‹ Histoire de l'Abbaye d'Avenay (volume 2)Chapitre 51 sur 100 · A Mona' de Vignolles · texte numérisé non relu

A Mona' de Vignolles

1595. Du camp de Ghouilly, 26 août.

De par le Roy.

A notre ami et féal le s** de Vignolles, salut. Estant besoing et cessaire de mettre dans n*^' ville d'Ëspernay quelque nombre de de cheval, afin de incommoder nos ennemis des environs et leur tk: la guerre selon que les occasions s'en offriront, pour la levée et duicte desquels nous avons advisé de faire ellection de quelque vi lant et expérimenté personnage, à nous seur et féable, et sach? que nous ne scandons faire meilleure ni plus digne allusion que vostre personne.

(1) Gette pièce est tirée des recueils de Bertin du Rocheret, (■ Bibliothèque d'Epernay.

A ces causes, nous avons commis et dépputé, commettons et déppa-

tons par ces présentes, pour lever et mettre sus incontinent et le plus

liligemment que faire se pourra hommes de guerre armez et

montez à la légère des meilleurs, plus vaillans et aguerris soldats que

rous pourrez choisir et eslire, pour, iceulx levez, les mettre en garni-

u>n dans n'* dite ville, les mener, et conduire avecque vous à la guerre

)Our nostre service, sans désemparer ladite compagnie où les occasions

»*eii offriront, tant pour la conservation d'icelle que pour incommoder

los dits ennemis, la faisant vivre avecq telle police et discipline mili-

aire qu'il ne nous en vienne aucune plainte. De ce faire vous avons

ionné pouvoir, autorité, commission et mandement spécial. Mandons

et commandons à tous qu'il appartiendra, qu'à vous, en ce faisant, soit

obéy, car tel est nostre plaisir. — Donné au camp de Chouilly sous le

»cel de nostre secret, le xvi" jour d'aoust mil cinq cent quatre-vingt«

douze.

Signé : Henry.

Pour le Roy : RuzÉ.

Bail de la censé Saint^Anthoine à Avenay. (Du 20 février 1591.)

On voit fréquemment citée, dans les titres domaniaux de l'abbaye, la censé de Saint-Ànthoine. Ce petit domaine empruntait ou donnait son nom à la rue où il était situé; dont il occupait le côté gauche jusques et y compris le pressoir encore subsistant aujourd'hui.

Comparurent en leurs personnes Anthoine Richard, charon, demeurant à Avenay, et Jehan Gougelet, laboureur, demeurant à Condez, ont recongneu et avoir prins et retenu à tiltre de loyer et prix d'argent, d'aultres choses cy-après désig., de vénérables Dames religieuses, Abbesse et converses de l'église et abbaye Saint-Pierre d' Avenay, bailleresses audit tiltre, par Révérende et puissante Dame Madame Françoise de la Marck, Dame et Abbesse de ladite abbaye présente : Une censé consistant en maisons, granges, estables, cellier, cour, jardin, vigne, clos et prés, vulgairement appellée la Censé Saint-Anthoine : Iceulx bastimens et vignes sises audit Avenay, lieudit la rue Saint- Anthoine, où se tient Jacque Guymbert, a présent fermier d'icelle, tenant d'une part à un pressoir appartenant auxdites Dames, d'aultre part à Jehan Delarue ; d'aultre, d'un bout par devant à ladite rue, et d'aultre bout par derrière aux hoirs fils Estienne Collin, contenant ladite vigne et jardin décrite, ladite maison vingt-cinq verges, et ladite

