MADAME DE SILLERY
baie Saiat-Pierre d^Avenay, ordre dô Saint-Bènoist, narratifve que sur la résignation à elle ci«deyant faicte de ladicte abbaie par révérende dame sœur Marie Cauchon de Treslon,
elle auroit sur le brevet de Sa Majesté du
obtenu bulles de Sa Saincteté de ladicte abbaie données à Rome Tan de Tlncarnation Nostre-Seigneur mil six cens quarante- sept le six^^ des calendes de maj, Tan troisième du pontificat de nostre Saint Père le pape Innocent dix, pour d^icelle abbaie jouir après le deceds de ladicte dame Marie Cauchon et lui servir de coadjutrice durant sa vie ; lesquelles auroient esté par nous fulminées du consentement du promoteur de la cour spirituelle et métropolitaine de Reims et mise en possession de ladite coadjutorrie et future sncession à ladicte abbaie, dès le trentième juing audit an mil six cens quarante-sept; et d'autant que ladicte dame Marie Cauchon de Treslon est deceddée, elle desireroit, daboudant, estre mise en possession corporelle réelle et actuelle df) ladite abbaye et installée dans la place d'abbesse, qui lui appartient ; et requiert nous vouloir transporter en la susdite abbaye de Salnt-Piei*re, pour en vertu desdites bulles mectre dabondant ladicte sœur Marie Bruslard de Sillery en possession réelle corporelle et actuelle de la susdite abbaye d*Avenay, de tous ses droicts, appartenances et deppendances générallement quelconques, et Tinstaller dans les places de Tabbesse, tant au chœur que chappitre et autres qui lui appartiennent en sadite qualité d'abbesse : — faisant droict sur laquelle requeste, nous aurions ordonné que nous transporterions en ladicte abbaye Saint-Pierre d'Avenay pour satisfaire et exécutter les bulles de Sa Saincteté.
Et le lendemain huict™* desd. mois et an. Nous Jacques Thuret, prebtre, escolastre, chanoine et officiai susd., juge délégué de Nostre Sainct Père le pape en cette partie» sommes transporté, accompagné de Me Thieri Pichart, greffier de Tofficialité de Reims, en ladite abbaie, ou estant serions monté au parloir de la dame abbesse d'Avenaj et ayant trouvé le corps mort de ladite dame sœur Marie Cauchon de Treslon dans la salle, aurions dict le De profundis : et ensuitte, après l'inhumation dudit corps serions entré audit cloistre de ladite abbaie et faict sonner la cloche ordiiuire du chapitre pour assembler les religieuses dudit
436 ABBAYE d'aVENAY
couvent, auquel chapitre nous estant transporta, assista comme dessus et de M^ Jean Pinguenet, prebtre chanoine de l'ëglise Nostre-Dame de Reims, notaire apostolique, M* Louis Maucroiz, aussi chanoine en ladite ëglise Nostre- Dame de Reims, M© Pierre Briottin, Guill. Parent, Ponce Yarletet Nicolas Charlet, tous prebtres chanoines de Tëglise Saint-Pierre d'Âvenai et plusieurs autres :
Seroient comparus ladicte dame sœur Marie Brulard de Sillery, sœur Françoise de Baudier, grande prieure, Marie de Clermont, prieure des cloistres, Jeanne de Brugny, sousprieure, Agnès de Dompmartin, NicoUe Caillet, Elizabeth de la Haye, Elizabeth de Bérulle, Marie Cotlignon, Marguerite Hanotel, Marie Cocquebert, Gabrielle de Villiers, Jehanne d'Aoust, MagdelainedePriandj, Marie Lecompère, Charlotte Cathelan, Gabrielle Cotignon de Chauvry, Jeanne Camart, Perrette Aubelin, Françoise de Sillery, Françoise Camuset, Claude Jacquelet, Margueritte de Cauchon de Lhëry, Louise de Lhospital, Marie de Vassan, Charlotte de Cauchon de Courtagnon, Catherine de Juvigny, Margueritte- Françoise de BoufHers, Anne de Yassan de Crespi, Agnès de Cauchon de Presle, Anne Lailemand, Magdelaine de Basele, Marie-Charlotte d'Estampes et Catherine de Boufflera de Lagny, touttes relligieuses professes de ladicte abbaye et autres novisses et converses.
