‹ Histoire de JouvenetChapitre 38 sur 141 · LA PRÉSENTATION AU TEMPLE · texte numérisé non relu

LA PRÉSENTATION AU TEMPLE

Hauteur: 1<”. 80. —Largeur: lm. — Personnages de demi-nature au plus. — Au salon de l’Archevêché de Rouen.

« C’est la plus belle des trois pages que vous me révélez , je dirai la seule des trois où le pinceau de Jouvenet ait laissé des traces évidentes de son passage.

« La scène se passe entre deux grands portiques , probablement dans un coin du temple.

« Au centre , l’Enfant Jésus , porté sur les bras du vieillard Siméon ; la tête du vieillard est saisissante, d’une expression toute prophétique ; la sublime beauté de son regard dit bien au spectateur que cette âme est aux cieux. A droite du

vieillard , la prophétesse Anne dont le visage brille de la même expression.

« A gauche du prêtre, la Sainte Vierge, les yeux fixés avec la plus touchante modestie sur le pavé du temple.

« Une autre femme âgée (peut-être sainte Anne) contemple la scène avec la plus candide naïveté ; elle est ravie de bonheur.

« Au premier plan , saint Joseph atteint deux colombes placées dans une cage à terre.

a Près du grand-prêtre se trouve un énorme chandelier supportant une lumière ; un lévite y allume un cierge.

« Dans la partie à gauche , une femme portant un enfant se retire ; probablement elle vient d’être purifiée. Le type tout ordinaire de cette femme donne une singulière élévation aux autres personnages.

« Pour compléter la scène , un vieillard et deux femmes (Jouvenet et ses deux filles?); plus, deux personnages dans l’ombre , deux anges aux grandes proportions , deux têtes.

« On peut résumer ainsi les qualités de ce tableau : bel effet de lumière ; heureuse disposition des personnages ; expression très-remarquable dans la tête du vieillard , d’Anne , de Marie ; on retrouve dans les anges l’harmonie des couleurs que sut souvent si bien rencontrer l’auteur.

« Malheureusement ce tableau a été réduit et reverni. Son histoire m’est inconnue ; il n’en est fait aucune mention dans l’inventaire dressé au moment de la mort du cardinal de Croy. Le prince-cardinal collectionnait dans ses appartements , aux Tuileries , les toiles de Jouvenet. En 1 880 , sa galerie fut pillée , dévastée , les toiles déchii’ées , volées , vendues , dispersées. Probablement il en existe encore qui attendent l’ heureux artiste qui les remettra en lumière. »

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