grange, cour et jardin cidevant dits, tenant d'une part à Pierre Cuau^c-^ «set et ung aultre pressoir appartenant auxdites Danies, d'aultre part à Pie. Potbier, d'un bout par devant à ladite rue; de l'aultre bout par d» rière à ung aultre jardin de ladite censé, lequel contient eent ti verges dix-huit pieds. Item une pièce de prés sise auprès dudit A*^ nay contenant quarante-six verges, lieudit près le Mollin du Moac tenant d'une part à Monsgr. de Montranby, daultre part à...»^ d'un bout au chemin. — Item soixante-quinze verges de pré, sis -^ ^^ mesmes lieux, tenant d'une part audit s' de Montranby, d'aultrc p^^c3art à Mess" de l'ancienne congrégation de Reims, d'ung bout à.. ^ — "^1*

d'aultre à Item un septier vingt-six verges de pré sis au^^-*^

terroir lieudit Au-dessus-du-Molin-de-la-Planche, tenant d'une p- -^ aux hoirs flls Pierre Drome, d'aultre part à un chemin, d'aultre bcr^^**'

à Item cinq septiers sis audit terroir, lieudit Sorange, ten^^ ^

d'une part au grand chemin, à Jehan Lemaire, d'un bout à ^

d'aultre à Item onze septiers soixante verges de pré ani

terroir communément nommé la Cloye, tenant d'une part aux vigm' de la Planche, d'aultre part à plusieurs, d'un bout au chemin,

d'aultre bout à Tibaud Caillet, d'aultre Item cinq septiers

pré sis audit terroir lieudit le Cugnot, près le molin du BateraO^ tenant d'une part à Léger Potbier, d'aultre part à l'abbaye Saint-

Nicaise de Reims, d'ung bout au ruisseau, d'aultre à Item

quarante-trois verges de pré en ce même lieu, tenant d'une part audit I^eger Potbier. d'aultre part à Pierre Camuset, d'un bout -au ruisseau, d'autre bout à Deux arpens de pré audit terroir, près le

mollin de la Planche, tenant d'une part à Jehan Lespine, d'aultre

part à Nicolas Duverger, d'un bout audit Lespine, et d'aultre à

Item quatre septiers de pré en ce même lieu, tenant d'une part audit, d'aultre part à Pierre Camuset, d'ung bout au chemin et d'aultre bout

à Item un septier soixante-dix verges de pré audit terroir, lieudit

tenant d'une part à Gérard Caillet, d'aultre part auxdits s"

de l'ancieone congrégation, d'ung bout à Jehan Camuset, d'aultre bout à la sente de Bisseuil. Item un septier trente-quatre verges de pré audit terroir, lieudit le chemin de Routiers, tenant d'une part audit

chemin, d'aultre part à d'ung bouta et d'aultre à.... Itemtrms

septiers douze verges de pré aud. terroir lieudit le Fond de

tenant d'une part à Gilles Plomb, d'aultre part aux hsm

Jacques Guimbert, d'un bout à la veuve Jacques Bret, d'aultre bout

à Item cinquante-cinq verges de pré en ce même lieu, boutant i

la précédente terre, d'une part à la veuve fils Jehan Burot,

d'aultre part à Item cinq septiers audit terroir lieudit le diemia

de Tours-sur-Marne, tenant d'une part à Jehan Camuset, d'aultre part à plusieurs, boutant d'un bout au chemin, d'autre bout auxdites Dames bailleresses. Item un septier trois verges de pré audit terroir.

Ifeodit le ehêmin des Thuilliers, tenant d'une part à Léger Pothier,

«l*AuItre pdft à Jehan Nobert, d'an bout au chemin, d'aultre à

Jtem un replier de pré audit terroir. lieudît Sur-les-AuInes, tenant d'une part aux usages d'Avenay, d'autre part à plusieurs, d'un bout à

Jftcqoé d'aultre bout à Item quatorze faulchées de pré ou

•nYÎMn» en une pièce, sise au terroir et prairye de Marettil-«ar-Mattté>

lieudit la Naux-de-Tanche, tenant d'une part à..... d'aultfe part à

Item trente verges de pré sis audit terroir, lieudit la Sente-de-Bisaeuil, tenant d'une part à Léger Pothier, d'aultre part à M« Geoffroy Broynet, ète., 6te.

