‹ Histoire de JouvenetChapitre 37 sur 141 · L’ASCENSION DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

L’ASCENSION DE JÉSUS-CHRIST

Premier exemplaire. — Hauteur : 1*». 90. — Largeur : dm. 04. — Figures de grandeur naturelle. — N°. 302 du musée du Louvre. Notice de M. Villot

« Jésus-Christ, entre deux anges, s’élève au ciel en présence de la Sainte Vierge placée à droite, de saint Pierre et de trois autres disciples agenouillés. — Signé, à gauche : « Jouvenet, 1711. »

« Ancienne collection. — Ce tableau, autrefois de forme cintrée, fut placé, en 1711, dans une des chapelles de l’église de St. -Paul (quatrième à gauche). Il y fut peint sur place par Jouvenet. »

Deuxième exemplaire* — Hauteur : lm. 68, — Largeur : 0,n. 96. — N°. 71 du Musée de Rouen, — Catalogue de 1855.

« Escorté de deux anges , le Sauveur monte aux deux. Parmi les apôtres présents, on reconnaît saint Pierre à la clef placée devant lui sur un livre.

La Vierge contemple avec bonheur la gloire de son divin Fils. »

Ce tableau est signé : « J. Jouvenet, 1716. »

« Ex dono DD. de La Roque-Hue, canonici et decani eccl. Roth., anno 1725. »

A l’occasion de ce tableau, M. de Chennevières écrit :

« L’Ascension de Jouvenet (du Musée de Rouen) , signée et datée de 1716, l’année qui précéda la mort de ce peintre vraiment grand , et donnée à une église de Rouen, en 1725, par un chanoine, M. de La Roque-Hue, est sans doute une admirable répétition de celle qui se voit au Louvre. »

Il portait le n°. 129 du catalogue de Le Carpentier, et le n°. 119 du catalogue de 1846.

Ce beau tableau, avant d’être offert par M. de La Roque-Hue au Chapitre de la cathédrale , ornait primitivement la chambre du généreux chanoine.

Troisième exemplaire. — Élévation : lm. 50. — Largeur : 1™. 15. — Personnages de 0m. 30 de grandeur.

Dans la chapelle du château de M",e. la comtesse

de Sainte-Suzanne, à Écuny (Marne), se trouve, avec deux autres tableaux également attribués à Jouvenet, une Ascension de Notre-Seigneur. « Ce tableau, nous écrit obligeamment M. le baron de La Tullaye, occupe le maître-autel, et il est considéré comme le plus beau , parce que la composition est admirable et qu’il est plus terminé que les deux autres, surtout le dernier (Descente de Croix et Jésus-Christ chassant les Vendeurs du Temple).

« On voit une vaste arcade , sous laquelle se trouvent réunis tous les disciples et les saintes femmes. La Mère du Sauveur, saint Jean , les disciples, ont les regards et les mains tendus vers le ciel ; quelques-uns sont à genoux. Beau dessin , poses hardies et naturelles , et surtout admirable sentiment et expression des figures, avec un puissant coloris : telles sont les qualités qui distinguent ce groupe et tout ce tableau. Au-dessus de l’arcade, et comme faisant un tableau séparé, Notre Seigneur s’élève dans des nuages brillants de lumière et dans l’éclat de toute sa majesté divine. Il est au milieu d’un groupe d’anges qui, montent avec les nuées. Tout cela est d’un grand effet ; et quelques défauts, qui rendent l’œuvre imparfaite, prouvent surabondamment que ce ne peut être un tableau copié. M. le comte de Sainte-Suzanne m’a souvent répété avoir vu le groupe du bas, sans l’arcade et sans le Sauveur avec les anges, dans un grand tableau qui

appartiendrait , si mes souvenirs sont fidèles , à la cathédrale de Meaux.

« Voilà, Monsieur, la description des tableaux que nous attribuons à Jouvenet par tradition, et parce qu’ils portent l’empreinte et le cachet du grand maître. Achetés par des amis de M. le comte de Sainte-Suzanne, je n’ai pu, jusqu’alors , m’enquérir des autres motifs qui les font attribuer à ce peintre ; car ils ne portent point de date et ne sont point revêtus de la signature de ce grand artiste. Cependant , il est hors de doute que ces tableaux ont l’empreinte de son talent, son coloris si doux et si fort, sa savante manière. Ces tableaux ne peuvent être des copies ; car il y a une largeur de touche, une vigueur dans les contours et un laisseraller qu’un copiste ne saurait rendre. J’ai toujours pensé que ces tableaux étaient l’œuvre préparatoire d’un travail capital, l’ébauche terminée qui devait servir à la production d’une œuvre de génie. »

Depuis que notre ouvrage est livré à l’impression , une bonne fortune nous a procuré l’honneur de nous trouver en compagnie de M. l’abbé Langlois , chanoine honoraire de Rouen , ancien directeur de Maîtrise et membre de l’Académie des Sciences , Belles-Lettres et Arts de la même ville ; auteur de l’excellente Histoire du prieuré du Mont-aux-M 'alades , près Rouen. Ce savant prêtre nous a révélé l’existence de trois Jouvenels qui

nous étaient inconnus. Tous les trois se trouvent à Rouen. Ce sont :

1°. A l’Archevêché , la Présentation au temple de N. S. J.-C. ;

2°. Au premier monastère des Yisitandines , Apothéose de sainte Jeanne de Chantal ;

3°. Au couvent de St. -Joseph, le Christ bénissant les enfants.

Nous sommes heureux de pouvoir donner ici la description de chacune de ces toiles , que nous tenons de l’obligeance d’un bon ami, M. l’abbé Guériteau, vicaire de St.-Maclou de Rouen.

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