‹ Histoire de l'abbaye Cistercienne de Silvacanne [microform] en Provence d'apres les documents recueillisChapitre 3 sur 10 · VUE INTERIEURE DU BAS-CÔTE DE DROITE · texte numérisé non relu

VUE INTERIEURE DU BAS-CÔTE DE DROITE

Architecture romane. Revoil. ii° vol. PI. xviii.

la grande nef, en y maintenant son tombeau de famille; il fit de plus don d'un autel de marbre. En moins d'un an, la nouvelle paroisse était construite et inaugurée, sous le vocable de V Annonciation.

Ainsi disparaissait l'ombre même de ce qui avait été Vabhaye de Silvacanne.

Ne pouvant donner tort à l'œuvre de l'archôvêque, leur chef direct, les chanoines voulurent eux aussi se montrer généreux. Ils firent don à la nouvelle église d'un grand tableau représentant la Sainte Gène, ainsi que du tombeau d'un autel de marbre sur lequel figure en relief l'Agneau Pascal.

A l'ex-abbaye, les traces du culte s'effacèrent peu à peu ; un ermite remplaça le curé, son vicaire et son clerc ; il fut chargé seul désormais, d'animer ces vastes solitudes et d'en recueillir les maigres fruits. Mais le Chapitre ne permit pas que tout fut anéanti du coup ; et par l'effort d'une bonne volonté quelque peu tardive, il sut retrouver parfois, pour la grande fête de l'Annonciation, le chemin délaissé de Silvacanne. Pour ces occasions intermittentes, la foule était appelée de loin; une pompe d'emprunt entourait les solennités liturgiques (1) ; après quoi la solitude et le temps reprenaient librement leur action destructive . Aussi les revenus du « prieuré » baissaient-ils de plus en plus ; un arrêt du Conseil d'Etat de 1769 en fixe le chiffre à 150 livres. Du moins les chanoines continuèrent-ils jusqu'en 1789, à percevoir la dime sur une très grande partie du territoire de La Roque.

La Révolution ne pouvait tolérer un pareil état de choses. Elle avait supprimé églises et couvents pour

(1) L'abbé Castellan.

s'emparer de leurs biens, déclarés biens nationaux. Sylvacanne ne devait pas échapper au sort commun. Après le fractionnement de ses domaines et la vente par lots de Gouiron, Gontard et Valbonette, les bâtiments eux-mêmes de l'ancienne abbaye mis aux enchères, furent adjugés à deux protestants, et payés par eux en assignats, pour le prix réel de 600 francs.

Cette fois, les derniers vestiges du culte, autels, peintures, grilles, chaire, cloches, tout disparut ; seuls les tombeaux demeurèrent (1). La vaste nef de l'église devint un immense colombier ; le monumental réfectoire fut changé en grenier à foin ; l'élégante et historique salle capitulaire devint une écurie ; ainsi du reste. Des cloisons divisèrent les dortoirs en pièces irrégulières ; et la main barbare de l'homme précédant celle du temps, eut bientôt dégradé et mutilé ce monument, qui malgré tout excite encore chez le visiteur autant d'admiration que de pitié.

Plus heureux que Silvacanne, le château de La Roque avait conservé la famille de ses seigneurs. Mais pour eux aussi les mauvais jours étaient venus. Qui eut pu se soustraire complètement à la tourmente !