Justice seigneuriale. — 1591. — Appelant d'%ine mntence du hailly d^Avenay, condamné par arrest de la court A eaire fustigé et banni. — Arrest de la court contre Claude Riant, appelant de fai sentence du bailly d'Avenay, par laquelle il l'avoit coadanmé à tenir prison jusqu'à ce qu'il fut purgé du soupçon d'avoir contribué à la mort de Philippe de Buzy, habitant dudit lieu : fut par ledit arrest, mettant son appel à néant, condamné d'estre battu, fustigé de verges, la corde au 0G4 par Texécuteur de la haute justice, en la place publique du marché dudit Avenay, et de là banni pour cinq ans de la province de Champagne, avec deffense, sous peine de mort, de rompre ledit banc : avec amende de dix escus envers la Dame justicière.

La Neuville-en-Beauvoir. — i*' juillet 1590, 1580 et 1601. — Bxtrait de Tachapt de la censé de la Neuville-en-Beauvoir, dite en Thiérache, comprenant la description des maisons, bâtiments et héritages acquis pat Madame de la Marck, le 1*** juillet 1599, plus des autres héritages acquis en la même contrée en 1580 et 1601.

AvemaT. — 25 octobre 1601, «^ Aecensissement passé sonbz le scél de la prévosté d'fispemay, le 25* octobre 1601, en vertu duquel Jean de li Rue, dit Vidame, Jean dé la Rue, dit Mourette, et Jobert de la Rue, frères, demeurant à Avenay, reconnurent avoir vendu aux Dames Abbesse et religieuses, une maison à feste couverte de paille, joignant l'éduse éà moulin, tenant d'une part à Robinet de Mardelles, d'autre à Jean Robert, à cause de sa femme, du bout derrière à la place de ladite écluse, et par devant à la rue des Forges, chargée annuellement envers lesdites Dames, de cinq sols, sept deniers et obole de surcens, au jour Saint^Martin d'hiver.

Item un jardin, cave et clos dessoubz, sis audit Avenay devant i'faostel Saint'-AntboîDe, et l'issue dudit jardin en la ruelle des Arches.

Avec ta autre jardin et terre derrière, contenant lesdits jardin et teiM enviratt dnq qnartie», tenant d'une part à Jean Pofhier, à cause di sa tonme^ d'avtre à Jean Colin, Jean Robert et autres, par le bout

derrière à Jeannot Regnart, à messire Jean Guyot, et autres royes, et d'autres auxdites Dames, francs et quittes, exceptée ladite terre : laquelle doit tous les ans, au 1'"' octobre, deux deniers ts. de cens.

Nous finirons celte partie de l'Appendice par Tacte de réception de demoiselle du Biez de Mongommery qui nous fait connaître une bonne partie du personnel du monastère, au temps de Madame de La Marck.

16 décembre 1603» — Comparurent en leurs personnes :

Claude de Montgommery, veuve de feu Messire Charles du Biçz, dame du Biez, Vaucourt, Aiguecourt et aultres lieux.

Et 1*> Révérende et poissante Dame Françoise de la Marck, Dame et abbesse de l'église et abbaye Saint-Pierre d'Avenay ; Sœurs 2* Jehanne Délavai, prieure, 3** Guillemette des Ortyes, soubs-prieure, 4'* Jehanne Darcenay, 5" Jehanne De Fresne, 6** Symonne Josseteau, 7» Margueritte Saint-Privé, 8» Charlotte de Gand, 9° Elizabeth Mangeard, 10' Marie Baudier, 11" Marie Vathier, 12* Loise de Noirfontaine, 13** Claude d'Omballe, 14** Emonne de la Chaussée, 15<* Jehanne Aubert, 16* Catherine de Saint-Blaize, 17» Marie du Drac, 18* Aimée de Gand, 21*» Marie Roland, 22** et Apolyne Mimy.