Laquelle sœur Marie Bruslard de Sillery nous auroit rëitëré le contenu en sad. requeste, exhibé et présenté les bulles de Sa Sainteté portant provision de ladite abbaie Saint-Pierre d'Avenay, ordre de Saint-Benoist à elle octroiëes sur les lettres et brevet de Sa Majesté, données & Rome Tan de l'Incarnation Nostre Seigneur, mil six cens quarante-sept, le 6 des kalendes de may, l'an troisiesme du pontificat de nostre Saint-Pôre le pape Innocent X, signez sur le reply : Olabat et scellez en plomb sur corde, à nous adressantes sous la clause dileciis filiis Remens, et Pari" siensis ac Cathalonens , officialihus, comme aussi Tacte de fuimination par nous falot dlcelle portant enthérinement du contenu esd. bulles, datte du vingt-huict"»* juing 1647 : ensemble Tacte de prise de possession de ladite abbaie en qualité de coadjutrice avec la future succession de ladite abbaie, et requis la vouloir mectre en possession d'icelle
MADA&tË DE ÔILLERV iSl
abbaie. Sur laquelle req** faisant droîct et lecture desd. lettres ayant esté ci-devant faicte ausd. religieuses, lors de la prise de possession de lad. coadjutorrie; Et après les avoir interpelle si il y avoit quelq*une d'entre elles qui eust quelque choses à dire pour empescher ladicte prise de possession^ le déclarer présentement... Et personne n'ayant reclamé au contraire, Avons en vertu desd. bulles, mis dabondant, ladicte dame sœur Marie Bruslard de Silleri en possession corporelle, réelle et actuelle de ladicte abbaie, ensemble de tous les droicts, honneurs, dignités, prérogatives, terres, seigneurie, possession, fruicts, profficts, revenus et esmoluments généralement quelconques d'icelle, suivant et ainsi qu'il est contenu èsdites bulles; et ce par l'entrée en Teglise de ladite abbaie par Tun des grands portaux du chœur ; et après avoir faict ses prières, à genoux, devant le grand autel, la grande grille ouverte, et baisé Tautel gauche qui est dans le chœur et touché les saintes relicques qui estoient sur ledict autel : Ce faict auroit icelle esté conduitte par Nous, en la chaire abbatiale, en laquelle la dame abbesse a accoustumé de s'asseoir durant le service divin ; où estant installé, auroit esté à Tinstant commancé le cantique Te Deum et chanté parles relligieuses de ladite abbaie estantes touttes dans le chœur. Après lequel canticque la collecte auroit esté chantée par ladite dame sœur Marie Bruslard de Sillery : laquelle finie, aurions de rechef conduict ladicte dame au chappitre de ladite abbaie, accompagnée de toutes lesdites religieuses, ou estant, Nous Taurions, en présence desdits greffier, notaire apostolique et tesmoins ci-devant nommés, mise et installée en ladite chaire abbatialle dudict chappitre, du consentement de toutes lesdites dames, auxquelles conformément ausdites bulles, aurions ordonné de porter le respect et Thonneur deub à ladite dame abbesse : touttes lesquelles dames religieuses seroient à Tinstant venues faire prostration et protestation d'obéissance et submissions à ladite dame, les unes après les autres, selon l'ordre de réception ; lesquelz respects et honneurs nous aurions aussi ordonné aux officiers, vassaux et subjects de ladicte abbaie et à iceulx publié, notiffié et faict deuement ascavoir la susdicte prise de possession, ad ce que nul n'en prétende cause dignorance : à laquelle prise de possession nul nV
4â8 AfiBAYB D^AVENAV
auroit contredict et ne seroit intervenu aucune opposition. Tout ce que dessus a este faict et passé en la susdite abbaie de Saint-Pierre d'Avenaj en présence desdictes religieuses assemblées et congregëes comme dessus, desdits greffier, notaire appostolique et tesmoins ci-dessus nommés et plusieurs autres estants dans le chœur de Téglise de ladite abbaie. — Dont et de tout ce que dessus ladicte dame sœur Marie Bruslard de Sillery nous a requis le présent acte que ! lui avons accordé sous cette forme, les jour et an que dessus.
