APOTHÉOSE DE SAINTE JEANNE DE CHANTAL
Largeur : 1”. 25. — Hauteur : 2™. 10, — Au premier monastère de la Visitation t à Rouen.
Il y a , dans ce tableau , trois actions ainsi divisées :
1°. Apothéose de sainte Jeanne de Chantal, en haut, au centre;
2°. A gauche , en bas , une Yisitandine avec ses élèves ;
3°. A droite, en bas, saint François de Sales donnant à la Sainte la Règle de la Visitation.
Et d’abord, l’Apothéose. — « Le Sauveur, embrassant du bras droit la croix , est placé à gauche en entrant ; il tend la main gauche vers saint François.
« Un peu plus bas , au centre , le saint évêque, en habits épiscopaux , est tourné et incliné vers sainte Chantal ; il a sur les lèvres un sourire fort gracieux ; il donne une main à la Sainte qui est à droite, dans le costume de l’Ordre. Deux petits anges tiennent une couronne de fleurs sur la tète de la Sainte.
« La Sainte est portée sur un nuage , et escortée plutôt que soutenue par deux grands anges qui rappellent tout-à-fait le Triomphe des Évangélistes. Cette partie du tableau seule me paraît être de Jouvenet.
* Le deuxième épisode est fort mal soigné. Une Visitandine , sans expression , est auprès de trois jeunes élèves portant l’uniforme ; elle ne les regarde point, et ne paraît avoir aucune raison de se trouver là, non plus que les enfants. Un temple grec, assez semblable à celui de Jérusalem , dans le Mariage de saint Joseph ( de Raphaël ) , clôt à gauche la perspective.
« Le troisième compartiment est meilleur. Saint François de Sales, en mitre et en chape, est assis ; deux acolytes l’accompagnent avec cierges ; derrière , deux chapelains , dont l’un porte la crosse, l’autre le pontifical ; les quatre enfants ont la tonsure monacale et le capuchon.
« Le Saint tend à sainte Chantal un volume relié ( la Règle, je crois, ) que la Sainte reçoit à genoux. Cinq autres religieuses l’accompagnent, dans des attitudes diverses.
« Au bas du tableau , se trouve le double écusson des donateurs : celui de droite est un fond d’azur au chevron d’argent avec trois étoiles, 2 et \ . A gauche , le champ est de sable à la bande de gueules; au premier quartier, un arbre , et au second, un lion rampant. Les deux écus sont surmontés d’une couronne de marquis.
« Ce tableau , comme celui de l’Archevêché , a été réduit afin de pouvoir le faire entrer dans un cadre formé par le parquet du Parloir. »
Nous devons à l’obligeance des Dames de la Visitation quelques renseignements tirés des archives du monastère.
Ainsi, la circulaire de 1768 , à l’occasion de la canonisation de leur fondatrice , porte que « le tableau qui nous occupe est enrichi d’un cadre doré, lequel seul coûte 200 livres, et est un don de M. de Nornianville et de M. d’Ausseville, son frère. Ces Messieurs en ont fait présent au monastère, en considération de Mesdames leurs épouses que nous avons eu l’honneur d’élever parmi nos pensionnaires, jusqu’au moment de leur établissement. »
Si nous osions exprimer ici toute notre pensée , nous dirions que nous doutons beaucoup que Jouvenet ait jamais donné un coup de pinceau sur cette toile. Ce ne peut être , tout au plus , qu’un ouvrage de quelque élève , même peu habile, à l’exception de l’ange dont nous avons parlé.
§ 5. Divers sujets religieux.