LOUIS XIV TOUCHANT LES ÉCROUELLES
Hauteur : 1™. 52. ~ Largeur : 1»>. 05. — Dans la chapelle de St.-Marcoul, église de l’ancienne abbaye de St.-Ricquier , près Abbeville. -
« Ce tableau a été peint , en 1690 , par le célèbre Jean Jouvenet, peintre du siècle de Louis XIV , directeur et recteur perpétuel de l’Académie royale de peinture. Il le fit en concurrence avec les meilleurs peintres de son temps, tels que Coypel , Hallé et les frères Boullongne. Le pieux abbé d’Aligre , qui faisait la dépense de ce tableau, promit une médaille d’or de 200 livres pour celui qui le ferait le mieux. Cette victoire fut remportée par Jouvenet. Ce tableau victo-
rieux représente Louis XIV , touchant les écrouelles et disant aux malades : « Le Roi te touche ; Dieu te guérisse. » Les malades, chez qui on remarque la foi la plus vive , sont présentés au Roi par le Grand-Dauphin. Madame de Maintenon est à genoux , tenant devant elle le duc du Maine , son élève. Le Monarque est escorté de ses gardes et accompagné du vénérable abbé de St.-Ricquier, la tête ceinte de l’auréole.
« Toutes les figures sont frappantes de ressemblance et d’expression. On y reconnaît le pinceau ferme et vigoureux de Jouvenet , et la richesse de sa composition. » ( Notice qui accompagne ce tableau dans l’église de St.-Ricquier).
D’Argen ville et M. de Chennevières ont parlé de ce tableau avec beaucoup d’éloges , mais n’ont certainement pas dépassé les limites d’une juste appréciation. Aucune toile de maître ne présente un coloris plus riche et plus harmonieux. C’est un des plus beaux tableaux de chevalet qui soient sortis du pinceau de Jouvenet.
M. Le Tellier , professeur de dessin , à Amiens, a fait de ce tableau une charmante aquarelle pour le portefeuille de M. le duc de Luynes.
M. Dusevel, inspecteur des monuments historiques de la Somme , a fait remarquer , avec beaucoup de raison , que , dans cette composition , il fallait voir saint Ricquier lui-même au lieu de
l’abbé d’Aligre; l’artiste n’eût point osé orner de l’auréole la tète d’un simple abbé encore vivant.
11 décore aujourd’hui même le rétable d’autel de la chapelle de St.-Marcoul ; c’est du reste à ce saint que nos Rois devaient, comme chacun sait, le pouvoir de guérir les scrofuleux. Il occupe donc parfaitement la place qui lui convient dans cette basilique où toute chose est si convenablement placée , grâce aux soins intelligents du savant et vénérable abbé Padé, de si regrettable mémoire.