L'héritier du nom et du domaine était alors le comte Auguste de Forbin. Grand seigneur de goûts autant que de naissance, et pardessus tout passionné pour les arts, M. de Forbin, après avoir visité toutes les collections de l'Europe, était devenu directeur des musées royaux de France. Ses terres ne le voyaient que rarement et ne se trouvaient pas bien de son absence. Il dut d'abord en détacher quelques lots écartés ; mais ce palliatif ne suffisant pas, il fallut bientôt, non sans dé-

(1) L'abbé Castellan.

chirement, se résigner à l'entier sacrifice. C'est ainsi qu'en 1818, M. de Gôrdoue ancien seigneur d'Auron, devenait acquéreur des domaines et châteaux composant l'ancien marquisat de La Roque d'Antheron. (1)

A Silvacanne, le triste statu-quo se maintint pour quelque temps encore. En 1835 le choléra sévissait violemment dans foute la Provence. La population de La Roque se voua à Saint Roch et fut préservée. Voulant acquitter sa dette de reconnaissance, elle délibéra d'acheter et de rendre au culte l'église de l'abbaye. Ce ne fut là qu'une manifestation, car la réalisation devait s'en faire longtemps attendre.

L'église appartenait alors à M. Jean-Silvestre Garcin et à la dame Vallon sa sœur ; tous les autres bâtiments du monastère étaient la propriété (et le sont encore) d'un autre membre de la même famille. Quoique protestants, les propriétaires de l'église témoignaient beaucoup de bon vouloir, et par patriotisme favorisaient de leur mieux le retour à sa destination première, d'un édifice qu'ils voyaient déchu entre leurs mains. Aussi avaient-ils abaissé peu à peu leurs prétentions primitives de 15,000 francs, prix tout-à-fait inabordable.

En 1839, dans sa session de juillet, le Conseil d'arrondissement d'Aix, sur la proposition du docteur Arnaud, émit le vœu que le monument fut acquis pour y fonder un établissement d'utilité publique. Ce vœu, appuyé par le Conseil général, ne fut pas repoussé par le Gouvernement ; mais faute de fonds disponibles, des années se passèrent en pourparlers et en subtilités administratives.

(1) Le marquis de Florans propriétaire actuel en est le petitfils, par sa mère née de Gordoue,

Le mouvement était cependant lancé, et avec une intensité telle, que les propriétaires de l'église, pressés de toutes parts, en vinrent à abaisser leur demande au prix de 3,000 francs.

Pour faire cette somme ainsi réduite, la population se cotisa ; une souscription fut ouverte, et déjà 1,500 fr. étaient recueillis, lorsqu'un fâcheux incident vint tout remettre en question. En 1842, à la fête patronale de La Roque, le curé (1), homme d'un zèle souvent indiscret, eut l'inspiration plus qu'imprudente d'invectiver les protestants du haut de la chaire. Justement blessés, excités d'ailleurs par leurs coreligionnaires, les possesseurs de Silvacanne rompirent aussitôt toutes négociations. L'abbaye se trouvait de nouveau condamnée, et en face d'une perspective plus lamentable encore, celle de la démolition, qui à deux reprises l'étreignit au même moment.

C'était l'époque de la création du canal de Marseille (qui passe, nous l'avons vu, à 200 mètres du monastère). Ne voyant en cette basilique qu'un fort amas de pierres de taille, deux mille mètres cubes d'après leur évaluation, les entrepreneurs en offrirent 5,000 francs. Quoique tentés par l'irritation plus que par l'offre, les propriétaires hésitaient ; leur conscience ainsi que leurs goûts protestaient contre l'œuvre de vandalisme. Mais une autre offre survint, bien capable en apparence cette fois d'étouffer le scrupule ; celle des entrepreneurs du pont de Cadenet, qui se construisait en même temps. Pour le prix de 13,000 francs, M. Garcin et sa sœur allaient se dessaisir, quand ils s'avisèrent d'une clause d'abord inaperçue du marché : on les chargeait de dé-

(1) M, Baret dont le frère fut ensuite maire de Marseille.

molir eux-mêmes leur église, et d'en transporter les pierres jusqu'au pont, à trois kilomètres. Devant une pareille condition ils se révoltèrent. L'édifice était de nouveau sauvé. (1)