\ Signé : Maucroix, — J. Pinguenet, — S' Marie Brulart de
Sillerj abbesse d'Avenay, — Brio tin, — Parent, ♦ — Ponce Varlet, — F. Simon d'Estampes capucin.
— F. Joseph-Marie, de Reims, pauvre et indigne capucin, — N. Charlet, — C. Nolin, — S' Françoise de Baudier prieure, — S' Marie de Clairmont, — S' Agnès de Dompmartin. — Sr de Saint- Biaise, — S' N. Caillet, — S' de la Haye, — S' E. de BéruUe, — S' M. Cotignon lesnée, — S' Marie Cocquebert, — S' J. Daoust, — Sr Margueritte Hanetel, — S' Gabrielle de Villers, — S' G. Colignon de Chauyry, — S' M. de Priandy, — S' C. de Cathelan, — Sr Jeanne Camart, — S' M. Le Comper, — S' F. Brulart de Sillery, — S' Perette Aubelin, — S' Françoise Camuset, — S' Cl. Jacquelot, — S' M. S. de Cauchon-Lhéry, — S' L. Delospital, — S' L. C. Cauchon de Courtagnon,
— S' Catherine de Juvigny, — S' Marie de Yassan,
— S' M. F. de Boufflers, — S* Anne de Yassan, S' A. Cauchon, — S^ Anne Lallement, — S' M. de Bascle, — S' Catherine de Boufflers, — S' M. X. Destampes de Maulny, — et Thuret.
Après la prise de possession, vint la cérémonie du sacre ou de la bénédiction qui, à défaut du prélat métropolitain, empêché, ne pouvait être donnée que par un évêque suffragant. Nous n'avons pas pour cette autre solennité les mêmes détails que ceux qu'on vient de lire : Nous savons seulement
llADAltB DE SiUSHY 439
que ce fut le pieux évéque de Châlons^ Félix Vialart de Hesse^ qui tint la place du cardinal Barberin, archevêque, en ce moment en cour. Voici la mention succincte que nous retrouvons dans les registres de l'état civil de la mairie d'Avenay,
« Le quatriesme de ce mois de juillet 1666, a esté bénite abbesse. Madame Marie-Eleonor Bruslart de Sillery, auparavant coadjutrice de Madame de Treslon, par Monseigneur Félix de Vialart, évéque de Châlons^ comte et pair de France. »
Le premier acte que nous trouvions sous son nom, est une acquisition qu'elle fait pour le couvent au terroir de Suippes de places à eauXy dit le titre, en forme de prés^ lieudit Bauldet, où flue la rivière. Cette vente est faite par-devant notaire, par le sieur Jaulnet-Marchand) maréchal forgeant, moyennant prix de quarante livres, qui étaient dues à ladite dame par le vendeur. Cette acquisition, qui semble étro l'une des dernières faites à Suippes par les Dames d'Âvenav, est du 9 novembre
Madame de Sillery n'avait pas été si longtemps coadjutrice sans se mettre au courant de toutes les affaires de l'abbaye qu'elle avait étudiées dans les titres originaux des archives de la maison. Son goût pour l'histoire l'avait merveilleusement disposée à ce genre de travail. Mais le triste état dans lequel précisément se trouvaient ces archives, à la suite des désastres qui avaient frappé l'abbaye, devait éveiller sa sollicitude ; aussi la vit-on entreprendre la rude tâche de réorganisation du cartulaire abbatial.
