‹ Histoire de l'Abbaye d'Avenay (volume 2)Chapitre 81 sur 100 · ABBAYE D AVENAY LOUISON. GATO · texte numérisé non relu

ABBAYE D AVENAY LOUISON. GATO

Maintes dévotes discrettes

Y goûtent mille douceurs, De mille grâces secrettes Le Ciel y remplit les cœurs.

Et allons, ma tourlourette, etc.

CATO

Plus d'un hébété stupide (1)

Y fut chercher de l'esprit ; Mais la tête revint vuide,

Et Dieu scait comme on en rit.

Et allons, ma tourlourette, etc.

LOUISON

On a tort, quoiqu'on publie, C'est un petit accident, Peut-être on craint la folie (2), Il est bon d'être prudent.

Et allons, ma tourlourette, etc.

GATO

A cette scène agréable Manque un voisin forcené ; Si ce saint chasse le diable, Il faut qu'il y soit mené.

Et allons, ma tourlourette, etc.

LOUISON

Pourquoi non? son corps distille Une odeur de sainteté ; Contre tous maux sûr azile, Il rend à tous la santé.

Et allons, ma tourlourette, etc.

Pourquoi donc tant d'ineurables S'en retournant plus mal sains, Donnent Rousse à tous les diables Et jurent contre les saints.

Et allons, ma tourlourette, etc.

LOUISON

On doit bien plutôt en croire La dévote d'Epernay (3) .

Quel prodige! quelle gloire!

Pour le grand saint d'Avenay !

Et allons,^ ma tourlourette, etc.

GATO

Comme on guérit de la folie, Au defiaut du saint, dit-on, Un marguillier l'a guérie (4) Avec le tour du bâton.

Et allons, ma tourlourette, etc.

LOUISON

Mais on la donne en spectacle Et nos dévotes gens de bien, Comme il faut chantent miracle :

Voudraient-ils mentir pour rien?

Et allons, ma tourlourette, etc.

GATO

Croyez à la fourberie, Par tels faits miraculeux Autrefois l'idolâtrie Accréditoit ses faux dieux.

Et allons, ma tourlourette, etc.

(1) La fille de M***, conseiller au présidial de Reims. • (2J On a déjà dit que sainte Berthe guérit les fols.

(3) M""*' Stapart guérie pour la troisième fois du même mal d'une manière fort naturelle.

(4) Lorsçiu'eile étoit sur le tombeau du sieur Rousse, un marguillier en colère vint chasser les pèlerins à grands coups de canne, et lui lit retrouver ses forces pour fuir comme les autres.

LOUIâON.

Od va voir comme reliques

La dévote à vision (1) ;

En tous tems dévots mystiques

An sexe ont dévotion.

Et allons, ma tourlourette, etc.

CATO

L'Egypte par des prestiges Combla son aveuglement, Dieu permet ces faux prodiges Pour votre endurcissement.

Et allons, ma tourlourette, etc.

LOUISON

Montpellier en fait trophée (2), Quoiqu'on en dise en ces lieux, Avec un tel coryphée On s'en va tout droit aux cieux. Et allons, ma tourlourette, etc.

CATO

- Au ciel il faudra se battre, S'il est jamais bienheureux ; Il feroit le diable à quatre.

Foin d'un tel saint furieux.

Et allons, ma tourlourette, etc.

LOUISON

Mon curé, de la censure, Nous relève à bon marché.

Et plus d'un docteur assure Qu'on perd la foi sans péché.

Et allons, ma toulourette, etc.

CATO

Un docteur vaut bien saint Pierre

Oh ! la grande autorité !

Il faut que Dieu iul=mëm'e erre

S'il plaît à la Faculté.

Et allons, ma tourlourette, etc.

LOUISON

Malgré tous vos anathëmes, Chacun court au saint nouveau, Nos directeurs vont eux-mêmes (3) Charger de fleurs son tombeau.

Et allons, ma tourlourette, etc.

CATO

Si j'en crois maintes voisines, On y va pour autre fin, Et souvent les pèlerines Manquent de grâce en chemin.

Et allons, ma tourlourette, elb.

LOUISON

Taisez-vous, impertinente, Je me lasse de vos jeux :

Voyez un peu Tarrogante, Je t'arracherai les yeux.

Etalions^ ma tourlourette, ets.

CATO

Adieu, dévote mégère,

La folie et la fureur,

Voilà le vrai caractère,

Et voilà l'esprit d'erreur.

Et allons, ma tourlourette, etc.

(1) Son confesseur, chanoine régulier et vicaire d'Epernay, atteste qu'elle a vu en songe le sieur Rousse.

(2) Dans son mandement furieux et fanatiaue du 25 janvier 1728.

(3) Entre autres le curé de Mareuil-sur-Marne et celui de Saint- Jacques de Reims.

Dernière note. — On promet à ceux qui iront par la suite à Saint- Rousse une nouvelle chanson avec les noms et portraits des pèlerins. Le tout conforme à l'imprimé anonime.

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