Toutes religieuses professes de ladite abbaye, elles faisant et représentant la plus grande et saine partie dudit courent, d'une part: Disant lesdictes parties, mesme ladicte dame de Mongomery, que recognoissant damoiselle Charlotte du Biez, sa fille, estre en dévotion et avoir de tout afieclion de demeurer et soy rendre en religion, elle auroit supplié et requis ladite dame de la Marck, abbesse, en considération des bonnes vie salutaire et réformation qui est audit monastère et abbaye de recepvoir icelle damoiselle Charlotte du Biez, sa fille, pour fille nonesse en iceluy monastère et y faire ci-après veu de religion et profession après le temps de sa probation : ce que ladite Dame abbesse, ensemble lesdites religieuses, luy auroient accordée! promys, avec l'habit d'icelle religion.

A présent ladite Dame et Religieuses pour satisfaire à l'entière dévotion d'icelle damoiselle ont accordé, et de faict l'ont receu présentement en leur couvent et compagnie. Ladite Dame abbesse iuy a baillé l'habit d'icelle. Et en conséquence de ce prévoyant par ladite dame de Mongommery les grandes charges que ladite abbaye a à supporter tant à l'eiitretenement et réparation des église, monastère, bâtiment, édifice, granges, en quoy consistent les lieux et manoirs d'icelle abbaye, comme aussy pour les vivre et nourriture desdites religieuses, affin que ladite demoiselle du Biez, sa fille, soit plus incline à prier Dieu pour elle, ses parens et amys et quelle ne demeure totallement à la charge dudit monastère et couvent, auroit ladite dame d

MoDgommery, en la présence et ce conseillant Messire Jehan du Biez, chevalier, seigneur de Guesne, Fontayne, Lanes etAiguecourt, promis et par ces présentes promet rendre et payer pour chacun an au couvent d'Avenay la vie durant de ladite demoiselle sa fille, la somme de quatrevingts livres, deniers portés audit monastère et payable au jour de en \" octobre, dont le l'** paiement pour la première année sera et se versera au jour Saint-Remy, es !•"■ octobre prochain venant, come rente et pension viagère et à continuer d'an en an la vie durant de la dite damoiselle. De laquelle rente viagère ledit messire Jeh. du Biez, frère de ladite damoiselle, promet payer et continuer avec ladite dame de Montgommery auparavant et après le décès d'icelle, tant et si longtemps qu'elle aura cours. Et de fait ladite dame et ledit messire ont icelle constitué assez et assigné par ces présentes à la voir prendre et recepvoir doresnavant par chacun an et sur les terres de Lié et May a eux appartenant et généralement sur tous et chacun les autres biens et héritages à ladite dame de Montgommery et dudit s** du Biez appartenant sans que la généralité puisse déroger à la spécialité ny la spécialité à la généralité, lesquels et par offert ils ont lyés, obligés, affectés et hypothéqués aux paiement, cours et d'icelle rente

et pension viagère : après le décès de laquelle damoiselle Charlotte, ladite rente demeurera estaincte et les biens de ladite dame de Montgommery et dudit s*" du tout deschargés. Et à condition touttefois. où cy après ladite damoiselle fut translatée par permission de supérieures en autre monastère, icelle rente la suyvra. — Si, sur ce promettent les

parties respectivement tenir et entretenir leur présentes mes-

mement, ladite dame et ledit s** payer es noms et continuer icelle rente es jours et terme que dessus, scavoir ladite dame et ladite dame abbesse et religieuses soubs le veu de religion et obligation des biens temporels de ladite abbaye à ladite dame de Mongommery et messire Jehan du Biez

Fait et passé audit Avenay, en ladite abbaye, ce onzième jour de décembre l'an mil six cent trois, et ont lesdites parties signé :

Françoise de la Marck, Claude de Mongommery, Jean du Biez, S*" Jeanne de Laval, S*" d'Arcenay, S"" M. de Sainct-Privé, S*^ Marie Vathier, S"" Emonne de la Chaussée, S"" Marie Dudrac, S*" Marie Cauchon, S*" Laignelet, S"" des Orties, S"" de Frênes, S*^ Symone Jossteau, S' Charlotte de Gand, S"" Marie de Baudier, S*" Loyse de Noirfontaine, S*" Catherine de Sainct-Blaise, S»" Aymée de Gand, S' Marie Roland, S*" Elizabet, S*" Mymy, S*" Maugerard, Caillet et Camuset aisné.