C'était toujours avec répugnance, que les prop'riétaires envisageaient la destruction possible du monument. Aussi, à d'autres propositions qui leur tinrent, prévoyant toujours cette éventualité, répondirent-ils en imposant la condition expresse que l'église serait conservée intacte. Ce fut donc avec une joie unanime que le pays apprit l'intervention du Gouvernement, et son dessin de classer Sylvacanne au nombre des monuments historiques. Poussant à la roue de toutes ses forces, la commune de La Roque s'engageait à prendre à sa charge la moitié des frais de réparation, frais alors évalués 3,000 francs. Ainsi pressées de toutes parts les choses aboutirent ; et le 3 septembre 1843, la dame Vallon et son frère signaient enfin avec le Préfet une promesse de vente, au prix de 8,000 francs.

L'intention du ministre, comte Duchâtel, était de rendre l'église au culte. Mais la mise en état d'un aussi vaste édifice, nu, dénué de tout, exigeait un débours de 5,000 fr., premier devis. Consulté sur l'opportunité de cette dépense, dont 2,000 fr. lui eussent, incombé, l'archevêque d'Aix dut nécessairement la récuser au point de vue de l'utilité religieuse. En effet, quelle population, quel centre, l'église de Silvacanne était-elle appelée à desservir ?

De longs délais suivirent encore ce léger conflit. La difïiculté principale était de motiver le décret dhitilité publique^ et de faire ordonner la vente par autorité de

(1) Ronchon Guigne?,

justice, à cause de mineurs. En attendant, la promesse de vente demeurait lettre morte. Sur les instances des vendeurs désireux d'en finir, une première commission départementale convoquée par le préfet, se prononça, le 24 décembre 1844, par l'organe de M. de Libran son rapporteur. Continuant à traîner, ne pouvant se départir de ses lenteurs officielles, l'administration exigea une nouvelle enquête, dont l'avis « très favorable » fut émis le 31 octobre 1845. Munis de tous ces actes et de l'ordonnance du tribunal , les vendeurs intervinrent alors énergiquement ; et le contrat de vente régulier fut enfin passé, le 30 janvier 1846, signé de M. Roux maire de La Roque.

L'église était cette fois plus que sauvée, elle était classée ; mais l'église seule, car toutes les autres parties de l'édifice demeuraient aux mains qui les possédaient. Malheureusement encore, pendant cette longue période de délais où, n'appartenant plus aux vendeurs et pas encore à l'acheteur, elle n'était protégée par personne, des déprédations déplorables y avaient été commises. Le sol fut dépavé, les dalles pillées, tous les autels et les tombeaux furent éventrés dans l'espoir d'y trouver des trésors; les ossements profanés se répandirent sur le sol ; la statue de Bertrand de Baux fut jetée bas et mutilée.

Heureux de la vente enfin réalisée, les habitants de La Roque n'avaient pourtant pas acquitté encore leur vœu du choléra, et beaucoup s'en inquiétaient. Plusieurs projets furent mis en avant à cette intention : ériger une chapelle à Saint Roch ; contribuer au rachat de Silvacanne, et d'autres encore ; mais la population étant fort mal alors avec son curé, rien ne pouvait aboutir, Enfin,

en 1848 le curé fut changé, et son successeur M. Darbès trancha la difficulté, en déclarant que la population s'acquitterait t;:'ès bien de son vœu, en employant les 1,500 fr. de souscription à réparer l'église paroissiale (1).

Pour être devenue monument historique, propriété de l'Etat, l'église de Silvacanne n'en demeura pas moins pendant des années encore dans sa lamentable dégradation. En vain, au conseil général de 1852, M. de Forbin fit-il émettre le vœu de la rendre au culte, ce qui eut nécessité des frais évalués 10,000 fr., l'œuvre du temps poursuivit ses ravages. En 1855 cependant, sur la plainte des visiteurs émus du danger, l'architecte diocésain fut chargé par le ministre de dresser un devis des réparations les plus urgentes, et d'étudier la question de l'appropriation au culte. A cette question présentée une seconde fois à l'archevêque, Mgr Darcimoles répondit comme son prédécesseur, que, vu l'éloignement de tout centre d'habitation, l'exercice du culte serait là sans objet ; mais il conseillait comme une meilleure utilisation de ces vastes bâtiments, une exploitation religieuse-agricole, ce qui serait facilement réalisable en achetant quelques terres à l'entour.

