H établit lui-même archiprêtre d'Alexandrie un
nommé Paul. Alors le gouvernement de cette ville était aux mains de Rhodon, Phénicien de nation. Il lui recommanda d'user de la plus grande déférence envers l'archiprêtre, afin que rien de ce qui lui serait recommandé par ce dignitaire ne demeurât sans exécution. Il pensait, en effet, que par ce moyen Paul serait choisi par les prêtres alexandrins pour soutenir le synode de Chalcédoine.
3. Il y avait aussi un certain Arsène,, originaire de Palestine, qui était devenu l'un des affidés les plus dévoués de l'impératrice Théodora. Cette faveur, soutenue d'ailleurs par le crédit qu'il en retirait, et par les grandes richesses qu'il avait acquises, l'avait porté jusqu'à la dignité de sénateur, quoiqu'il fût très-mal famé.
Il était Samaritain de croyance; mais afin de conserver son crédit, il se prévalait du titre de Chrétien. Cependant son père et son frère vivaient à Scythopolis, puissants par son appui. Là, dissimulant la foi de leurs pères, ils persécutaient à outrance, par ses conseils, les Chrétiens. Les citoyens de cette ville se révoltèrent contre eux, et les massacrèrent tous deux avec des circonslances cruelles. Il en résulta de nombreuses
calamités dans la Palestine.
En cette occurrence, ni Justinien ni l'impératrice ne sévirent contre Arsène, quoiqu'il fût la principale cause de tous ces malheurs. Us se bornèrent à lui interdire l'entrée du palais, afin d'apaiser les plaintes les plus vives que les Chrétiens portaient contre lui.