‹ Histoire de l'Abbaye d'Avenay (volume 2)Chapitre 58 sur 100 · OUVERTURE DE LA CHASSE DE SAINT REM Y · texte numérisé non relu

OUVERTURE DE LA CHASSE DE SAINT REM Y

1646. — Bien que celte pieuse cérémonie appartienne plus à l'église de Reims qu'à celle de notre monastère, nous ne croyons pas sans intérêt de publier ici la pièce suÂvante que les historiens de la métropole rémoise n^ont pas connue. Elle nous est fournie par le vol. 579 du S. Gerra. lat. de la Diblioth. nationale.

f646, 20 novembre. Pax Christi.

Mon Révérend Père,

Comme je scay. qu'estes curieux de rechercher l'antiquité de l'ordre dont vous taschez par vostre pleume de faire revivre l'ancienne gloire, j'ay esté bien ayse de vous faire scavoir ce qui s'est passé à l'ouverture de la chasse de nostre grand saint Kemy. 4]ui fut fïiict'^ le jour des SS. moines, entre 6 et 7 heures du soir par Mons** nostre Archevesque, en présence de Mons*" l'Evesque du Puy, MM. nostre Gouverneur et Gouvernante, le Lieutenant de ville, procureur du Roy, nos religieux et quelques autres personnes. Le corps s'est trouvé tout de son long et entier, à la réserve de la teste qui, par un choc qui fut fait à la chasse (je croy lorsqu'elle fut exposée à la mort du Roy, qui fut si grand qu'un bout du soubassement de ladite chasse fut rompu), s'est trouvée destachée du reste des membres et un peu hors de son lieu, et les trois premières vertèbres du col un peu disloqué. Tout le reste des membres est ferme et bien joinct ensemble. Les bras estendus le long du corps estoit entouré et enveloppé de quatre grands suaires, dont le premier, extérieur, est de satin rouge, le second, plus intérieur, d'une toile, fine, ouvrée et cirée ou gommée, puis lissée si proprement qu'elle gemhle plustost -soye que toile. Le troisiesme est une toille de coton aiissy fort desliée : celuy-cy est double. Tous ces trois sont fort entiers et sains comme s'ils estoient mis depuis deux ou trois ans, excepté les deux de toille blanche qui sont tachez quelques endroicts par l'humidité du corps environ au droict du ventre, ou peut-être par la corruption du quatriesme qui est beaucoup plus gasté; ces troys ont environ deux aulnes et démy de long et deux de large, et ont esté mis, comme je «roy.xpar Hincmar. Le 4* est d'une espèce de tafetas rouge, fort salent

presque noir de vieillesse et corruption. Il se pourroit en frottant réduire en poudre pour la pluspart. C'est à mon advis le brandemy rubrun dont Hincmar dit l'avoir trouvé enveloppé. Il couvre encore tout le corps, à la réserve de la teste, au droit de laquelle il estoit toat consumé, excepté quelque morceau qui estpit comme adhérent sur le visage et les yeux. Au droit et sur ce saint chef, il y avoit encore deux petits suaires, tous deux de la grandeur d'un voile decollose (?) on environ qui paroissoient lorsque les trois grands précédents furent levés : le premier et plus extérieur est de satin violet d'un costé et vert de l'autre quoyqu'il ne soit point doublé, il est bordé tout au long d'on tissu d'or et de soye de la largeur d'un demi poulce de roy, fait ao petit mestier où sont escrits ces mots en lettres majuscules romaines et fort lisibles : Sangte Remigi pontifex dni ptiose, cum pietatb

MEI MEMENTO HiNCMARI NOMINE NON MERITO EPISCOPI INDIQNI

QUOQ. SED DEYOTi SERVI TUi. — Au-dcssoubs delà teste et de. tons lesdits suaires s'est trouvé un petit coussin de satin rouge presque en carré, d'environ un pied, bordé tout autour d'un costé et d'autre d'an pareil tissu que le précédent et escript de mesmes lettres où est attaché tout à l'entour une frange de soye rouge d'un poulce et plus de largeur. Voicy la teneur de l'escripture.

Hoc opus exiguum psul clarissimus Hincmar

Alphedi jussit condere, sicq. dare

Vile quidem jussit, sedet bac mux laeta peregit

Protulit et factum quod modo cervis opus

Remigii meritis Alpbedis ubiq. juvetur

Ipsiusq. Jore banc super 'astra ferant

Quas sub honore novo pulvillum condidit illum

Quo sustentetur dulce sacrum q. caput.

J'ay oublié cy-dessus à descrire le second des petits suaires. Il est vray que je n'en congnois point l'estofe estant fort vieil, c'est comme un fin tafetas. Je ne saurois assurément dire la couleur, il semble comme feuille morte, a une croix au milieu d'environ 8 on 10 ponlces, et aux quattre coings il y a quelque broderye : celuy-cy estoit comme un peu collé à la teste.