Les pièces qui suivent sur le Traité (fAvenay sont tirées de la Bibliothèque nationale. Ignorées des curieux comme beaucoup d'autres, tant que ce riche dép6t resta fermé au public, elles avaient cep^dant été signalées» en ces termes, par le P. Lelong dans sa Bibliothèque historique^ sous le n** 34,234 :

< Ms. Artides accordés entre les députés du Conseil « et les nommés d'entre le clergé, la noblesse et le tiers-* « état, assemblés au bourg d'Avenay en 1898. — Ces c articles, » ajoute Fauteur, « sont cités entre les pièces du c n^" SySOl"" du catalogue de M. LeManc. >

PIÈCES RELATIVES AU TRAmî D'AVENAY.

Les lieutenans du conseil de Reims a ceux de Csalons, Au sujet du traité d'Avenay.

(BibL nat., fr. 3624, ^ 135.)

Reims 19 mân, 1593.

Messienn nous avons reçu vos lettres par lesquelles vous nous mandez qu'avez un très grand desplaisir de veoir les oppressions et violences des gens de guerre qu'ils exercent sur ces pauvres gens da plat paix. Nous vous prions de croire que n'avons moings de regret que vous, et ne tiendra pas à nous que l'onguent nécessaire et propre ne soit applicqué pour guérir ces plaies.

Vous vous plaignes que n'avons faict approuver par nos supérieurs le traicté d'Avenay, suivant les promesses de noz députez, nétaflaeingii promesses conditions nous vous avons esoript qu'estant ledit traleté approuvé par vos supérieurs, nous pririons les nostres fkire le mesme.

Depuis que les grains des censés ont esté levées et pris, vous Mme avés faict apparoir d'une aprobation , jusques à U fin de A^ril : de la quelle ne faisons aucun cas, pour ce qu'en ce temps, ny vous ny neus, ne recevons aucuns fniictz de nostre revenu.

Et puisque vous escripvés et publiés tant le seulagement dee laboureurs et le nostre, Sy vous pouvez vous faire avouer de la mafn levée de nostre revenu, vous cognoistrez en effet qu'il ne tiendra à nous que ne soies satisfaicts et vous promettons qu'il sera bien faict de nostre part. Vous avez bonnes grâces, saulves vos révérences, de dire que i^os gens preignent les chevaulx des laboureurs : on vous respond

que eeax d'Esparnay pillent a dix lieues d'eux, de tous costez rançonnent tout ee qu'ils peuvent attraper de nuiet ou de jour, preignent les pauvres villageois en leurs lictz ou paillasses : les tiennent comme pauvres esclaves. Les nostres n'exercent telles cruautez et barbaries, mais serons contraincts, à nostre grand regret, pour les faire cesser, ou affin qu'y mettiez ordre, de faire user de mesme par les nostres qui n'ont encore empesché le labourage jusquesà ceste heure.

Si la garnison de Mareuil vous est odieuse, faictes que Espemay soit démantelée et nous ferons le semblable de Mareuil : et s'il vous plaist passer plus oultre, faictes qu'on ne bâtisse aucun fort de vostre part ; Nous tiendrons la main qu'il ne s'en bastira de la nostre, entre nous et vous. Sy vous ne pouvez si tost vous faire advouer de la main levée que vous desirez tant, il semble que vous ne devez difierer la probation du traicté que nous vous avons dernièrement envoie et qui concerne fe labourage et traffique, par ce que ce sera autant d'espérance pour recepvoir quelque chose aux moissons et vendanges. Nous voirons par vostre response vostre intention, sur laquelle nous nom conformerons, si elle ne dément point le désir du sahit publicq que vous publiés tant : et cependant nous prirons Dieu qu'il vous donne, Messieurs, en parfaicte santé ses sainctes grâces.