UO AÊfeAVB D^AVBîJàV
Nous avons le résultat de ce beau travail dans le Recueil intitulé :
Inventaire des TiltreSy Lettres et Papiers qui se treuvent es Chartres de Vabhaye de Saint-Pierre d'Avenay, de l'ordre de Saint'Benoist , au diocèse de Reims, Lesdites Lettres distinguées par les chiffres des jours et ans quelles ont esté f aides et passées. Le tout faict selon l'ordre de Madame Marie-Eléonore Bruslart de Sillery, abbesse de ladite ab^ baye, en Vannée mil six cent soixante^sept.
C'est Tabondante source à laquelle nous avons puisé pour écrire le présent mémoire, bien que nous n'y ayons pas trouvé les renseignements historiques que nous recherchions surtout ; car il faut le dire^ cet inventaire n'est que l'indication des titres utiles au domaine^ titres qui constatent les acquêts et donations, qui établissent les droits, privilèges et redevances de la maison : en un mot tout ce qui concerne les possessions et la juridiction du monastère. Quant aux faits historiques proprement dits, aux choses de la vie courante soumise à tant de contraste, même dans une communauté de filles, aux mille petits incidents qui accentuent une époque, et permettent à Thistorien de mouvementer sa narration, il ne faut pas compter les trouver dans V Inventaire de 1667 . Pour y suppléer, il ne reste que la tradition ; mais la tradition est toujours fugitive et peu sûre, et il n'y a pas grand compte à faire sur elle pour combler les lacunes que laissent sur tant de points les cartulaires et leur sèche analyse.
Cette réserve faite, VInventaire de Madame de Sillery est le résumé à peu près complet de l'histoire domaniale de l'abbaye du xii® au xviii* siècle, et bien des historiographes de couvent ont manqué
Madame de sillery 441
d*un instrument de ce genre pour les aider dans leur travail. Nous donnerons à V Appendice^ si l'espace nous le permet, non pas la copie de cet inventaire, ce qui serait excéder nos forces et les limites qui nous sont prescrites, mais sa table des matières, qui suffira pour faire apprécier l'étendue et l'importance de ce travail.
Nous ne voyons pas de raisons de passer sous silence un trait de la vie de Madame de Sillery qui se rapporte aux premières années de son abba* tiat. Le P. Floriot, énumérant les vertus de notre digne abbesse, insiste sur la frugalité de sa table, sur la simplicité de sa chambre dénuée de tout ornement. Tout ce qui était destiné à son usage était plus l'équipage d'une pauvre que d'une riche abbesse ; en un mot elle avait tout, et n'usait que du nécessaire. Son extrême charité ne s'exerçait point seulement dans son monastère, elle se répandait au dehors et les pauvres en ressentaient fréquemment les effets. Tout le bourg d'Avenay a pu l'expérimenter. Quelle grâce n'a-t-elle point faite à ses fermiers ! Quelle fortune chancelante n'a-t-elle point soutenue? Combien de misérables n'a-t-elle point soulagés ? Un jour une pauvre femme, accablée de misère, que la faim réduisait aux abois, que la nudité rendait odieuse, se présente aux yeux de notre abbesse et implore sa miséricorde. Touchée de compassion. Madame de Sillçry, qui n'avait pas d'argent, et qui du reste ne possédait rien en propre, s'inspirant des mouvements de son cœur, se dépouille à l'instant de sa jupe et en revêt la malheureuse. « Saint Martin se contentait de partager son manteau », ajoute le panégyriste.
44S AfiSAYE D AYENAY
Un travail non moins important que VInventaire de 1667 est VElat général ou déclaration des terres, seigneuries^ cens^ rentes ^ héritages et revenue temporels de V abbaye, présenté à M. le cardinal archevêque de Reims, conformément à Tarrest du Parlement de Paris, du 3 avril 1627, et autre arrest du Conseil royal, du 17 décembre suivant, par Madame de Sillery et ses religieuses : travail remarquable qui expose et résume les dettes actives et passives de l'abbaye, et que la Déclaration postérieure, rédigée à l'époque de la Révolution, n'a guère fait que reproduire. Nous en extrairons seulement le préambule, renvoyant à V Appendice le texte même de ce précieux document.
