Il est un des plus capitaux de ce maître, et fait pour être l’ornement du Muséum. »

Deuxième exemplaire. Hauteur : 2m. 10 — Largeur: 1»*. 30. —

Au musée de pèinture du Mans.

« La scène se passe sur un escalier conduisant aux cours intérieures du temple, dont les portiques et colonnades composent tout le fond du tableau. Au premier plan , à genoux sur le premier degré , une femme vue de dos , tenant un enfant nu ; à

gauche, deux lévites, dont l’un allume un flambeau ; au milieu des degrés, un peu à droite, saint Joseph portant le présent accoutumé de pigeons, et enfin, sur le haut des marches, le grand-prêtre, ayant à sa droite sainte Anne et à sa gauche la Vierge, et tenant l’Enfant dans ses bras ; quelques figures de lévites, et voilà tout.

« La composition bien ordonnée , le fond d’architecture et le style général rappellent Nicolas Poussin : l’exécution, un peu molle, quoique savante, me ferait croire ( c’est M. Dugasjean, conservateur du musée du Mans, qui parle ) que c’est un ouvrage de la vieillesse de Jouvenet, alors, peutêtre, que, par suite de sa paralysie, il se mit à peindre de la main gauche.

« La provenance de ce tableau nous est inconnue ; il est probable qu’il ornait quelque autel de chapelle supprimée à l’époque de la Révolution ; car il faisait partie du dépôt d’objets d’art qui, remis à la Commune en 93, après la fermeture des églises, des couvents et des châteaux de nobles émigrés , a formé le noyau de notre musée actuel.

« Les figures sont de grandeur du Poussin , peintes sur préparations rouges. »

Cette toile fut placée par Jouvenet à Sle.-Opportune.

Troisième exemplaire. — Hauteur : lm. 10. — Largeur : 0">. 86.

On trouve au musée de Reims, sous le n°. 46 du Livret de 1845, une esquisse de la Présentation au

Temple, par Jouvenet. Elle figure au catalogue indicateur de l’an X, sous le n°. 110.

Il existait déjà (nous écrit l’obligeant M. Ch. Loriquet , conservateur de la bibliothèque et du musée de Reims) dans l’ancien musée, et provient de M. Ferrand de Monthelon , peintre et directeur de l’École de dessin de la ville en 1748.

En voici la description :

« Le grand-prêtre, en robe rouge, tient l’enfant Jésus sur des langes ; la Vierge, en manteau bleu, est agenouillée devant lui; derrière, une vieille femme (Anne la prophétesse probablement) , les bras tendus et s’exclamant en considérant l’Enfant; puis d’autres personnages, anges, etc.

« A la gauche du prêtre, un lévite allumant un cierge à un brasier placé sur un candélabre.

« Au premier plan, au bas des degrés, une jeune femme se retire , le sein demi-nu , avec son enfant. Un homme, probablement un lévite (car sa robe a la même couleur gris-rosé que le précédent ) , mais plus âgé que l’autre , se baisse pour prendre dans un panier les colombes qui doivent servir d’offrande.

« Ce tableau a des analogues au musée de Rouen, pour la manière dont le sujet est traité. Mais, quoiqu’on y remarque de grandes beautés de détail, il a une sécheresse qui, selon moi, l’éloigne un peu du genre de Jouvenet. En l’absence de

preuves, je crois qu’on doit s’abstenir de le donner comme étant certainement du peintre rouennais. Cependant , ici , on le lui a toujours attribué. »

Le tableau gravé par Desplaces était autrefois dans l’église du collège des Jésuites de Rouen ; il a été vendu pour l’Angleterre il y a quelques années : il fut cédé pour 900 livres ; le graveur Bacheley en avait offert 600.

11 diffère, pour sa composition, de celui de la paroisse de la Londe.

Nl'NC DIMÏTTIS.

Tableau peint par Jouvenet, pour le collège des Jésuites, vers 1685. Ce fut un de ses plus beaux ouvrages.

Ce tableau n’est autre que le précédent, passé en Angleterre.

Voici, à l'occasion de cette toile, ce que nous lisons dans l’un des Mémoires présentés, en 1836, à l’Académie de Rouen :

« Lors de l’expulsion, en 1762, des Jésuites de France, ce tableau fut enlevé de leur église et placé, en exécution d’une délibération du 23 février 1 763, dans la salle destinée à tenir les assemblées de l’administration. Ce tableau fut vendu, le 2 h mai 1765, à un Anglais, moyennant la somme de neuf cents livres, que IM. Le Breton, receveur-économe de ladite administration , employa sous l’article 8 A de son

compte de l’année 1765 ; et le 26 juin de la même année 1765, l’administration approuva celte vente. La ville de Rouen se trouva ainsi dépouillée d’un des chefs-d’œuvre de Jouvenet. »

BAPTÊME DE JEStS-CHRIST.

Simplement mentionné par M. J. Houel, comme de date incertaine.

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