 Reims ce dix neuf Mars 1593.

Vos Voisins.

Les lieutenant et gens du Conseil de la ville de Reims.

Signé OuDiNOT, greffier du Conseil.

Collation faicte à l'original estant en la chambre de l'ostel commun de la ville de Chaaions, par moy greffier du Conseil d'icelle ' ville soussigné.

D£ PlMTBYILLB.

Les lieutenans et gens du Conseil de Reims a ceux

DE Chalons,

Touchant le traité d'Avenay.

(Bîbl. nat., ib.)

Reims 20 mars 1593.

Messieurs, nous avons entendu comme il a esté publié a vostre ville deflénses estre faictes a tous soklatz et autres de prendre les laboureurs et leurs chevaux estans au labourage et sur les peines y contenues : œuvre de charité à quoy désirons bien nouseoiifbmier; fidsantle pareil, si ainsy est. Pourquoy vous prions vouloir bailler jutant de

268 ABBAYE D*AVENAT

ladite publication au porteur envoie exprès ; et n'estant la présente a

autre fin, nous prions Dieu le créateur qu'il tous donne,

Messieurs, en parfaicte santé ses sainctes grâces.

A Reims ce vingtième Mars 1593 par

Vos voisins.

Les lieutenant et gens du Conseil de la ville de Reims.

Signé ; Oddinet greffier du Conseil.

Collation faite a son original par moy greffier du Conseil de b ville de Chalons soussigné.

DE PiNTEYILLE.

Messieurs du Conseil de Reims a messieurs du Conseil

DE Chalons

Au sujet du Traité d^Avenay.

(Ib. vol. 4624, ^ 139.)

Reims, 24 mars 1593.

Messieurs, sans entrer en plus long discours, nous vous avons envoyé quinze articles du traicté d'Avenay qui concernent entièrement tant le faict des laboureurs et vignerons que les courses des soldats, et vous avons dict, comme nous faisons encores, que sy voulés les faire publier en vostre ville, quç le ferons de mesme, en attendant l'entière aprobatîon dudit traicté ; tant s'en fault que aies suivy les d. articles, vous avez faict faire une publication telle quelle, en ce qne par icelle vous faictes deffences de ne faire courses qu'avec permission. Sy voulés marcher rondement en besongne, nous en sommes prestz sans aucuns desguisemens de matières, vous considérerez les termes de vostre publication et jugerés quelle n'est suffisante. Pour conclusion, nous ne branlons en rien, et ne voulons pervertir les articles accordés et avons envoies comme dist est. Quant au faict des arrérages des tailles que les vostres recherchent avec une grande rigueur, c'est chose que vous debvés faire surceoir, en attendant lad. approbation :ceste recherche ruinera tout, comme ceux d'Esparnay nous le font cognoistre par expériance : faisant fin nous prions Dieu,

Messieurs, vous donner ses sainctes grâces à Reims, ce 24 may 1593

par.

Vos voisins.

Les lîeutenans et gens du Conseil de la ville de Reims, à Messieurs du Conseil de la ville de Chaalons.

Signé : Oudinet, greffier du Conseil.

Collation faicte a son original par moy soubsig. Greffier du Conseil

de la ville de Chaalons le 24 may 1594.

De Pinteville,

At>t>ÊNDICE 269

Traité de Chasteau-Thierry.

Traicté accordé entre Monseigneur le duc de Nevers et Rethelois, pair de France, gouverneur pour le Roy en Champagne et Brie.

