PARIS
F1RMIN DIDOT FRÈRES
m:f. j\r.on, 55
DURAND, LIBR AIRK
['.M. IïKH r.Rfcs, 7.
Novembre I8.s«
Ces médailles, iloni il existe plusieurs exemplaires au cabinet de Paris et ailleurs, et qui renferment les initiales de Justinien avec celles du nom complet ou incomplet de Justin , ne laissent aucun doute sur l'usage où l'on était de nimber la tête des princes chrétiens, comme on fait ordinairement pour les saints, quoi qu'en dise Ludewig (p. 162 et 167).
Elles pèsent 4 grammes 34 centigr., et portent au revers CONOB, ce quij d'après un mémoire récent de M. Friedlander, conservateur du cabinet de Berlin (i85i, 8°), devrait se décomposer en deux parties, dont les trois premières lettres seraient l'initiale de Constantin nople, et les deux dernières, OB, deux lettres grecques signifiant 72, nombre de ces pièces à la livre romaine.
Si ce fait était avéré (et il est douteux, puisque les tiers de sol et les médailles d'argent et de cuivre donnent aussi o&'), on aurait le poids (encore indécis) de la livre romaine à 3n grammes 48, ou 3i2 grammes, au lieu de 327 gr. évalués pa* Letronne (1817 et 1825), et de ^29 gr. par le numismate de Berlin.
On sait que les pièces d'or perdent peu, étant inaltérables, à moins de quelque accident particulier. Dans tous les cas, les autres pièces du même module n'arrivent qu'à 32o gr. au plus; un sol d'or de Constant, César, fils de Constantin, de l'an 337, décrit par M. Chabouillet (Revue numism., 1849), d'après un exemplaire bien conservé du cabinet de M. Dupré, ne pèse que 4 g r - 4 2 > « vec le chiffre non équivoque o(J' ^72), ce qui ne donne encore à la livre romaine que 3 18 gr. 20; mais il y a des pièces de 4 gr. 5o, donnant 324 g r - pour la livre, en sorte jque la moyenne de 320 grammes est la donnée la plus vraisemblable. C'est environ i5 fr. de valeur pour chaque pièce. 19
Quoi qu'il eu soit, il existe, des deux princes, d'autres pièces, l une avec la seule légende de Justin, et au revers le
monogramme M avec le millésime jjj (VIII), frappées à
Cyzique, KYZ. — Alemanni, p. 67, la reproduit avec une deuxième, au chiffre X, et au monogramme /A. Il ajoute qu'un savant, Ad. Occo, affirme en avoir vu une semblable surmontée d'une croix et terminée par la lettre B et le chiffre X, qu'il suppose frappée à Nicopolis. Enfin, lui-même en a vu une quatrième où le chiffre X était exprimé en lettre grecque I.
On conçoit que des cites, comptant pour une année l'an 5 18, époque de l'avènement de Justin, et l'an 527, époque de sa mort, également pour entières, aient pu supposer à ce prince dix années de règne. Ce genre de flatterie se trouve souvent dans la numismatique, quand il n'est pas l'effet d'une erreur ou de la manie de faire des nombres ronds ; mais on a vu que Marcellinus donnait à Justin neuf ans et deux mois, et Évagrius, neuf ans et trois jours de règne, ce qui suffit pour justiûer ces médailles.
Ludewig (loc. cit.) réfute avec raison Ducange et Beger, qui virent dans le mouogramme M avec l'A minuscule qui l'accompagne , et qui paraît pour la première fois dans les monnaies d'Anastase, le signe de la vierge Marie, patronne de Constantinople. N'était-ce pas assez que de figurer la croix, comme on l'a fait, dans les mains des deux empereurs? et un tel signe aurait-il remplacé l'initiale du Christ, XP, dans le revers? Ce monogramme est bien plutôt l'initiale et la finale du mot Moneta.
Eckell (ch. XVI, p. 5o8) récuse aussi l'explication de la majuscule M, par une allusion à la Vierge, et de I. C,
par une allusion au Christ, qui ne s'exprime pas autrement que par XP, réunis dans un monogramme.
C'est le signe de la valeur monétaire, 10, 20, 3o, selon le P. Hardouin , en les prenant pour des lettres grecques ; mais on trouve ce chiffre M et XXX dans les médailles de bronze de premier et deuxième module. De plus, l'addition de la petite lettre a complique la difficulté, qui ne paraît pas encore résolue.
Eckell a trouvé dans le cabinet de Vienne, outre les médailles d'or avec 1 les deux têtes nimbées, et les deux légendes de Justin et de Justinien , une médaille de bronze du premier module, avec le nom entier de Jus (In us et le nom abrégé de JcsTiNifen], mais une seule tête diadémée.
Les sous d'or sont trop petits pour que l'on puisse décider que l'une est plus jeune que l'autre; mais dans les deux médailles publiées par Alemanni, et reproduites par Orelli et Dindorf, celle de droite, non barbue, est évidemment le portrait d'un homme jeune encore, tandis que celle de gauche annonce un barbon.
Le cabinet de Paris renferme parmi ses petits bronzes (carton 16) : i° une médaille avec une double tête, et le nom seul de Justin, crucifère; au revers, le millésime
ainsi exprimé Anjio ; au-dessous, la légende thend
et une colonne; — 2 0 une autre très-petite, ayant d'un côté la tête et le nom de Justinianus; au revers, une tête inconnue et non reconnaissable sans légende. Nous ne croyons pas que ce soit la tête de Théodora.
La première pourrait avoir été frappée à Antioche, appelée Théopolis après sa restauration , l'an 2 et l'an 3 dé Justinien.
Ludewig (n° 56 de ses médailles) donne un type de deux figures nimbées, vues de face, séparées par une croix; avec les noms de Justinus et de Justinian... et le mot conob à la légende; au revers, Victoria Aogggb. , et le type de la Victoire ailée, nimbée, debout, s'appuyant sur une longue croix; à sa gauche, un globe et une étoile; exergue répété conob ou conor.
Le savant allemand a donné ce type avec son module, d'après Baronius, tom. IX, p. 369, Ann. eccl. — Gretser fa amplifié dans son traité de la Croix, I, 19, p. 73.
Cette médaille s'explique d'elle-même : les trois ggg, répétés, ne signifient pas que trois princes aient régné ensemble, ou qu'il faille ajouter Théodora à Justin et à Justinien; c'est un duplicatif comme a. a. Quant à la lettre b, qui suit les trois g, quel prétexte y a-t-il d'y voir l'an a du règne? Est-on bien sûr d'ailleurs d'avoir lu ce b ? le r à la fin de cono. . de l'exergue du revers, est donné comme douteux. — On ne sait d'ailleurs ce qu'est devenue cette médaille, quels en sont le module et le métal, et si les deux figures sont du même âge (Ludew.,p. 691).
M. Saulcy, dans sa Numismatique byzantine (i836), doute, p. 6, si les médailles de Vitalien n'ont pas été mal lues par préoccupation, Vitalianus au lieu de Justinianus. Il remarque, p. 7, que les monnaies à tête de profil sont un signe caractéristique dans les monnaies sous Justin et sous Justinien, et jusqu'à la douzième année de ce prince, et qu'elles furent décrétées alors à tête de face, dans les monnaies de cuivre. Mais , dans les médailles du cabinet de Paris , ces monnaies ont la tête tantôt de face , tantôt de profil, sans distinction d'année. Du reste, ce savant dit posséder une petite monnaie de cuivre au nom de Justin, avec