« Premièrement, disent les Dames religieuses, Prieure, Abbèsse et Couvent de ladite abbaye. Quelle est de fondation royale, ayant été fondée dès Tannée sept cent vingt cinq par saincte Berthe, femme de sainct Gombert, nepveu du Roy Childéricq, troisième beau-frère de Childéricq second, et fils du prince Raguifrede, maire du palais, qui a baillé de grands biens, faict bastir une petite chapelle, encore aujourd'huy la chapelle Saincte- Berthe, où elle faisoit ses exercices de dévotion avecq quelques Dames qui s'y estoient retirées : Et depuis ladite abbaj'e a esté augmentée de plusieurs dons et bienfaits par l'impératrice Herminstrude, laquelle a faict bastir la grande église qui sert de chœur auxdites Dames religieuses, Prieure, Abbessè et Couvent ; à cause de laquelle fondation et des donations qui ont esté faictes depuis ledit temps, mesme de quelques augmentations du temporel sei^t
MADAME DE SitLËRY H^
par acquest ou autrôment, leur appartiônnent les héritages ci-après déclarés. »
Suit rénumération des biens et revenuâ de l'ab*» baye, puis la liste complète des dames, religieuses et novices que nous retrouverons à V Appendice.
M<ais à propos de la nomenclature présentant à cette époque le personnel de l'abbaye, nous donnerons ici un extrait du Cérémonial des Religieuses au temps de Madame de Sillery, contenant sur les fonctions et offices des sœurs suivant leur titre et leur rang des détails que nous n'avons pas encore eu l'occasion de donner^ et que le lecteur voudra bien agréer.
Les Dames religieuses étaient ainsi classées : les Suppliantes, les Novices, les Sœurs converses ^ les Professes du chœur et les Mères anciennes.
Les Suppliantes n'étaient point tabulées (inscrites) aux offices : leur rôle se bornait à regarder faire les autres. De temps à autre, pour apprécier leur aptitude, on les mettait à l'office de versiculière, c'està-dire de psalmodier les versets, les leçons, le martyrologe et quelquefois de faire la lecture au réfectoire.
Les Novices étaient de deux sortes : il y avait les novices destinées à rester converses et les novices réservées au chœur. Les novices converses étaient mises à l'apprentissage des œuvres serviles et pénibles comme il sera dit des converses proprement dites. Elles étaient une année sans prendre l'habit de probation, pendant laquelle elles étaient deux fois proposées au chapitre, la première le cinquième mois de leur exercice, et la seconde à la an du dixième, époque ou les mères et sœurs donnaient leur suffi^age aux termes de la règle bénédictine.
444 ABBVYE D*AVENAY
Elles étaient ensuite proposées au chapitre en leur année de probation, en même temps que les novices du chœur.
Les Novices du Chœur devaient faire les oflSces de ver^iculaires, céroféraires (porte-cierges) et d'acolytes ; lire les leçons et le martyrologe ; servir à la première réfection (au déjeuner), lire et servir à la seconde, allumer et éteindre les cierges et chandelles aux matines et autres heures de TofSce divin, sonner la messe^ le second coup de matines, les vêpres et compiles, et autres choses semblables.
Les Sœurs converses professes étaient destinées au service temporel et à toutes œuvres serviles, comme d'accommoder les jardins, cuire à la cuisine, faire la lessive et autres choses du même genre. Elles devaient sonner le premier coup de matines, les processions, la prédication, et aux grandes fêtes aider è sonner aux vêpres, compiles, et toutes les fois qu'étant à l'église il fallait sonner. Dans leurs fonctions rentrait encore le soin pénible de porter les religieuses défuntes à la sépulture.
Les jçunes Professes du Chœur qui étaient encore dans le noviciat continuaient à faire tout ce qui a été dit des novices du chœur tant aux offices qu'ailleurs : celles sorties du noviciat n'étaient entièrement libérées des charges précédentes qu'après seize ans accomplis après leur profession, et ne pouvaient exercer l'office de semainière et de chantre qu'après cinq ans accomplis après leur sortie du
noviciat.
Les Mères anciennes étaient celles qui avaient seize ans de profession; c'est à elles qu'étaient dévolus les ' principaux offices, comme parvenues. à