‹ Histoire de JouvenetChapitre 56 sur 141 · APOTHÉOSE DE SAINT FRANÇOIS DE PACLB · texte numérisé non relu

APOTHÉOSE DE SAINT FRANÇOIS DE PACLB

Hauteur : 3 m. 20. — Largeur : 2 m. 40. — Dans l’église Saint-Jeande-Malte, à Air.

Cette toile fut donnée cà la ville d’Aix, en 1825 ou 1826, par le roi Charles X, avec plusieurs autres tableaux. Ce don, destiné au Musée de la ville, fut distribué provisoirement aux églises, d’où il n’a jamais été retiré.

Nous devons à l’obligeance de M. J. Gibert, conservateur-directeur du Musée de peinture de la ville d’Aix, la description de ce tableau du grand artiste rouennais.

« Le tableau dont j’ai l’honneur de vous entretenir représente l’apothéose de saint François de Paule. Cinq figures d’anges élèvent vers le ciel le Saint, revêtu du costume de son ordre, tandis qu’en haut du tableau, à droite du spectateur, le Christ se penche sur une masse de nuages pour le recevoir ; enfin le Père-Eternel, placé sur un plan plus

éloigné, participe à cette scène glorieuse. Quelques têtes de chérubins complètent la composition.

« Chacun des anges du groupe principal, tout en concourant à l’unité de l’action, tient à la main un signe symbolique de la vie du Saint : ainsi celui de droite porte un globe terrestre ; celui de gauche, une fleur ou branche de lis; le plus élevé, une couronne blanche et un miroir où est écrit le mot Char iias; enfin , les deux autres sont armés des instruments de la Passion.

« Ces figures sont de grandeur naturelle, et on lit au bas du tableau , à gauche , la signature J. Jouvenet, 1691 , écrite en gros caractères.

« Comme toutes les productions de ce maître , cette peinture est avant tout décorative ; la composition mouvementée et la largeur de l’effet en révèlent parfaitement l’auteur : cependant ce tableau diffère des belles pages qui sont au Louvre , par une touche plus légère et un coloris moins jaunâtre ; peut-être aussi , outre une importance bien inférieure , n’a-t-il pas toute l’énergie de ces derniers.

« Quoi qu’il en soit , c’est l’œuvre d’un grand peintre dont le nom est à la tête de notre École française , à côte des Poussin et des Le Sueur. »

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