Et le s' Du Peschie, gouverneur du duché de Chasteau Thierry, d'autre, suivant le pouvoir donné par led. seigneur duc au s** de la Becherelle.

Sçavoir que tous les habitans des villes et ceux du plat pays de Testendue dud. duché et gouvernement de Chasteau Thierry et Esparnay, pourront labourer, cultiver et ensemencer librement les terres et aultres héritaiges, cueillir et retirer les fruicts qui en proviendront, les transporter et faire transporter partout ou bon leur semblera, sans qu'il soit loisible à qui que ce soit desd. garnisons, de prendre leurs chevaux, bestiaulx, ne choses à eulx appartenans, fors pour le regard des tailles et des taillons : pour raison de quoi, à faulte de payement, seront envoyez des sergens à chascun villaige et bourg pour y con-^ traindre les habitans par toutes voies deues et raisonnables comme pour dimiers royaulx. Lesquels sergens y pourront aller et exécuter toutes commissions pour ce regard, sans y estre prins ne molestez par aulcuns gens de guerre, sur peine de la hart : lesquels sergens seront sallairiez raisonnablement sur les defiaillans de porter lesd. tailles et taillons, selon les departemens qui en seront faictz et à eux envoyez.

Pour Teffect que dessus, lesd. S" du Peschie et de Becherelle fondé dud. pouvoir, ont promis tenir la main par toutes voies à eulx possibles, chascun en son endroict, de faire contenir lesd. garnisons à ce debvoir et bien publique, et de faire justice exemplaire des contrevenans à ce. Faict et arresté à Chasteau Thierry, ce treiziesme jour d'avril 1593.

Ainsi signé : DU Peschie et DE LA Begherrelle.

Au dos ; Traicté pour le labourage, faict entre ceulx d'Espernay et Chasteau Thierry. {Bibl, imp, Fr. 4719, f» 9.)

Reims, 2 may 1593.

ordonnance DE CHARLES II, DUC DE LORRAINE. Touchant le traité dit la TrÈVE d'Ayenay.

Charles par la grâce de Dieu, duc de Calabre, Lorraine, Bar, Gueldres, Marches, marquis de Pont à Mousson, comte de Provence, Vâudémont, Blamont, Lutphen, etc..

A Dostre très cher et féal conseiller d*Estat, et M* aux reqnestes ordinaires des nostres, François Bardin, salut.

Estant adyerty qae les députez de nostre très araé cousin monsieur le due de Giise, comme gouvereeur de Champagne, estoient assemblez avec les députés de Chaalons, pour adviser à traicter ■ne bonne trefVe en faveur des laboureurs et gens des champs et commerce de villes et aultres de mesme party, et désirant apporter de nostre part tous moyens pour le repos du pauvre peuple et liberté du labourage, nous avons trouvé bon d'intervenir à ceste trefve pour les laboureurs, gens des champs et commerce de nos vides par nos subjets, en nos pais, terres et seigneureries, et à ceste fin envoyer personnages à ions fidèles vers lesdits députez. Pour ce est il, que nous confians à vos sens, prudhommie, suffisance et bonne expérience. Vous avons coHunis et depputei, commettons et dépitons par ceste, pour ^PMS transporter au Ueu d*Avenay, où sont Icâd. députez, leur fiûre eateadre nostre volunté snscfite : intervenir en nostre nom au traiete 4e lad. trefVe, consentir et promestre pour nostre égard VentretenemerU des articles dlcelle, et laquelle nous promestons ratifier toutes et qnantes fois que besoing sera, et requis en serons : sinon et où lesiKctz dépntei de Chaaions feroient difficulté de comprendre nos pals en M. trefve, leur dédairer que n'entendons entretenir aulcnns des articies qu'ils arresteront en lad. trefve. - De ce foire vous avons donné et donnons pouvoir, commission et mandement spécial, et promettons en foy et parolle de prince de faire effectuer et entretenir ce qui par tons sera négocié, eonvenu et arresté à Tel^t qne dessus. En lesmoing de qnoy nons avons signé cestes de nostre propre nuln, et à ieette foici mestre et apposer en placart nostre scel secret. - Donné à ReùBs. le denxicsme jour de may mil cinq cent qnatre vingt treize.