C'était certainement la meilleure des solutions ; malheureusement le budget s'y refusait.

On se borna donc pour le moment à boucher quelques crevasses, à murer ou griller sept ou huit fenêtres par où entraient les oiseaux, et à poser une porte provisoire ; soit un millier de francs dépensés, renvoyant à plus tard les réparations sérieuses.

L'archevêque n'exigea pas plus pour permettre que

(1; L'abbé Maurin. Notice historique sur Saint-Sauveur.

la messe fût dite à Silvacanne trois fois dans l'année : le jour de l'ancienne fête, 25 mars, le jour des Rogations, et le deuxième dimanche après Pâques. Un pauvre autel de bois fut installé à cet effet ; et depuis lors cet usage s'est continué.

Cependant M. le curé Darbès, qui s'inquiétait non sans motifs, finit, à force d'instances, par émouvoir l'autorité diocésaine, et en obtint l'érection de l'ancienne basilique en chapelle de secours. L'entente s'établit sur ce pied avec l'autorité civile, et un décret impérial en ce sens fut rendu le 6 août 1863. De nouveau la pauvre église put entrevoir un semblant de vie (1).

M. Revoil envoyé en conséquence, dressa cette fois un devis du chiffre de 23,332 fr. 89. En le communiquant au maire de La Roque, le 24 février 1864, M. de Maupas , sénateur administrateur du département , prenait soin de lui notifier que la moitié de cette somme était à la charge de la commune : « ainsi que le conseil municipal en avait pri« l'engagement dans sa délibération du 3 septembre 1845 » ; et il fixait sa quotité au chiffre de 13,000 fr. — On comprend ce que fut un tel coup de massue tombant sur une pauvre commune rurale, qui avait peine à suffire à ses obligations du jour le jour.

On s'intéressait sans doute platoniquement à Silvacanne ; mais depuis vingt ans la ferveur s'était évidemment refroidie, et nul ne pensait plus à une délibération prise dans un moment d'enthousiasme. D'ailleurs à cette époque il s'agissait d'entrer en part d'une dépense évaluée 3,000 fr. et l'on tenait les fonds à cet effet. Mais depuis, ces 1,500 fr. avaient trouvé leur emploi ;

(1) I\ouchon-Guigu6s ; R. P. Bernard.

et actuellement même, le clocher paroissial tombant en ruine au point de menacer la sécurité publique, on ne savait comment subvenir à sa restauration. Dans ces conditions, était-il possible de taxer 13,000 fr. un malheureux village, qui n'avait d'ailleurs aucun intérêt à cette œuvre !

L'administration comprenant qu'il n'y avait rien à attendre, dut se résigner à porter seule le fardeau. Elle fit encore un peu traîner les choses ; puis, prenant son parti, elle dépensa le contingent qui lui incombait, soit un prix fait de 12,000 fr. confié en avril 1868 à l'entrepreneur Payan, d'Aix. Mais, hélas ! quelles réparations ! De par l'insuflisance du crédit alloué, on dut restaurer une partie aux dépens de l'autre. L'admirable toiture de l'église, toute en larges dalles, dont les assises couronnaient le monument, cette toiture désemparée en maints endroits, était envahie par une végétation parasite ; le, remède fut vite trouvé : on remplaça les belles dalles par d'horribles tuiles,... monument historique ! . . . et ces gradins déchus s'empilèrent en bas contre un pilier, en attendant un autre emploi. Reconnaissons cependant une œuvre de goût, la restauration des colonnettes du clocher décapité. — Un peu plus tard d'ailleurs , l'administration fit un nouvel effort inévitable, et ajouta 5,500 fr. aux 12,000.