Voyla ce que je vous puis dire de cette cérémonie. Si la chasse nouvelle eut esté achevée on eut fait la translation; mais je ne crois pas que ce puisse estre de quatre moys, principallement si on obtient de la Royne de l'argent pour la faire dorer, ainsy que l'a promis et s'est fait fort Mons** i'Evesque du Puy, qui est parti ce matin pour Paris. Nous n'avons trouvé aucun papier ou mémoire dans la chasse. Je vous aurois souhaité icy, vous eussiez peut-être remarqué toutes choses mieux que moy pour en faire part à la postérité. Ce^ que je vous mande néantmoins, c'est pour avoir veu et manyé plusieurs fois, et

APPENDICE ait

assez exactement considéré; car c'est moyqui ay fait Tou vertu re de la chasse. Vous ferez part s'il vous plaist de cecy à ceux de nos confrères qui ne l'ont encore scéu. Pour nos RR. PP. supérieurs, je scay bien qu'on leur a escript, c'est pourquoy je ne leur en escripts point. Faites moy aussy^ s'il vous plaist, participant de vos saintes prières et me tenez,

Mon révérend Père,

Vostre très*humble et très-obéissant confrère et serviteur,

Fr. A. Allard, bénéd. indig. ^

De Reims, ce 20 novembre 1646.

Au dos : Au révérend père Don Anselme le Michel, religieux bénédictin en l'abbaye de Saint-Germain-des-Prez, à Paris.

C'est à projpos de cette exhibition du vénérable corps du saint archevêque que Maucroix, à cette époque non point encore chanoine, mais simple avocat, adressait à Tun de ses amis ces rimes indiscrètes qui firent scandale.

On voit à nu dans cette ville Le corps entier de saint Rémi, Qui de Dieu fut si bon ami etc.

(Maucroix, sa vie et ses ouvrages, p. XLIX.)

i645, 6 novembre. — Transaction avec le curé de Somme-Suippe ao sujet des dixmes.

i645. — Sentence du bailly d'Avenay contre Siméon Delacoste, atteint et convaincu du crime de l'homicide commis en la personne de Jean Bemier, forestier des bois de Madame, et pour ce condamné d'être pendu et étranglé par l'exécuteur de la haute justice, en une potence dressée en la place publique du marché : avec confiscation de trois cents livres à prendre sur tous ses biens, au profit de la Dame justicière.

AvENAY. — i646. — Le douzième jour du mois de juin 1646, le grand autel de l'église paroissiale a esté beny et consacré par M. l'Evesque de Bellay, à la requeste et supplication de M*"* Claude Godemé, prestre curé de ladite paroisse, en présence de plusieurs honorables ecclésiastiques ses associez et multitude de ses paroissiens, il a mis et posé des ossemens et reliques des bienheureux saint Trézain, patron d'icelle paroisse, de saint Gumbert, de sainte Berthe et de sainte Justine, martyre, avec aussi son attestation, escripte par ledit sieur curé en latin, et par luy signée, et plusieurs autres.

ât8 AfeftAYE D*AVENAY

-L*évêque de Belley élait alors M" Jean de Passelaigue. Nous n'avons point trouvé Torigine de ses relations avec l'église d'Avenay.

26 août iôttl. — Obligation par Simon Desmarets, ancien reeevenr de l'abbaye, envers Madame Marie Cauchon de Treslon, abbesse, de payer diverses sommes pour elle et en Tacquit du monastère : cette pièce est signée Marie Cauchon de Treslon, abbe^se d'Avenay, s*" Marie Roland, prieure ; S"" Françoise de Courgent, dépositaire ; S*" Anne de Raymond. — Desmarest, Oosmé et Caillet, notaire.

Seigneurie de Montbadel. — i64S. — Quittance de quint et requint de la somme de sept cent cinquante livres payées par Madame l'abbesse au sieur Palerme de Bussy, en date du 15 juin.

1650. — Liasse oe papiers de 40 pièces relatives à la vente de partie des bois d'Ablois, durant plusieurs années.

Terroir d'Athis. — Sentence du juge d'Athis gur le banc apfMtrienant aux Dames d'Avenay, qui règle la séparation des terres, en date du 9* d'aoust 1651, avec un appointement rendu par le même en la justice d'Athis en date du 9 août 1655, signé Gautier, lieutenant en ladite justice.

AvENAY. — 1662. — Sentence du bailly d'Avenay contre Denis Gilbert et Jacques François pour crime d'homicide par eux commis en la personne de Nicolas Contât, et pour ce condamnés d'être pendus et étranglés, avec confiscation de deux cents livres, au profit de la Dame justicière.

166^1, 22 octobre. — Quittance des finances de la Reyne, mère du Roy, de la somme de cinquante livres au profit de M** Phillippe Caillet, à quoi a été taxé l'ofice de notaire royal au bailliage d*£pernay, résidence d'Avenay.

1665. — Un arpentage des bois mis en séquestre pris en la Grande et Petite-Brousse, Vausserain, Taillis-Rolland, Franc- Alleu, L'Uostel- Dieu, Le Chesne et Montflambert. Ledit arpentage fait un nombre de cent quatre-vingts arpens pour la réserve, par le commissaire député par Sa Majesté pour cette affaire, en cette année 1665.

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