‹ Histoire de Justinien (volume 2)Chapitre 52 sur 62 · Cet Arsène, fut envoyé peu de temps après · texte numérisé non relu

Cet Arsène, fut envoyé peu de temps après

comme disposé à servir chaudement l'empereur, à Alexandrie avec Paul, soit pour le seconder en toutes choses, soit surtout pour travailler de toutes ses forces à lui ménager les suffrages des Alexandrins.

A cette époque, il se vantait d'avoir étudié avec le plus grand soin, et de s'être fait initier à tous les dogmes des Chrétiens, pendant qu'il était en disgrâce au palais. Théodora en fut fort mécontente; car, ainsi que je l'ai dit dans mes écrits précédents , l'impératrice affectait alors de professer une opinion contraire à celle de l'empereur sur ce point.

5. Lorsqu'ils furent arrivés à Alexandrie, Paul livra un de ses diacres, nommé Psoès, au gouverneur, pour qu'il le punît du dernier supplice, disant que cet homme était le seul obstacle à la réalisation des volontés ' de l'empereur. R/iodon, poussé par les dépêches impériales qui se succédaient, et qui devenaient pressantes, ordonna de faire fouetter de verges Psoés, qui, soumis à la torture, périt aussitôt au milieu des souffrances.

6. Lorsque la nouvelle en arriva à l'empereur, Théodora ne cessa pas ses représentations auprès de lui , jusqu'à ce qu'elle eut soulevé sa colère contre Paul, Rhodon et Arsène, comme s'il n'eût envoyé à ces hommes aucune des instructions dont ils s'étaient prévalus.

Juslinien, en conséquence, établit Libère, patrice de Rome, comme gouverneur à Alexandrie, et envoya des ecclésiastiques haut placés dans la même ville, pour faire enquête sur cette affaire. Parmi eux se trouvait

Pelage, archidiacre de Rome, qui avait pour mission, sur l'ordre formel du pontife Vigile, de le représenter en cette occasion (comme légat).

7. Il fut démontré que Paul était coupable de meurtre. Aussitôt Pelage et Libère le déposèrent de son siège. L'empereur fit trancher la tête à Rhodon, qui s'était réfugié à Byzance, et confisqua ses biens au profit du trésor public, bien que l'infortuné produisît jusqu'à treize dépêches, par lesquelles cet empereur lui mandait expressément, et avec beaucoup d'insistance, de se conformer en tout aux prescriptions de Paul et de ne jamais s'opposer à ses désirs, afin qu'il pût, sur les affaires de dogme, lui venir en aide autant que Justinien le voulait.

Libère fit empaler Arsène, d'après l'ordre de Théodora, et l'empereur s'empara (aussi) de ses biens, quoiqu'il n'eût contre lui d'autre grief que les relations intimes qui avaient existé entre cet homme et Paul. Qu'il ait agi en cela avec équité ou non, c'est ce que je ne puis dire : mais je dois achever cette histoire.

8. Quelque temps après, Paul se rendit à Byzance, et au moyen du don de sept centenaires d'or (700 livres, de valeur de 726,796 fr.) qu'il fit à l'empereur, il lui persuada que sa dignité sacerdotale lui avait été enlevée sans motif, et qu'on devait la lui rendre.

Justinien reçut fort bien cette grosse somme, rendit à cet homme les honneurs de son rang, et convint de le réintégrer le plus tôt possible dans la direction su-

prênie du clergé d'Alexandrie, quoiqu'un autre en fût investi.

N'était-il pas manifeste qu'il avait fait périr les affidés de PauL et ses complices dans le crime, et qu'il s'était emparé de leurs biens !

9. L'auguste empereur réunissait tous ses efforts pour faire réussir ce projet, et Paul semblait, en dépit de tous les obstacles, devoir occuper de nouveau le siège. Mais Vigile, ayant à cette époque paru en personne (à Byzance), ne voulut jamais céder aux ordres de l'empereur sur ce point. Il protesta qu'il ne lui était pas possible d'infirmer, par sa décision particulière, une sentence que Pelage avait rendue en sa qualité (de juge), de sorte que l'empereur ne s'occupa plus d'un autre soin que de retirer de l'argent de toutes les affaires qui se présentaient.

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