En 1874, un vénérable capucin, le R. P. Bernard d'Hyères, étant allé prêcher une retraite à La Roque, visita Silvacanne et s'en revint l'âme navrée. Son cœur de prêtre s'émut encore aux récits historiques que le curé se plut à lui faire. « Depuis quel temps régu- « lier n'a-t-il pas célébré ici , se demandait-il , et « quand régulier y célébrera-t-il de nouveau?.... »

Cette question douloureuse du religieux visitant la basilique cistercienne déchue, fut l'origine de la présente histoire, que l'humilité de l'auteur ne lui permit pas de mettre à jour.

Possédé de cette idée, le missionnaire dès sa première messe parla de Silvacanne, et rappela tout ce que le pays devait à son abbaye défunte. Il s'anima, fut éloquent ; puis, passant le bassin, il recueillit de cette réunion de pauvres cultivateurs une somme de quinze francs, aussitôt employée à repaver une partie de la grande nef avec les dalles enlevées de la toiture.

Les temps sont tristes ; dépuis le vénéré P. Bernard ils ont encore empiré. Trouverait-il aujourd'hui trois cents paysans donnant un sou pour réparer une église? Mais qui sait si la pauvre restauration, l'humble pierre apportée par lui à l'édifice, ne sera pas la pierre d'attente des projets d'En-Haut ? Souvent il suffit d'une initiative généreuse, pour que le Ciel se plaise à favoriser des entreprises regardées comme irréalisables ; parfois même, du mal il fait sortir le bien. Silvacanne mutilé demeure debout ; monument officiellement historique, il n'a pas renoncé à toute chance de résurrection.

Il y a peu d'années, quelques-uns de ces religieux que nous laissons expulser des demeures qui leur appartiennent, de ces Français qui ont tant fait pour la France et qu6 pour cela leur patrie traque comme des êtres malfaisants, reçurent l'hospitalité dans un château isolé, sorte de nid d'aigle campé sur une des crêtes des Alpines. De leur solitude de Saint- Pierre-le-Ganon, les fils de saint Benoit pouvaient contempler à leurs pieds l'antique abbaye bénédictine. Ils y descendirent prier et pleurer. Le Révérendissime Père Dom Couturier

abbé de Solesme, successeur de l'illustre Dom Guéranger, y vint accompagné de Dom Gauthey, prieur de la maison de Marseille. Incités par des amis généreux, les moines entrèrent en pourparlers pour le rachat du monastère en entier, avec les terres qui lui restaient. Les négociations auraient sans doute abouti (1), si l'horizon politique s'assombrissant chaque jour, n'avait fait juger imprudente une entreprise aussi considérable.

Ce ne peut être qu un retard ; le ciel sait changer les cœurs avec les circonstances. Est-ce que le cléricalisme^ c'est-à-dire le sentiment religieux, ne rompt pas de toutes parts les mailles habiles sous lesquelles on s'efforce de l'étouffer ? Ne le voyons-nous pas au contraire, s'épurer et grandir, ainsi qu'il arrive toujours sous la persécution ? Ce n'est pas la Révolution qui a tué Silvacanne ; elle n'a pu que le dégrader ; et malgré tous les efforts, la prospérité du pays semble déchue avec celle de son abbaye. Tout ce que l'on tente pour y parer, là comme ailleurs, canaux modernes, chétifs chemins de fer, somptueuses écoles, tout paraît stérile, tout est vide de prospérité.

Mais, sur ces rives de la Durance ainsi qu'ailleurs, tout peut refleurir, et bientôt peut-être, quand la robe de bure ou la robe blanche viendra ramener la vie à ces voûtes, toujours vibrantes des accents de saint Bernard, à ces pierres qu'illumine encore l'armure d'or des princes de Baux.

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