AtiK9t signé : CHARLES, et plus bas : par Monseigneur le duc, M. RoLVET, et scellé en placard de cire rouge.

Collation de la présente copie a »té fiùcte par nous, notaire royaulx M bniUage d'Espamay. demeurant à Avenay, le troisiesaie jonr de may Tan mil cinq cent qnatre vingt trelie. en son erigînal escrlpt en papier sain et entier d^escriplure et signature. Ainsi signé : Caillet et Caxusbt.

Collation a esté fiiide sur bd. copie, signée et coMatiannre comme dessus par moy greffier du conseil de ceste ville de Chaaions. le quatriesme may mil cinq cent qnatre vingt treiw.

De PCiTEYILLE

{Bibl. «A^. Fr. ni9. 115.

ChaalonS; 10 may 1593.

GEtTLX DE LA NOBLESSE DE GHALONS A M. DE NEVERS. Pour la Trêve d'Avenay, où ils n*<mt été compris.

Moaseigneur;

Ceolx du conseil de eeste ville, avec vostre permission, se sent assemblez et députté aulcun d'eux pour traiter avec ceulx de Reims de la trefve, sans y appeler ceux de la noblesse pour en depputer quelqu'un de leur part. SeuUement et sur l'instance qui en a esté faîcte dèslors, se sont contentez de faire d'eux mesmes nomination du sieur de Champoulin, auquel ilz ont donné pouvoir. Et de faict s'est acheminé avec ceulx de lad. ville à Avenay, sans néantmoins avoir communiqué et pris mémoire de lad. noblesse qui est en ce lieu présentement : laquelle en ayant esté advertie et prévenue que led. s** de Gbampoulin procureroit pour lad. noblesse, le mesme rang qui leura esté donné par le roy et vous au traicté de la Brye, et sur ce subject en ont escript pour toute lad. noblesse de la province audit s' de Champoulin. Â quoy il a respondu avoir receu lettre sur cette difficulté de Mons' de Thomassin en la ville, qu'il ne s'arresta poinct au faict de lad. noblesse, afin que leur trefve ne fust différée. Ce qu'il a suivi et a laissé ce qui touchoit ladicte noblesse comme verrez. Pourquoy tous l'ont trouvé estrange et leur semble que ce soit ung artifice de la Ligue pour séparer les ungs d'avec les aultres. A ceste occasion, nous vous supplions très humblement, monseigneur, vouUoir trouver bon la créance que le s' de Chambenoist a de nous, et y apporter 1e remède que tous espérons et désirons de vous. Vous recongnoissaos après le Roy celuy seul duquel nous voulons despaodre et servirons avec la me&me volonté et affection, Monseigneur,

Que prions Dieu vous donner en santé très longue vie. De Ghaa- Ions, ce X' may 1593.

Voz très humbles et très obéissans serviteurs.

dTNFFUN-THiBaRY, de l'hôpital de Caster, Jean du Goussotte,

Jean de Gondé, Taillanbois, Guissotte bierge), Go«

DET, Saint-Quentin, Gaughon, de Neuflizes, de Myremont, db Parier, de Brancourt, Claude Thdrbt, Mi^el Vibn, Gadchon, de Paris), de Faremont, de Labaryb, Chaltraye et d'autres noms illisibles.

Au dos : Monseigneur, Monseigneur le duc de Niveraois, gouvcraear et lieutenant général pour le Roy en ses païs de Champagne et Brye.

(Fr. 4719. F* 139.)

Î72 ■ ABBAYE d'avENAY

Ghaions, 12 may 1593. '

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